‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 325 sur 450 · DES GARDE-MALADES ET INFIRMIERS · texte numérisé non relu

DES GARDE-MALADES ET INFIRMIERS

longs discours ne sont pas exigés, ne seraient pas possibles ; mais un regard, un témoignage de bonté , un mot d’espérance ranimeront le cœur d’un infortuné éloigné des siens, accablé de tristesse, et peut-être saisi d’effroi.

Il est juste que l’homme de l’art fasse son profit personnel des observations qu’il recueille sur ce vaste théâtre d’instruction que lui offre son service des hôpitaux , il est juste aussi qu’il en fasse recueillir les fruits à la science ellemême, à l’humanité, à l’établissement qui lui fournit cet abondant sujet d’études. Les résultats comparés de l’expérience acquise dans les hôpitaux, devraient donc être rassemblés et publiés périodiquement. Ce grand intérêt, nous osons dire ce devoir, n’est pas encore partout aussi bien compris qu’on le désirerait , qu’on serait en droit de l’espérer [i].

Des garde-malades et infi raiers.

Le médecin a fait sa visite. 11 reste à environner le malade de ces soins continus, vigilans, délicats, souvent rebutans, qu’exige son traitement. Salut, messagères de la religion et de la charité, que nous apercevons à ses côtés, qui avez abdiqué votre liberté, renoncé au monde, pour servir le Christ dans la personne du pauvre souffrant ! A quelles mains serait-il mieux conlîé? Votre patience sera sans bornes, votre activité infatigable, comme votre courage est héroïque et calme. Un charme céleste, s’attachant à vos paroles, à votre présence, pénétrera dans l’àme du malade, y portera la paix, la résignation, la sérénité. Il obtiendra plus que le soulagement de ses douleurs*, il trouvera dans scs maux un moyen d’amélioration morale; sou âme s’élèvera à la hauteur des sentimens religieux, dans celte région de la douleur où les épreuves passagères de la terre s’expliquent, se résolvent en sublimes espérances.

Les erreurs et les faiblesses propres à la nature humaine peuvent accompagner la vertu la plus pure. On se plaint, dans certains élablisscmens hospitaliers, de voir quelques sœurs résiste Les médecins attachés aux hospices de Lyon donnent chaque année, sous ce rapport, un exemple digne d’être imité. Le résumé de leurs observations est publié chaque année dans le compte moral rendu par l’ad-

ter aux prescriptions des médecins, en usurper les fonctions, prétendre non-seulement régler le régime, l’alimentation, mais aussi médicamenter; d’autres, méconnaître les droits de l’administration civile, se mettre en opposition ouverte avec l’autorité, devenir l’occasion d’un conflit fâcheux entre le ministère ecclésiastique et l’autorité civile, refuser de se prêter aux règles de la comptabilité; d’autres, repousser les améliorations les plus manifestes, comme des innovations qui blessent leurs habitudes, se refuser sans motifs à fournir des informations, des explications qui tourneraient à l’avantage du service; d’autres, se laisser entraîner à des discordes intestines ou à des exagérations déraisonnables. Ces reproches ont été sans doute plus rarement fondés, que certaines personnes ne seraient portées à le croire. Mais, il ne faut pas moins savoir prévoir franchement ces inconvéniens; il faut savoir y opposer la prudence, une fermeté pleine d’égards, toujours modérée, conciliante; il faut savoir, lorsqu’on ne réussit pas à en triompher complètement, les tolérer avec une indulgence qui est aussi de l’équité, ne pas prétendre à une perfection absolue, et consentir à acheter un très-grand bien par de petites concessions.

En acquittant un légitime tribut envers ces congrégations dont la France surtout est si riche et si fière, il faut être juste envers les établisscmcns qui sont desservis par des personnes séculières. En d’autres contrées, l’administration trouve souvent dans des personnes qui ne sont liées par aucun engagement de communauté religieuse, les sentimens élevés et purs, le désintéressement, le zèle, une charité sincère, l’expériencce, la discrétion, la capacité requise; elle en obtient une exécution fidèle des directions données. Elle a besoin, il est vrai, de faire, pour ces fonctions, un choix judicieux ; de découvrir et quelquefois de former ces êtres d’élite, qui seuls pourront remplir ses vues; elle doit les rémunérer noblement. Parmi les élèves des élablisscmcns charitables, il se rencontre des sujets qui, moyennant une éducation convenable, deviennent facilement propres à cette carrière, et qui acquittent ainsi leur dette envers la bienfaisance publique.

ministration de ces établissemens. — Le conseil général des hospices de Paris, par une délibération de 1815, renouvelée en 1837, a prescrit l’exécution d’un semblable travail.

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