SOLUTION PROPOSÉE
sonnelle du pauvre, ou à la nature de la maladie.
Voici un pauvre domicilie : il a une famille; s’il est pourvu d’un lit pour lui seul, de linge, d’un peu de mobilier, s’il peut faire du feu, avoir du bouillon, surtout s’il peut être soigné par une mère, une épouse, une tille, une sœur, un ami dévoué, oh ! alors, sans doute, qu’il reste dans son humble demeure, entouré de ceux qui lui sont chers! il y aura pour lui des chances bien plus favorables de guérison ; ses souffrances seront adoucies.
Mais, voici un indigent entièrement isolé, dénué de tout; il habite un logement malsain, glacé; peut-être il n’a pas de domicile propre ; il occupe un lit dans une chambrée, chez des logeurs. Qui le soignera? quels moyens de pourvoir à toutes les nécessités de son traitement? A l’hôpital , ü trouvera les médecins et les chirurgiens les plus habiles et tous les genres de secours qu’il ne pourrait se procurer chez lui.
La nature des maladies ou des accidens peut aussi invoquer de préférence le traitement des hôpitaux. Telles sont les maladies qui se transmettent par des communications étroites et habituelles; certaines maladies graves, particulièrement parmi les maladies aiguës, qui exigent des soins d’un ordre tout particulier ; telles’Sont encore certaines blessures, des maladies chirurgicales qui invoquent toutes les ressources de l’art; telle est surtout l’aliénation mentale qui exige impérieusement la séquestration du malade, non pas seulement pour la sûreté de ceux qui l’entourent, mais aussi dans l’intérêt de la guérison, laquelle ne peut être espérée qu’autant qu’on l’isolera de scs relations, qu’on rompra ses habitudes.
A l’apparition de certaines épidémies, non-seulement on doit se féliciter d’avoir un service d’hôpitaux déjà établi sur une assez large échelle, mais on est souvent contraint de créer subitement des succursales temporaires, d’ouvrir des hôpitaux dans les lieux où il n’en existait pas. Les terribles souvenirs du choléra, encore présens à nos esprits, nous disent assez combien alors l’hospitalité publique doit venir au secours de l’humanité souffrante.
Par un motif semblable , dans les pays qui, comme une portion des États romains, sont sujets au retour périodique des épidémies loca-
[1] Tenon nous apprend que jadis on ne guérissait pas de trépanés à l’Hôtel-Dieu ; que les causes de mortalité inhérentes à cet établissement s’opposaient au
les, la prévoyance de l’administration publique doit donner aux hôpitaux un développement fort supérieur aux besoins des temps ordinaires, et capable de suffire aux exigences nées des saisons calamiteuses.
Les médecins éclairés sont les meilleurs juges des convenances tirées de la nature de la maladie dont l’indigent est atteint, et de la situation où il se trouve. Souvent une maladie qui, à l’origine, s’annoncait comme pouvant être traitée à domicile, prend un caractère qui fait reconnaître l’utilité pour le malade d’être transporté à l’hôpital.
Sous tous les rapports, les hôpitaux sont plus spécialement utiles dans les villes et surtout dans les grandes villes.
Au lieu de supprimer les hôpitaux, ou de réduire systématiquement leur étendue, il est des moyens plus certains, plus sages, plus humains, de diminuer le nombre de ceux qui y reçoivent l’hospitalité: c’est d’agir sur les causes mêmes qui rendent cette hospitalité nécessaire, en perfectionnant le régime des secours à domicile, surtout en ce qui concerce le logement du pauvre, les soins hygiéniques et l’assistance en cas de maladie; en généralisant l’utile institution des dispensaires ; en améliorant les mœurs de la classe pauvre ; en y développant l’esprit de famille et les affections domestiques.
Toutefois, ces conclusions sont nécessairement subordonnées au mérite du traitement donné dans les hôpitaux. Les vices et les imperfections du régime de ces établissemens peuvent aggraver beaucoup les inconvéniens de leur séjour, pour les pauvres malades. Quelquefois le danger qu’ils courent, les souffrances qu’ils éprouvent, en seraient considérablement accrus ; quelquefois ils y contracteraient des maladies nouvelles; quelquefois la guérison y deviendrait un fait impossible [1 ] .
D’un autre côté, à mesure qu’on réussit à perfectionner le régime des hôpitaux, la comparaison leur devient moins défavorable, il peut même arriver que le séjour dans ces asiles devienne désirable à des individus qui n’auraient pas droit à y prétendre.
Il est plusieurs avantages qui ne sauraient être contestés aux hôpitaux convenablement organisés et dirigés. Le traitement des malades
succès (le beaucoup d’opérations ; que la situation des femmes accouchées n’y était pas moins déplorable. Mémoires sur les hôpitaux de Paris, p. 226.