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DES DISTRIBUTIONS INTERIEURES

vanité peut-être , ont favorisé le penchant naturel aux gens de l’art ; on a élevé des monumens admirables à l’œil; mais, cette magnificence couvre quelquefois les inconvéniens réels pour le traitement des malades. Aussi les médecins éclairés préfèrent-ils les modestes et simples asiles de la Hollande , de la Flandre , aux superbes édifices qui, sous le nom d’hôpitaux, ornent l’Italie et l’Espagne.

Le programme d’un hôpital a construire doit être préparé et délibéré de concert par les administrateurs, par les médecins instruits d’après l’expérience des nécessités relatives au traitement des malades. L’architecte alors sera utilement consulté, pour mettre en accord les règles de l’art avec ces conditions fondamentales; nous lui saurons gré de joindre à la solidité, à l’économie, une dignité, une élégance qui se concilient avec la simplicité grave d’un semblable genre d’éditlce.

Le programme déterminera essentiellement le nombre, l’étendue, la distribution des salles destinées aux malades ; la désignation des difierens services, leurs relations mutuelles, leur distinction et leur harmonie; la situation qui doit leur être assignée; les communications intérieures et extérieures; la ventilation ; rétablissement des jours; l’arrivée, la répartition, l’écoulement des eaux.

Des distributions intérieures.

Dans la visite d’un hôpital, les salles de malades appellent d’abord nos regards.

L’espace nécessaire pour chaque lit a été, depuis plus d’un demi-siècle étudié avec beaucoup de soin. Les travaux de l’académie des sciences, ceux de Lavoisier, de Tenon, de Guiton -Morveau , de Carmichael Smith, de Hœberl, etc., ont conduit à reconnaître, comme un règle fondamentale, qu’il faut à un malade sept toises cubes (G2 m. cubes environ) d’air pur à respirer, et à un convalescent, G toises et 1/2 (48 m. cubes).

[1] Tenon a dressé un tableau comparatif des dimensions des salles de malades dans un grand nombre d’hôpitaux de France. On y voit que, si dans quelquesuns d’entre eux ces dimensions accordaient depuis 7 jusqu’à 16 toises cubes d’air à chaque malade, dans la n.

Mais, on ne doit pas se hâter de conclure, en partant de cette base, qu’une salle aura une étendue suffisante lorsque les dimensions donneront autant de fois 52 m. cubes, qu’elle renfermera de malades. Car, certaines affections morbifiques répandent dans l’air ambiant un plus grand degré d’infection ; et certains malades, suivant la nature de leur maladie, ont besoin d’une plus grande quantité d’air pur. II convient donc, surtout dans les hôpitaux spéciaux, d’adopter un plus large calcul [1].

Des dimensions trop étendues, en cessant d’être utiles, ont aussi leurs inconvéniens. Il devient trop difficile d’y maintenir la température convenable. On augmente à-la-fois la dépense des constructions et la fatigue des services.

Maintenant, combien de malades convient-il de réunir dans une même salle?

Tenon donnait une préférence marquée aux petites salles sur les grandes; comparant sous ce rapport la distribution adoptée dans plusieurs hôpitaux de France, où le nombre de lits par salle variait depuis 2 jusqu’à 200, il avait fixé à 20 ou 24 le maximum d’accumulation qui ne doit pas être dépassé dans l’intérêt des malades. En d’autres contrées de l’Europe, ce sujet a excité une sérieuse attention, et les hommes expérimentés sont tombés généralement d’accord sur les inconvéniens des vastes salles, sur le mérite de celles qui ne réunissent qu’un petit nombre de malades. En Allemagne, en Suisse, on a abandonné l’ancien système, on a subdivisé et multiplié les salles ; on n’a assigné à chacune que 12 à 20 lits. Le même principe a été aussi adopté dans quelques hôpitaux de l’Angleterre [2].

La distribution en petites salles permet de réunir des malades qui se conviennent entre eux, par le caractère de leur maladie; elle leur épargne l'affligeant spectacle d’un grand nombre de misères humaines entassées sous le même toit, des convulsions des uns, de l’agonie des autres ; elle leur épargne la vue du mouvement continuel exigé par un service étendu : elle permet de mieux proportionner la température à l’état du malade; elle favorise mieux les consolations que lui apportent le commerce de ses amis, de ses pareils ou les visites des personnes charitables.

plupart elles ne lui laissaient que de 2 à G toises; et à l’Hôtel-Dieu de Paris, suivant les salles, que depuis 4/5 de toise cube jusqu’à 1 toise et 1/2 seulement. (4e Mémoire, p. 185 etsuiv.)

[2] lb., lb.. page 181,182, 185.

En vain objecterait-on que, dans les vastes salles, le service est plus facile, que la surveillance des supérieurs est mieux exercée. Le service le plus facile n’est pas toujours le plus utile au malade ; souvent, en parcourant avec rapidité une longue file de lits, on néglige trop les soins individuels . souvent une surveillance qui peut s exercer d’un coup-d’œil sur des masses, pénètre trop peu dans les détails: en devenant plus générale, elle devient plus superficielle.

Les règles de l’art exigent que la hauteur des salles d’un édifice, soit en rapport avec ses autres dimensions. Les vastes salles doivent donc avoir en même temps une très-grande élévation. Or, comme l’air chaud, plus léger, se porte toujours dans la partie supérieure , comme aussi dans cette combinaison il y a une masse d’air plus considérable à chauffer, des salles destinées à recevoir de longues rangées de lits obtiennent et conservent plus difficilement la température convenable. Elles conviennent donc moins encore aux pays froids et humides.

Les salles de malades doivent être isolées les unes des autres, jamais accouplées. Elles doivent s’ouvrir à leurs deux extrémités, sur une galerie ou un vestibule dans lequel circule l’air extérieur; avoir, des deux côtés, sur leur longueur, des croisées larges et élevées; être exposées au midi et au nord ; les dalles ou le parquet en bois seront préférés aux carreaux ; la voûte ou le plafond, au plancher à poutres découvertes.

Une salle séparée doit toujours être réservée pour les opérations, loin de celles où reposent les malades.

Dans plusieurs hôpitaux de l’Allemagne, on a eu l’heureuse idée de ménager, le long des salles destinées aux lits des malades, une galerie garnie de croisées et de bancs, qui peut être chauffée à volonté, et où les malades se promènent et changent d’air, pendant qu’ils ne sont pas couchés, pendant qu’on fait les lits, qu’on nettoie les salles et qu’on les remet en ordre.

Dans l’hôpital Saint-Louis, à Turin, on a ménagé, derrière le lit de chaque malade, une sorte

[i] Ne pouvant, à regret, entrer ici dans ces détails, nous nous bornerons à indiquer, entre autres, les appareils de chauffage adoptés dans les hôpitaux d’Allemagne, les cheminées de tôle établies à l’Hôtel-Dieu de Paris, par M. Mauprivet, successeur de Desarnod; l’appareil introduit dans les hôpitaux de Paris et de Lyon, pour remplir, dans chaque salle de malades, un double office : celui de répandre la chaleur convenable, celui

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