‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 306 sur 450 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE III. CIIAP. I · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE III. CIIAP. I

même, qui le croirait? la guerre même , en portant ses ravages sur tant de contrées , a fécondé sous quelques rapports ces investigations et ces progrès. Pendant le cours des invasions respectives, les vainqueurs ont été conduits à visiter les asiles publics où ils déposaient leurs malades et leurs blessés. Sous une administration militaire beaucoup plus parfaite, les hôpitaux militaires et les hôpitaux civils ont donné lieu à des rapprochemens instructifs.

Enfin, une puissance nouvelle et féconde, celle de l’association, en se dirigeant avec une louable émulation vers les œuvres de la charité, a aussi pris une part considérable dans l’extension et l’amélioration des établissemens hospitaliers. Des asiles de tout genre se sont élevés à l’envi,en Angleterre, aux États-Unis surtout, pour recueillir et soigner les misères humaines; les associations de souscripteurs fondées dans ce but, se sont attachées de préférence à certaines spécialités déterminées; elles ont ainsi varié la physionomie et le caractère de ces refuges, comme leurs proportions. Ce qu’elles ont créé, elles l’ont ensuite dirigé, et les comptes qu’elles ont rendus pour leurs souscripteurs, sont devenus des documens utiles pour le public. La société qui a fondé à Londres, en 1719, l’hôpital de Westminster, paraît être la mère ou le modèle de celles qui se sont établies pour le même but dans les trois royaumes de la Grande- Bretagne.

Quelquefois les souscriptions rassemblées pour l’érection d’un asile charitable, ont eu àla-fois pour objet de consacrer un grand souvenir, un témoignage solennel de reconnaissance. Ainsi, l’hôpital Catherine, à Sluttgard, est né des souscriptions offertes pour élever un monument à la mémoire d’une reine bienfaitrice des pauvres; on ne pouvait honorer le nom de cette princesse d’une manière plus digne d’elle.

Le siècle qui vient de s’écouler peut donc, à plus d’un titre, réclamer une place remarquable dans l’histoire des institutions hospitalières. En présence des critiques qui censuraient les établissemens existans, il s’est attaché à améliorer : c’était le meilleur moyen d’y répondre. Il en a

créé de nouveaux sur des modèles plus accomplis. Marie-Thérèse, en 1753, sur les conseils de Van Swieten, a consacré, dans la capitale de l’Autriche, aux convalescens, l’un des plus vastes et des plus beaux hospices de l’Europe. Le plus important de l’Allemagne entière est le célèbre hôpital général dont Joseph n, aidé du comte de Bucquoy, a doté la ville de Vienne, après avoir visité ceux de Paris, en 1779 et 1783 [î] . Les deux hôpitaux érigés à Munich, en 1750 et 1756, par les frères de la miséricorde et les sœurs de Ste Élisabeth , ont été agrandis et perfectionnés, en 1794 et 1796, sous la direction du Dr Hæberl [2]. Le magnifique hôpital Julius, à Wurtzbourg, fondé au xve siècle par le premier évêque de ce nom, a reçu de l’évêque François-Louis, un développementmonumental; ce prince qu’animait une bienfaisance si éclairée, fit construire, et 1787, l’hôpital modèle de Bamberg. Vers la même époque, l’hôpital de la Charité, à Berlin, a reçu les agrandissemens qui lui donnent sa forme présente. A Copenhague, l’hôpital royal des malades a été ouvert en 1756; l’hôpital général en 1768. La Russie, visitée deux fois par Howard, n’a point négligé ses enseignemens : les établissemens charitables de St-Pétersbourg , de Moscou, se déploient avec une grandeur qui répond h la richesse de leurs dotations. La Pologne a érigé des hôpitaux dans la plupart de ses villes. L’Espagne , sur laquelle Howard avait porté un jugement favorable, qui possédait peut-être un plus grand nombre d’asiles charibles qu’aucune contrée de l’Europe, les a vus encore étendre et améliorer sous Charles ni et Philippe v.

Des établissemens hospitaliers en France, depuis 1750.

La grande réformation des hôpitauxde France, prescrite par l’édit du 24 août 1693, et parles réglemens du 16 novembre 1698, n’avait produit encore que des résultats trop imparfaits et trop peu durables. Une circonstance inattendue vint fixer sur le régime des hôpitaux, la sollici-

te Yoy. sur l’hôpital général de Vienne, entre autres, Notices publiées en 1810, 1814; et l'ouvrage du docteur les plans et l’organisation de cet établissement, par Anselme Martin (Munich, 1832). — [2] Voy. sur les hôpi- Stoll, publiés par Becken, en 1788. Les Notices de Qua- taux de Munich, l’ouvrage du docteur Hæberl lui-même rin (1784), de Munch (1785); et sur lesbospices de Vienne ( Histoire , etc. Munich, 1820, in-4°); et celui du docteur en général, le Magasin autrichien de Klein ( 1804); les Anselme Martin (Munich ,1834), tous deux en allemand.

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