LIVRE III. CIIAP. V
verait conduit à cette conséquence, que deux hospices d aliénés au moins sont nécessaires à une population d’un million d’hnbitans. Mais une portion des aliénés peut être traitée dans des maisons particulières; quelques-uns doivent être conservés dans leurs familles. En France, le nombre des aliénés était, en 1818, évalué comme il suit :
1° Renfermés dans 8 établissemens spéciaux et exclusivement destinés à cette infirmité 1^222
2° Dans 24 hospices ou hôpitaux qui leur affectaient des quartiers séparés. . . . 3,196
3° Dans les dépôts de mendicité ou les maisons de correction 6^3
4° Dans les petits hospices ou dans les prisons, environ 1,000
5° Présumés conservés dans leurs familles. 2,500
Total. . 8,531 [2].
Mais cette évaluation est certainement trop faible pour la France. On n’y a pas compris les aliénés traités dans les établissemens particuliers, ni ceux qui étaient en état de vagabondage [3].
Des relevés administratifs, recueillis en 1836, ont donné, pour 80 départemens, un total de 6816 aliénés secourus dans des établissemens spéciaux et mixtes.
En y joignant le’département de la Seine, pour 2,500
On a un total de 9,116
Qui peut faire présumer pour la France entière un nombre d’aliénés assistés d’au moins. . 10,000 Les mêmes relevés font connaître que dans 53 départemens seulement, on compte en outre 5,010 aliénés en étal de vagabondage ou détenus dans les prisons [4], ce qui peut en faire présumer pour la France entière environ. . 4,700
En sorte que le nombre des aliénés indigens s’élèverait à près de 15,000
Images déchirantes , dont l’âme a besoin de
Admis dans les hospices et appartenant au département 446
Non secourus, en prison ou en état de vagabondage. 269
Total. . . .715
ce qui, sur une population de 693,685 habitans, donne 1 aliéné sur 937.— A Rouen, il est de 1 sur 461.
[4] Voyez le rapport au roi, par M. le ministre de l’intérieur, publié en avril 1837.