‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 294 sur 450 · APERÇUS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

APERÇUS HISTORIQUES

ARTICLE PREMIER

De l'hospitalité chez les peuples anciens.

Ou ne trouve, avant le ive siècle de notre ère, aucun exemple d’un 'etablissement précisément semblable aux hôpitaux dans lesquels sont traités nos malades, aux hospices dans lesquels sont recueillis nos vieillards et nos incurables. Or, ces établissemens, par leur nature, leur importance, n’eussent pu rester inconnus et se dérober aux récits des historiens. On est donc fondé à croire qu’il n’en a effectivement existé aucun de ce genre, chez les peuples de l’antiquité; ces peuples probablement n’en eurent pas même l’idée; ils n’en éprouvèrent pas le besoin.

Les mœurs patriarcales, les mœurs de la civilisation primitive, prévenaient ce besoin par trois sortes d’institutions : l’hospitalité, la constitution de la famille, l’esclavage.

L’hospitalité était exercée, comme vertu privée, avec une étendue qui laissait peu sentir le besoin d'un bienfait public. Cette vertu était spécialement dans le caractère des nations germaniques , au témoignage de César [i] et de Tacite [2]. L’hospitalité était même chez eux une

[1] Qui, quâque de causâ ad eos venerint , sanctos h aient; iis omnium domus paient (De Bello Gallico, !ib. G, cap. ‘23).

[2] Hospitiis non alia gens effnsius indulget notum , ignotumque, quantum ad jus liospitii, nemo discernit. Abeunti, si quid poposceris , concedere noris et pos-

obligalion civile , et la loi des Bourguignons [s], les capitulaires [4] , la confirment par une sanction pénale [5]. Les mœurs de l’Asie nous en conservent encore les traditions, nous en reproduisent le tableau.

Dans cette première période de la civilisation, l’hospitalité, il faut le dire, pouvait s’exercer plus facilement, comme vertu privée. D'une part, elle avait à-la-fois moins de sollicitations à essuyer; de l’autre, elle entraînait moins d’inconvéniens, de gênes et de sacrifices. Aujourd’hui encore, dans nos campagnes, les malades, les vieillards, obtiennent plus facilement l’assistance, sans qu’il soit nécessaire de recourir pour eux à des asiles communs.

La famille formait, chez les anciens, un corps plus étroitement uni ; elle était en quelque sorte solidaire pour tous scs membres. Ils se dispersaient moins; ils étaient mieux protégés. Si les anciens n’avaient pas des hôpitaux publics, ils avaient des infirmeries domestiques. ColumcIIe nous apprend que le devoir du père de famille est de faire panser celui qui a été blessé en travaillant, de faire conduire à l’infirmerie celui qui tombe malade, et de lui procurer les soins nécessaires à sa guérison [g]. Le vieillard conti-

çendi invicem eadem facilitas ( De Moribus Germanorum, cap. 21). — [3] Lex Burgund ., tit. 33, § 1.

[4] Cap. de Baluze, lib. G, cap. 82.

[5] Heineccius, Elementa juris germanici , lib. 1. lit. 18, § 419. < — [6] Ces infirmeries portaient le nom de valetudinaria. Columeile, tom. xi,cap. 1.

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