DES SECOURS EN CAS D’ACCIDENT
commando de dire ce qui est vrai, de proposer ce qui est utile.
C’est un secours très-bien entendu, que celui qui a pour objet d’arracher au vice une personne pauvre, que celui qui tend à tirer une femme pauvre d’une situation fausse. A l’aide d’un secours momentané, vous ferez cesser un état de concubinage funeste aux parons comme aux enfans, et qui compromet leur avenir. A l’aide d’un secours momentané, vous préserverez une jeune tille que de fausses promesses auront trompée, de tomber dans le désordre. Mais quelle prudence, quel discernement, quelle réserve devront présider à une telle assistance ! Les circonstances auxquelles elles se rapportent ne sauraient figurer au rôle des pauvres; la direction ne saurait en être soumise à des formules arithmétiques, à des règles précises. Le patron du pauvre doit être investi d’un pouvoir discrétionnaire ; sa sagesse, son expérience, sont la seule garantie; son autorité morale, le premier moyen de succès.
Des secours, en cas d’accident.
Les accidens de tout genre qui menacent à chaque instant la vie et la santé des hommes, sont encore plus particulièrement à redouter pour le pauvre, parce qu’il est plus fréquemment exposé par ses occupations et les circonstances où il est placé, parce qu’il a moins de moyens de s’en défendre et d’y porter remède.
Animée de l’esprit d’une prévoyance tutélaire et d’une activité vigilante, l’administration publique doit, en ce qui dépend d’elle, prendre les soins convenables pour prévenir les divers genres d’accidens, par les réglemens de police, par des dispensations générales, par des élablissemens bien organisés. C’est ainsi qu’elle institue des bureaux de secours pour les noyés et les asphyxiés [1], des compagnies de pompiers et des pompes, pour les cas d’incendie, des bateaux de sauvetage pour secourir les naufragés. Mieux ces mesures sont prises , et moins il restera à faire pour les distributeurs des secours à domi-
[i] Le ministère de l’intérieur a publié, en France, une suite d’instructions sur les secours à administrer aux noyésetasphyxiés.nolammentcelles du G prairial anxi, germinal an xii, 14 novembre 1812, 51 octobre 1814, 14 janvier 1816,15 août 1817, 21 janvier 1824. Il a fait
cilc. Cependant, il y aura toujours, pour les ministres des secours à domicile, une tâche considérable à remplir dans cette multitude de cas fortuits qui atteignent et frappent le pauvre, et qui, en un instant, deviennent souvent pour lui la source d’un malheur durable.
Trois conditions principales doivent présider à ce genre d’assistance : les moyens doivent être préparés d’avance; ils doivent être à la portée de ceux qui en ont besoin ; ils doivent être administrés avec intelligence et promptitude.
Les moyens consistent dans des brancards, matelas, couvertures; des appareils de désinfection, des boîtes fumigatoires , des inslrumens de cautérisation, des lancettes, des ventouses, des objets de pansement pour les contusions, les brûlures et autres blessures; des cordiaux, de l’émétique, etc. Ces moyens seront réunis dans un dépôt commun , central et connu; il serait bon de tenir aussi en réserve quelques cabinets, avec des lits , pour y recevoir momentanément, au besoin, les personnes qui se trouveraient sans refuge.
La Société royale d’humanité ( Royal human Society ), fondée à Londres en 1774, sous la protection immédiate du roi , a , depuis sa création, prêté son aide à plus de 600,000 personnes, et a récompensé plus de 50,000 individus pour avoir risqué leur vie en sauvant celle d’autrui ; elle distribue aussi des Bibles à ceux qu’elle a préservés de la mort, des traités moraux et religieux, à ceux qui ont voulu se suicider. \j Infirmerie royale et société maternelle de l’ouest de Londres embrasse dans ses soins toutes les espèces d’accidens. Une société fut instituée dans cettecapilale , pendantl’hiver de 1819, pour donner un gîte pendant la nuit aux malheureux sans asile, et pour secourir les personnes délaissées; en moins de six heures, les arrangemens furent terminés, et 42,000 personnes, dans le cours de l’hiver, lui durent le bienfait de l’hospitalité, b' Institution nationale pour le salut des naufragés, érigée en 1824, sous la protection du roi , prépare des secours en cas de naufrage, assiste les veuves et les enfans des victimes , encourage et récompense ceux qui se dévouent pour les sauver [2].
confectionner et distribuer des boîtes, des appareils, établir des bureaux, des préposés. M. le docteur Marc a publié depuis peu un utile Manuel sur ce sujet.
[?] Plusieurs institutions ont été fondées en Europe sur le type de la Société royale de bienfaisance de Lon-
Parmi les associations de ce genre qui existent dans notre France , on aime à citer la Société humaine de Boulogne-sur-Mer, par les soins de laquelle 32 personnes ont été sauvées, et 11 rendues à la vie , de 1826 à 1837.
11 se forma, au xme siècle, à Florence, une société charitable qui , sous le titre de Confraternité de la miséricorde , rendit d’éminens services pendant les maladies contagieuses dont cette contrée tut affligée au xive et au xvc siècle, et pendant l’épidémie de 1767 ; elle se chargeait de porter les pestiférés aux hôpitaux , d’ensevelir les morts. Aujourd’hui elle continue à prêter son assistance dans tous les genres d’accidens; au signal d’une cloche, elle accourt. Les membres sont de service chaque semaine , à tour de rôle; elle comprend les personnes de tout rang, de toute condition; le simple ouvrier s’y unit au riche, au grand seigneur; le grand-duc Léopold voulut y être reçu , et en remplir les fonctions [i].