LIVRE III. C1IAP. V
on y exécute des représentations dramatiques, des concerts, des danses. Mais des observateurs éclairés [5] ont regretté 1 absence d’une bonne classification , la ventilation , la propreté leur ont paru négligées ; le traitement, imparfait ; ils ont remarqué qu’on n’y tient point de registres.
Une partie distincte du bel hôpital de San- Bonifazio , à Florence, est affectée au séjour des aliénés. Cet asile a ressenti la salutaire influence des travaux du docteurChiarugi, et, depuis 1820, il a obtenu des réformes avantageuses. On loue la construction et la disposition intérieure des loges; la ventilation est bien établie; le traitement est dirigé d’après de bons principes. Mais les cours sont trop étroites, les jardins , les plantations manquent; les aliénés sont tous placés dans les cellules; ils n’ont aucune occupation; les femmes habitent le rez-de-chaussée, les hommes, au-dessus, le premier étage ; les dimensions sont trop restreintes. L’hospice San-Nicolo, à Sienne, avec la même destination, offre et les mêmes avantages et en partie les mêmes imperfections. L’appropriation des loges aux besoins des malades y est surtout ingénieuse, soignée, complète. Les aliénés paisibles sont employés à quelques travaux dans l’intérieur , mais ils n’ont pas même un espace pour se promener.
Les hospices de Palerme et de Perugia sont cités comme égaux en mérite aux asiles d’aliénés les plus recommandables de l’Europe [6]. Celui de Faenza recueille les fruits des travaux du docteur Anderlini.
Les vœux du docteur d’Acquin , pour la réforme de l’hospice des aliénés de Turin, ont enfin été accomplis; en 1828, a été érigé le nouvel asile, vaste édifice placé hors de la ville, au milieu d’un champ distribué en jardins. Les malades sont classés; ils jouissent de toute la liberté compatible avec leur état, de l’exercice de la promenade en plein air et dans des galeries couvertes; ils peuvent travailler; la tenue de cette maison est, à tous égards, satisfaisante [7].
[1] M. le docteur Ellis, directeur du grand établissement d’aliénés à Hanwell , près Londres , s’étant rendu à Genève en 1835, a prêté à la commission chargée de celte œuvre l’appui de ses conseils. Les plans de l’établissement projeté lui ont été envoyés en Angleterre, pour avoir son avis.
[2] Voyayc en Italie, p. 536.
[3] Le docteur Galloni.
[4] A 4 lieues de Naples.
Les femmes aliénées sont recueillies dans un autre ancien couvent, à une lieue de distance.
Les aliénés sont habituellement au nombre de 500 ; mais ce nombre s’élève jusqu'à près de 600. Celui des femmes est inférieur d’un tiers environ.
[5] Les docteurs Valentin, Gualandi, Frank, Otto, etc.
[6] Monsignor Morichini , Degl’ istituti di pubblica carità in Roma, p. 56.
[7] En 1832, le nombre des malades <pait de :