‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 287 sur 450 · TROISIEME PARTIE. LIVRE II. C11AP. II · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. LIVRE II. C11AP. II

que le malade a auprès de lui quelqu’un capable de le soigner. Les dispensaires ne peuvent traiter les maladies chroniques, du moins audelà d’un certain terme. Leur principale utilité consiste à assister les pauvres non encore indigens et à prévenir par là l’indigence trop souvent occasionnée. par les dépenses d’une maladie. Ils ont à se garantir de plusieurs abus que déjà 1 expérience a signalés, et spécialement des faveurs qui font admettre au traitement gratuit des personnes qui sont dans une situation aisée, et quelquefois même des individus très-peu dignes de ce bienfait.

ües secours aux convalescens.

La limite qui sépare la maladie, de la convalescence, est peu marquée; il est donc difficile de déterminer avec précision le moment où doivent cesser les secours qui s’appliquent à la première. La seconde, d’ailleurs, invoque aussi des soins qui lui sont propres.

La convalescence réelle a des besoins ; il lui faut du repos, des alimens choisis, un air pur, des précautions diverses, et quelquefois ces besoins se prolongent.

La convalescence a ses dangers , et les rechutes sont souvent plus graves que la maladie primitive.

Tandis que le passage de la maladie à la convalescence est une nuance lente et presque insensible, le changement qui s’opère pour l’indigent, entre le traitement et la période qui lui succède pour le régime de vie, est brusque, complet, surtout s’il a été traité à l’hôpital.

Le convalescent se crée facilement des dangers à lui-même, en abusant de ses forces renaissantes, et trop souvent aussi en cherchant à se dédommager des privations qu’il a subies.

La maladie quelquefois a épuisé les dernières ressources de la famille; le convalescent ne peut encore, pendant quelque temps, reprendre ses travaux, du moins avec la même activité. Deux

genres de secours lui seront donc particulièrement nécessaires : l’un, pour lui procurer le régime de vie qui doit compléter sa guérison ; 1 autre, pour suppléer à l’impuissance qu’il éprouve encore.

Parmi les institutions fondées pour assister les convalescens à domicile, on cite, à Londres la Société samaritaine , fondée en 1791, et celle qui, fondée en 1809, assiste les convalescens sortant de l’hôpital St-Georges. Mais aucune création de ce genre n’est comparable à celle dont le généreux Montyon a doté la capitale. Le icvenu de cette fondation, destiné à assister les comalescens sortant des hôpitaux, s’élève à 272,000 francs environ.

Ce secours, fondé par un seul particulier, étonné par sa grandeur ; mais , en raison de son importance même, sa bonne ou mauvaise distribution pourrait avoir de graves conséquences. Le mode de son application a dù être étudié avec soin ; les essais faits pendant les dix premières années, ont signalé quelques inconvéniens dans les distributions qui avaient eu lieu. Les secours étaient accordés trop facilement et devenaient quelquefois plus funestes qu’utiles. Oïi a eu lieu de craindre que cette assistance promise aux convalescens sortis des hôpitaux, n ait contribué à accroître le nombre des individus qui parviennent à se faire admettre dans les hôpitaux, sans nécessité réelle [i].

Eclairée par cette expérience, l’administration a modifié l’organisation de ce service. Les convalescens qui sont supposés pouvoir prétendre à un secours, sont visités soigneusement à domicile, par des agens choisis à cet effet et dirigés par les instructions convenables. Chacun d’eux devient l’objet d’un rapport circonstancié d’après un modèle donné, qui fait connaître sa situation, ses besoins, ses ressources; une commission composée d’administrateurs des hospices et de membres des bureaux de bienfaisance, reçoit chaque jour, examine ces rapports, statue sur la nature et l’étendue des secours.

Ce nouveau service, qui a commencé avec l’année 1858, a donné pour l’année entière les résultats suivans :

[î] On a remarqué, en effet, que pendant les dix premières années de la distribution du secours Montyon, de 1824 à 1834, les individus reçus dans les hôpitaux de Paris ont été au nombre de 361,784, tandis que pendant les dix années antérieures le nombre n’avait été que 219,548. On a remarqué aussi que la durée moyenne

du séjour dans les hôpitaux qui , de 1815 à 1824 , avait été de 35 jours et 5/10, n’a été dans la période de 1825 à 1834, que de vingt-cinq jours et 1/10. On en a tiré la conséquence que pendant la seconde période les maladies étaient moins graves ou moins réelles.

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