‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 320 sur 450 · LIVRE III. CU AP. II · texte numérisé non relu

LIVRE III. CU AP. II

Il est des conditions communes à tous les hôpitaux. On doit s’attacher, pour tous, à choisir la situation la plus salubre, celle où l’air est le plus pur et circule avec le plus de liberté. I cnon recommande de préférence un terrain en pente, loin des lieux humides, des eaux stagnantes et vaseuses ; une exposition au midi ou au nord , un local où il y ait une grande abondance d’eau , mais de manière à ce qu’on puisse en recueillir les avantages sans en subir les inconvéniens. II désire que l’hôpital soit placé près d’une rivière, non sur la rivière elle-même [3]. L’hôpital doit toujours être isolé des habitations privées , et d’un accès facile [4].

Un hôpital destiné aux maladies aiguës et aux blessés, demande à être rapproché du centre de la cité , pour peu qu’elle ait une grande étendue; mais, un hôpital destiné aux maladies de la peau, aux maladies chroniques, sera placé avec avantage sur des points excentriques. Il est plus nécessaire encore de renvoyer à l’écart les asiles réservés aux maladies contagieuses [5].

Les conditions relatives à la construction des hôpitaux varient, ainsi que l’a judicieusement remarqué Tenon, suivant les besoins des villes, suivant la destination des hôpitaux eux-mêmes, suivant le climat , la nature des productions propres au pays, le culte qui y est professé , les lois qui le régissent, les mœurs et les usages qui y régnent, le genre de ressources qui composent la dotation de ces établissemens.

Un hôpital est fait pour les malades; les besoins du service des malades doivent être la première loi qui préside à la construction. L’art doit leur obéir, non leur commander. Quels que soient les lumières et les talens des architectes, nous ne nous abandonnerons pas aveuglément à eux pour concevoir et fixer les plans. Leurs talens mêmes pourraient les égarer, en leur faisant sacrifiera la beauté, au grandiose des formes extérieures , l’intérêt des convenances administratives. On n’en a vu que trop d’exemples. La générosité malentendue des fondateurs, leur

[1] Tenon cite aussi le plan proposé par l'abbé Le- créé à Bordeaux, peuvent être signalés au nombre de jeune, vicaire de la paroisse Saint-Laurent, à Paris. ceux dont la situation a été choisie avec le plus de dis-

[2] « 11 n’existe , disait Tenon (préface, p. 8), aucun cernement.

« ouvrage sur la formation et la distribution des hôpi- [5] Ces conditions supposent au reste qu’on soit libre « taux, et l’on n’a pas encore rassemblé les principes dans le choix du local , ce qui est rare aujourd’hui. La « qui mettraient en état de juger de leur perfection ou translation d’établissemens aussi considérables dans un « de leur imperfection. » — [3] 3e Mémoire, p. 114. établissement nouveau, ne peut être opérée qu’à grands

[4] L’hôpital Catherine à Stultgard, celui de Bamberg, frais; et l’emplacement qui conviendrait le mieux, n’est le grand hôpital de Vienne, celui qui a été depuis peu pas toujours disponible.

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