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ÉTABLISSEMENT HOSPITALIERS EN FRANCE, DEPUIS 17S

tude du gouvernement et l’attention publique. L’incendie de 1772, en commandant la situation et la restauration de l’Hôtel-Dieu de Paris, fixa l’attention publique sur ce sujet; de nombreux écrits furent mis au jour; des projets turent conçus ; Louis xvi en prit une connaissance personnelle ; il voulut améliorer le sort des pauvres, délivrer les malades de ces lits funestes où ils étaient entassés, les faire reposer seuls ; il déféra, en 1785, à l’Académie des sciences l’examen des plans, la solution du problème; et du sein de la commission où siégeaient Daubcnton, Bailly, Lavoisier, Laplace, Coulomb, d’Arcct et Tenon, sortit le travail de ce dernier, travail justement admiré, dont malheureusement la première partie seulement a vu le jour, publiée et imprimée par l’ordre du même prince [i].

M. Necker, aussi, conçut et proposa sur cet important sujet, quelques vues inspirées par l’amour du bien, par une grande expérience, par l’étude des sciences économiques. 11 discuta avec sagesse la question alors controversée, sur l’utilité des hôpitaux. 11 provoqua la réforme de leur mode d’administration intérieure; il appela sur ce vaste service la lumière de la publicité. Il fit plus, il voulut préluder aux améliorations en créant lui-même, dans la capitale, un hôpital où elles se montreraient réalisées [2], et sur sa proposition, le roi ordonna l’impression annuelle des comptes [3]. Cinq nouveaux élablissemens hospitaliers furent aussi ouverts, à Paris, d’après le beau travail de Tenon, de 1785 à 1787.

Mais le moment était venu où le système général des établissemens hospitaliers de la France allait être mis au grand jour, et devenir l’objet des plus solennelles délibérations. Le comité de mendicité de l’Assemblée constituante se livra aux recherches les plus étendues, essaya, pour la première fois, une statistique générale et comparée de ces établissemens, les considéra dans leur ensemble, dans leur rapport avec les autres branches des secours publics, jugea d’un point de vue élevé les services qu’ils rendaient, ceux qu’ils pouvaient rendre, proposa des mesures législatives pour en régler la marche d’une manière uniforme et durable. Le comité ne se borna pas à centraliser, pour son intérêt même, ce service public dans une direction suprême ;

[1] Mémoire sur les hôpitaux de Paris, 1 vol. in-4",

[2] C’est l’hôpital qui porte encore aujourd’hui son nom. Il a été ouvert en 1779.

il alla jusqu’à proposer de donner aux étabhssemens locaux un caractère national.

Bientôt, en effet, les établissemens hospitaliers de France perdirent leur individualité; l’état se chargea de pourvoir lui-même à leurs besoins, et s’empara de leur patrimoine [4]. A peine deux années s’étaient écoulées , que l’expérience fit reconnaître et réparer l’errcurcommise [5]. Mais les restitutions et remplaccmens s’effectuèrent avec lenteur; pendant les années calamiteuses qui s’écoulèrent jusqu’au gouvernement consulaire, la situation des hôpitaux et des hospices fut très-critique; les besoins étaient nombreux, les ressources insuffisantes : le zèle parvint à maintenir des services compromis.

A dater du commencement de ce siècle, nonseulement ces institutionsont effacé les vestiges des désastres qu’elles avaient éprouvés ; mais elles ont vu de jouren jour leur prospérité s’accroître, leur administration , leur régime intérieur, leur comptabilité surtout, obtenir des améliorations progressives et considérables. Les affectations sur le produit des octrois leur assurèrent une dotation suffisante. Le respect témoigné pour les droits des fondateurs favorisa les dons privés. Le rétablissement des congrégations religieuses hospitalières, en 1809, rendit aux malades et aux infirmes des soins inappréciables.

D’après un état des revenus et dépenses des hôpitaux de la France entière, en 1752 , la dépense d’entretien ou de traitement des individus alors assistés dans ces établissemens, montait à une somme totale de 5,846,810 livr.,leur nombre était de 73,192. Sur ce nombre on comptait 9312 valides, dont la dépense était calculée à raison de 70à 80 liv. paran ;ct 57,042 invalides, dont la dépense était calculée à raison do 90 liv. Ces hôpitaux jouissaient, à cette époque, d’un revenu total , savoir : brut de 7,101,864 liv., et net de 5,150,493 liv.

En 1761 , d’après les états qui furent alors dressés et fournis au gouvernement, il y aurait eu 957 hôpitaux, jouissant de 14 millions de revenus.

M. ÎSecker, en 1781, estimait qu’il y avait, dans le royaume, plus de 700 hôpitaux, et une centaine d’asiles de 3 ou 4 lits fondés par des

[5] De l’administration des finances, t. 3, chap. 16.

[4] Par la loi du 25 messidor an 11.

[5] Lois du 16 vendémiaire , 8 brumaire et 9 pluviôse an v.

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