DE L’HOSPITALITÉ
étaient fournis gratuitement. Mais, c’était une munificence plutôt qu’un secours. Des édifices publics, dans les villes de la Grèce, furent aussi affectés , sous le nom de gèrusies ou de gèronies, à loger les anciens magistrats ou les vieillards qui avaient bien mérité de la patrie [ij. Mais c’était une rémunération plutôt qu’une assistance. A Sparte, les gèrusies recevaient les sénateurs en fonction. Une scène d’Aristophane nous montre les indigens réfugiés dans les bains publics , pendant la saison rigoureuse, pour s’y garantir du froid. Les bains publics étaient euxmêmes pour les habitans une ressource commune, accessible à tous, un traitement hygiénique, trop peu imité par les modernes. A Rome, les thermes, magnifiques constructions, étaient ouverts, toute l’année , au peuple, et lui offraient un abri en hiver. Les Romains avaient, comme les Grecs, dans leurs maisons, un appartement réservé à l’exercice de l’hospitalité (hospitcilia) ; toutefois , par la description même que nous en donne Vitruve , on juge que ces logemens étaient destinés à des hôtes d’une condition aisée [2]. Les malades, chez les mêmes nations, se faisaient transporter dans les temples d’Esculapc, pour y invoquer le dieu, en demandant les secours de ses ministres, et le tableau des cures opérées, suspendu aux murs et aux colonnes du temple, devenait une instruction pour les médecins eux-mêmes. Près du temple , on entretenait des salles garnies de lits, pour les malades, qui ne pouvaient autrement accomplir le vœu de la religion, ou obtenir les secours de l’art; à Rome, elles servaient de refuge aux étrangers qui tombaient malades [3]. Les décurions municipaux, chez les Romains, entretenaient dans chaque commune des médecins publics , chargés de traiter gratuitement les malades pauvres à leur domicile : institution qui, ainsi que nous l’avons déjà remarqué , s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Le peuple romain concéda au célèbre chirurgien grec, Archagatus , un vaste emplacement, espèce de portique, sans doute, situé dans le carrefour d’icilius , pour y opé-
[1] Selon Vitruve, les habitans de Sardes consacrèrent à cet usage le palais de Crésus ( Architect ., liv. 2, chap. 8.)
[2] Ibid., liv. 6, chap. 10.
[3] Mercurialis, Far. Uct. 1 , cap. 12; Grævius, Thesaur. antiquitat. Rom. 1, 3.
[4] Annales , liv. 4.