‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 327 sur 450 · DU RÉGIME MORAL · texte numérisé non relu

DU RÉGIME MORAL

traitement et au régime ; il est essentiel à tous Ils adoucissent son infortune, soutiennent son deux. C’est encore un luxe nécessaire et qui ne courage. Dieu nous garde de jamais laisser le doit connaître de limite que là où s’arrêtent les pauvre exposé au moindre dédain, dans l’asile besoins du malade. Cette branche du service où nous lui offrons l’hospitalité î Tous ceux qui des hôpitaux demande donc les plus grands approchent le malade doiventconcourir, chacun

soins, et l’on est contraint d’avouer qu’elle est cependant trop souvent négligée : ici les baignoires sont en trop petit nombre; là c’est l’eau qui manque; ailleurs la salle de bains est incommode, éloignée; les malades sont exposés à se refroidir; quelquefois même la salle de bains n’existe pas. Dans tout hôpital, on doit être en mesure d’administrer les bains composés, dont l’art médical fait aujourd’hui un usage salutaire, les bains de vapeur, les douches, dont les appareils ont été depuis peu perfectionnés. C’est un inconvénient pour les petits hôpitaux, que la difficulté de les pourvoir de ces derniers moyens pour des cas qui se présentent rarement. Les hôpitaux pourraient emprunter avec avantage des appareils nouvellement inventés pour la médecine domestique, et avec lesquels on administre au malade dans son lit, des bains cl douches de vapeur.

line longue expérience, une vive et tendre sollicitude pour la santé des malades, suggèrent, mieux que nous ne pourrions le faire ici, ces soins de détail, souvent délicats, dont l’ensemble lorme pour eux le meilleur des régimes. La plupart de ces soins ne coûtent rien, et n’exigent que de la vigilance, de la prévoyance, de l’activité. Leur ensemble constitue la véritable perfection d’un hôpital. Malheureusement, le grand nombre de malades à servir, le défaut de temps et d’espace, le manque d’ustensiles, l’apathie ou la maladresse des subalternes, les habitudes contractées, les usages établis, l’ignorance des personnes préposées aux services, conspirent trop souvent contre une œuvre si salutaire.

dans la sphère de scs fonctions, à lui procurer les bienfaits d’un régime moral propre à adoucir ses maux et à les lui rendre salutaires. Une mission plus spéciale, plus directe, appartient ici aux ministres du culte attachés au service des hôpitaux. Médecins spirituels, ils feront aussi leurs visites journalières; ils viendront dans un commerce intime avec le malade, lui rendre le calme, la sé/énité, lui donner des forces. Le malade alors sera moins effravé des se-

cours religieux, plus disposé à les accepter, si, avant de voir dans le ministre du culte celui qui remplira ces graves fonctions à la dernière heure, il s’est accoutumé à voir en lui un ami. La mission d’un aumônier d’hôpital ainsi conçue, ainsi remplie, acquerra une haute dignité, une admirable et bienfaisante puissance. Contemplez l’envoyé de Dieu, dans ce séjour où la douleur se produisant sous toutes les formes, accable l’humanité à-la-fois et dans tous les organes du corps et dans toutes les affections de l’àmc ! A sa présence, un rayon de consolation et d’espérance vient luire aux regards de l’infortuné qui gémit sous le poids de tant de misères. Un mystère auguste, profond, est révélé à l'être souffrant : il reconnaît dans la douleur, une volonté de la providence et par conséquent un bienfait voilé sous la forme d’une épreuve. La morale évangélique qui peut-être était oubliée de lui, se manifeste à sa raison et à son cœur, il en ressent l’empire, il en comprend la vérité, il apprend à se recueillir en lui-même, il apprend à prier. Une vie nouvelle prend naissance dans cette âme affligée, la fait entrer graduellement dans un commerce sublime avec son créateur.

Du rôftime moral.

Les soins de détail prouvent au malade l’affection dont il est l’objet; ils lui font du bien, en lui montrant avec quelle attention on s’occupe de lui. Ils ont et un mérite et une utilité de plus quand ils expriment des égards. Les égards ! le pauvre frappé par la maladie y a des droits particuliers, à raison de son indigence elle-même.

Oh! ce ne sont point ici de simples hypothèses, des spéculations ascétiques. Nous les avons vus a l’œuvre, ces dignes messagers de l’Évangile, Passant leur vie dans les salles de nos hôpitaux ; joignant au zèle, la prudence, la discrétion, l’indulgence, la tolérance; relevant les faibles, calmant ceux qui étaient agités, se faisant merveilleusement comprendre des esprits les plus incultes, parvenant à attendrir lésâmes les plus grossières, à faire pénétrer les pensées religieuses dans les intelligences qui jusqu’alors leur étaient restées le moins accessibles. Nous avons appris de leur bouche que le succès n’est jamais

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