‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 289 sur 450 · LIVRE II. CIIAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE II. CIIAP. II

Dans tous les cas, lorsque une famille est assistée à raison du nombre des enfans, il est utile d’appliquer directement aux enfans euxmêmes, les secours qu’alors on destine à la famille. On voit malheureusement des parens détourner, même pour alimenter leurs désordres, les dons qui devaient profiter à leurs enfans.

L’assistance donnée aux enfans doit toujours être dirigée de manière à entretenir l’esprit de famille.

La lâche de la bienfaisance devient plus difficile, elle exige un nouvel ordre de soins, lorsque les parens sont vicieux. Alors, quoique ceux-ci n’aient plus de droits à être assistés, ceux-là, au contraire, sont plus à plaindre; il faut les protéger contre les influences domestiques, quelquefois même tâcher de les y soustraire.

Il est quatre situations dans lesquelles la femme doit être secourue, mais diversement aidée.

La première est celle d’une mère de famille, pendant ses couches, pendant son allaitement, si elle a une famille nombreuse, et que son mari soit pauvre.

La seconde et la troisième sont celles delà veuve et de la femme abandonnée de son mari, lorsqu’elles ont des enfans au-dessous de 12 ans. Déjà une veuve et une femme abandonnée ont grand’peine à vivre elles-mêmes, par le seul produit du travail de leurs mains. Les soins qu’elles doivent à un enfant en bas âge réduisent encore pour elles, les ressources du travail , en ajoutant à leurs dépenses. Elles ont besoin d’un appui pour l’orphelin , pour ellesmêmes.

La quatrième situation est celle d’une femme qui, sans être précisément abandonnée, a le malheur d’avoir un mari vicieux, égoïste, consommant dans le désordre les modiques ressources du ménage. La famille meurt de faim, pendant que son chef s’enivre. Que faire alors? La marche à suivre est embarrassante et délicate. Faites en sorte d’aider secrètement la famille, sans que son chef s’en aperçoive. Montrez-vous sévères pour lui personnellement, s’il venait réclamer des secours.

Amis du bien, est-ce tout? Quelques-uns de vous nous auront jugés trop rigoureux peutêtre , dans certains refus que la morale nous semblait prescrire; quelques autres vont peutêtre nous trouver trop indulgens, dans les concessions que nous allons faire. Le sujet est fort délicat par lui-même; mais l’intérêt du bien

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