‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 316 sur 450 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE III. CHAP. II · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE III. CHAP. II

Des hôpitaux payans.

L’hospitalité peut être encore un bienfait et un grand bienfait, même sous la condition d’une rétribution pécuniaire, surtout dans certaines villes où affluent les étrangers, comme les ports de mer, les villes de commerce, les capitales. Un particulier, sans être pauvre, trouvera, et une grande économie, et un moyen plus assuré de guérison, en obtenant d’être reçu dans un établissement public , où , pour un prix modique , il sera traité par les médecins les plus habiles, et environné de tous les soins désirables [1]. Les maisons de santé ouvertes par des entreprises privées sont sujettes à de graves inconvéniens , peuvent même faire naître divers dangers, si elles ne sont autorisées et surveillées par l’administration publique, et soumises à des garanties déterminées. Elles ne s’ouvrent d’ailleurs qu’aux personnes qui jouissent d’une aisance suffisante pour payer un prix un peu élevé.

L’admission des malades dans les hôpitaux , moyennant une indemnité graduée, présente, sous le rapport moral , un avantage considérable. Elle encourage dans la classe laborieuse, l’esprit de prévoyance et le sentiment de la dignité personnelle; elle diminue les charges des établissemens hospitaliers , et permet ainsi d’appliquer toutes leurs ressources à l’assistance des personnes véritablement misérables.

Les combinaisons suivant lesquelles le principe de l’admission avec indemnité peut être mis en œuvre , sont fort variées. A Paris , par exemple, il est réalisé dans un établissement spécial, la maison royale de santé [2]. Le taux de l’indemnité pour l’administration des malades est gradué, suivant que le malade désire habiter seul ou dans les chambres communes, suivant qu’il a ou non un serviteur particulièrement attaché à sa personne [3].

[1] L’administration des hôpitaux de la ville de Marseille exprime de vifs regrets sur l’impuissance où elle se trouve de satisfaire aux nombreuses instances des étrangers, qui sollicitent d’elle la faveur d’être admis dans des salles ou des chambres payantes. Voy. les Documens statistiques qu’elle a publiés en 1836.

Quelquefois, comme dans la plupart des hôpitaux de l’Allemagne, les malades admis moyennant rétribution occupent des lits qui leur sont affectés, soit dans des chambres ou salles particulières, soit même dans des salles communes , selon le taux de la rétribution acquittée.

Quelquefois, au lieu d’une rétribution acquittée seulement à raison du séjour que le malade fait réellement dans l’hôpital, des abonnemens sont contractés à l’avance pour acquérir le droit de faire occuper le lit, en cas de besoin, par un malade. C’est une mesure de prévoyance , une sorte d’assurance. Le contrat est passé, soit avec une famille, soit avec une corporation, une association, pour l’un de leurs membres ; soit avec des maîtres, pour leurs domestiques.

Quelquefois la rétribution est acquittée, ou l’engagement contracté vis-à-vis de l’hôpital d’une ville , par les communes rurales et par les bourgeois qui ne possèdent eux-mêmes aucun asile de ce genre à leur disposition.

L’Allemagne , la Suisse, offrent aussi de nombreux exemples de ces deux derniers genres de combinaisons.

Dans le grand et bel hôpital de Wurtzbourg, on voit des salles distinctes (de moyenne grandeur), réservées à diverses corporations qui sont abonnées pour y envoyer leurs malades; on dirait autant de petits asiles pour chaque profession industrielle.

Indépendamment des avantages considérables qui sont communs à toutes ces combinaisons, celle des abonnemens anticipés est spécialement utile pour alléger le fardeau de la maladie , et pour encourager l’économie pendant le temps de la bonne santé ; celle des rétributions ou des abonnemens payés par les communes rurales , en permettant à leurs habitans de profiter des bienfaits de l’établissement , les retient dans de justes limites, et les empêche d’en abuser.

[2] Érigée en 1802, faubourg Saint-Martin.

[3] Salles communes. . . . Fr. 2 50

Chambres à 2 et 3 lits. . . . 3 50

Chambres particulières. , . 5

Id. lre classe 6

par jour.

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