LIVRE III. CIIAP. II
il les fait connaître , il leur procure une clientclle.
Mais, en fréquentant celte grande école pratique, 1 homme de 1 art qui cherche a s’instruire est souvent tenté de faire des essais, et d’expérimenter aux risques et périls des malades. La clinique elle-même, si nécessaire aux progrès de l’art, la clinique dont les hôpitaux sont le théâtre naturel, devient quelquefois une fatigue pour le malade. L’administration doit veiller sévèrement à ce que les pauvres ne deviennent jamais une matière d’expérimentation. Elle ne peut refuser d’ouvrir les salles des hôpitaux aux enscignemens de la clinique; il est juste que l’assistance donnée aux malades gratuitement traités tourne à l’avantage de ceux qui leur succéderont, en servant à répandre et à perfectionner les méthodes curatives; mais ce tribut payé aux progrès de l’art doit être restreint dans les limites de ce qu’exige l’intérêt de l’art.
A la visite du médecin se rattachent toutes les circonstances du traitement. Elle doit avoir lieu au moins une fois par jour; mais indépendamment de cette visite régulière, le médecin doit accourir à toute heure , lorsqu’un accident extraordinaire réclame sa présence [i]. Elle doit avoir lieu le matin, mais de bonne heure [2]. Elle ne doit être ni trop précipitée, ni trop lente. Le médecin sera sobre de questions, non de paroles consolantes. Les prescriptions seront toujours ordonnées par écrit, sur le cahier à ce destiné; mention exacte y sera faite de leur exécution.
Un codex simple, mais complet, sera prescrit par l’administration , et servira de loi pour la prescription et la préparation des alimens.
La chirurgie n’abandonnera pas à d’autres personnes , les opérations qui exigeraient une main exercée.
C’est surtout aux médecins des hôpitaux que s’adressent les maximes des maîtres de l’art de guérir, lorsque, dans le ministère du médecin , ils comprennent la noble mission de consoler et d’encourager le malade , lorsqu’ils considèrent ces influences morales comme un moyen puissant de guérison. Ici, pour le malade , à la souffrance s’unissent les peines de la pauvreté, les douleurs de l’âme , des impressions sinistres. De
[2] En été à 8 heures, en hiver de préférence après que les salles sont nettoyées et mises en ordre, et avant le moment opportun pour la distribution des remèdes.