‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 298 sur 450 · LIVRE III. CIIAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE III. CIIAP. I

que. C 1 est à ce litre sans doute que saint Isidore remplissait, dans son xenodochium , le beau ministère qui lui a valu le surnom (Y hospitalier.

Le premier hôpital de malades dont l’histoire fasse mention, se présente encore avec le même caractère. Une dame romaine, illustre par sa piété, Fabiola, fut l’auteur de cette création, y consacra sa fortune, en se dévouant elle-même au service des pauvres; elle s’associa plusieurs de ses amies. Issues des nobles familles des Fabius, desEmdc, des Scipion, ces dames renoncent aux pompes de Rome, aux jouissances du luxe, se retirent en Palestine sous la direction de saint Jérôme, se livrent à de pieux exercices, et y joignent les pratiques d’une charité inépuisable. Les portes de leur maison sont ouvertes aux fidèles qui viennent visiter les saints lieux; mais elles y recueillent spécialement les malades et les infirmes qui , dit saint Jérôme [2], demeuraient auparavant étendus sur les places publiques ; elles leur fournissent et les secours et les alimens nécessaires. Les généreuses fondatrices ne se bornent pas à cette assistance; dès que le malade entre en convalescence, elles le font transporter à la campagne, dans une de leurs villa, où il reçoit les soins propres à affermir sa santé [3]. Ces établissemens reçurent le titre de Nosochomeion, de F il la Languentium.

L’empereur Julien, en s’efforçant d'emprunter, pour un paganisme restauré et spiritualisé dont il avait conçu l’idée, quelques-unes des inspirations du christianisme , ne manqua pas d’essayer aussi l’érection d’asiles publics en faveur des pauvres, spécialement pour le traitement des malades [4].

« C’est une belle chose, » dit saint Jean Chrysostôme, au sujet de la fondation faite par saint Basile , « que l’exercice de la bonté , que les soins « pris pour nourrir les pauvres, pour secourir les <c infirmités humaines. Portez vos pas un peu <c hors de la ville. Là vous verrez une cité nou- « velle, véritable trésor de la piété, formé par « la réunion des dons que les exhortations de « Basile ont obtenus. De vastes édifices ont été « élevés. L’établissement a été doté de revenus « annuels. Tous les malades sont rassemblés <( dans cet asile que son fondateur appelle le

hôpital de malades; voyez sa Dissertation sur l' antiquité des hôpitaux. Voyez aussi les Mémoires de MM. Percy et Willaume, couronnés par l’Académie de Mâcon.

[4] Saint Grégoire de Naziance, Erat. 3.

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