ETABLISSEMENS D’ALIÉNÉS EN ITALIE, AUX ÉTATS-UNIS
L’hospice de Santa-Maria délia Pietà de’ Poveri Pazzi, à Rome, a obtenu depuis un petit nombre d’années quelques réformes qui , il faut l’avouer, étaient indispensables; le traitement des malades surtout y a été ramené aux vrais principes. Mais le local dans lequel il est établi est mal situé, mal distribué, trop étroit, dépourvu de toutes dépendances ; il sera nécessaire de construire à neuf, sur un autre emplacement, pour que l’hospice des aliénés de Rome soit digne de la capitale du monde chrétien [1]. Les mêmes réflexions s’appliquent à l’hospice de la Senavra, près de Milan : l’édifice est vaste; il appartenait autrefois aux jésuites ; il ne convient pas à sa destination nouvelle. Les efforts récemment tentés pour introduire les améliorations désirables dans celte maison , ont été contrariés par ces obstacles matériels. On a pu séparer les épileptiques, les convalescens, des aliénés ; mais on n’en a pas séparé les incurables [2].
Venise, Gênes, Bologne, un grand nombre de villes d’Italie possèdent des asiles pour les indigens atteints d’aliénation mentale. Jusqu’à ce jour, ils sont généralement fort en arrière des conditions exigées par l’état présent de la science.
Etats-Unis.
Dès 1752 , il avait été ouvert un hospice pour les lunatiques , dans la Pensylvanie ; un quartier séparé leur fut assigné en 1808, dans l’hôpital de New-York. Mais, c’est seulement en 1817,
que l’attention s’est dirigée, aux Ltats-Unis, sur le vrai but de ces établissemens , sur les conditions qu’ils exigent, et qu’on a travaillé à y satisfaire. La société des amis en a donné l’exemple, aux États-Unis, comme en Angleterre. Ils ont établi leur asile à un mille de Frankford, à six milles de Philadelphie. 11 n’était d’abord destiné qu’aux membres de leur communauté religieuse.
II a été ensuite ouvert, en 1834 , aux indigens des autres communions. On y a joint une ferme de 02 acres [al. Bientôt la législature de l’état de New-York passa un acte, pour l’érection de l 'asile Bloomingdale pour les lunatiques , à sept milles de New-York. L’édifice a été construit dans un champ de 80 acres qui en forme les dépendances, et peut recevoir 200 malades. Il a été conçu sur le modèle de celui qui existe près de York, en Angleterre, et a été ouvert en 1821. Situé sur une colline , dans une vue agréable, il est bien distribué, bien tenu; il y règne une extrême propreté [4]. Mais cet hospice n’est point gratuit : il est réservé à la charité privée ou aux associations bienfaisantes, d’y faire admettre les malades qui ne peuvent payer eux-mêmes. La législature du même état, frappée de cette considération , et voulant procurer le même bienfait aux indigens, a décrété la fondation d’un second asile qui recueillera gratuitement 300 aliénés, de toutes les parties de l’état. Les plans en ont été arrêtés en 1834 , avec beaucoup de soin; il sera placé près d’Albanv, et renfermera toutes les divisions qu’exigent la classification des malades et une bonne organisation des services [5].
L’hospice érigé, en 1818, à Charlestown, état de Massachussets, porte le nom deMac-Lean, son fondateur. 80 aliénés y sont traités [6]. 11 est situé sur une belle colline qui commande la ville et le port ; les règles générales ont été observées dans sa construction; les précautions, les soins de détail que peuvent demander la santé et le bien-être du malade, y ont été prodigués avec une attentive et ingénieuse sollicitude. Les malades n’y sont également reçus, qu’en payant pension. Pour ouvrir aux aliénés un asile gratuit, l’état de Massachussets a fondé presque au centre de son territoire, à Worchester, pour la même destination, un établissement magnifique, célèbre aux États-Unis par le bon ordre qui y règne et les fruits salutaires qu’il produit. Cette maison se recommande par la bonne disposition
Total 328
Hommes 197
Femmes 131
Voyez la Relazione del difmdente sacchi , sous le titre delstitutidi benc/îcenza a Torina, p. 10.
[1] Voyez l’ouvrage de monsignor Morichini, déjà cité, p. 55.
Le nombre des malades y va toujours en croissant.
En 1829, il était de
hommes. . 182 1
{ Total 324
femmes.
r> ,0~ . i hommes. . 235 1
En 18o3, de ... J Total 395
' femmes. . 160 '
[2] Voyez le Voyage du docteur Valentin, p. 273 ; et celui du docteur Otto, t. 1, p. 37.
[3] La seule dépense du bâtiment a été de 43,000 dollars, et celle de la ferme, de 6760.
[4] 10,000 dollars par an ont été alloués pour cette dépense, de 1816 à 1827. — [5] 60,000 dollars y ont été affectés. —[6] 11 a coûté 186,000 dollars.
des bâti mens , par le régime observé pour les malades, et par les égards qui y sont témoignés aux pauvres. Douze acres de terrain y sont annexés [i],
La retraite pour les aliénés du Connecticut s elève dans un beau site , près de Hartford. Cet établissement a été érigé, en 1824, dans de bonnes conditions; mais il ne reçoit qu’un petit nombre d indigens. Le minimum du prix de
la pension est de 5 dollars et 50 cent., par semaine.
L’état de Kentucky a eu l’honneur d’être le premier qui ait ouvert, pour les aliénés pauvres, un asile entièrement gratuit, aux frais de l’état. Cet hospice a été fondé, en 1824 , à Lexington , pour environ 100 malades. On signale l’économie qui préside à son entretien; la dépense de chaque malade ne s’élève qu’à GO dollars par an. Les malades d’ailleurs y sont parfaitement traités;
1 édifice est spacieux et commode [2].
Cet exemple a été suivi par la Caroline du Sud. Le nouvel asile ouvert, en 1829, à Colombie, aux frais de l’état, reçoit les malades indigens de préférence à ceux qui paient.
Il existe deux asiles pour les aliénés, dans l’état de Virginie, l’un à Williamsburg , l’autre à Stauton ; la Caroline du Nord en possède un ; il en a été nouvellement érigé un à Nashville, dans le Tennessée; l’hôpital de Baltimore, dans le Maryland , quoique ayant une destination générale, est, par le fait , réservé aux aliénés ; une partie d’entre eux sont indigens. Cet asile est confié à la congrégation religieuse et catholique des sœurs de la charité [3].
Dans l’état de Vcrmont, un asile commencé à Brettleborough , environné de 50 acres de terrain, peut être considéré comme le germe d’un établissement futur. L’état du Maine, assisté par des dons individuels qui ne s’élèvent pas à moins de 20 mille dollars, érige en ce moment, a Augusta, un asile pour les lunatiques sur une échelle très-étendue. On annonce la fondation prochaine d’un asile semblable dans le New- Hampshire, dans le district de Colombie [4].
[1] La dépense de premier établissement s’est élevée à 50,000 dollars.
fs] La dépense de premier établissement a été de 30,000 dollars.
[3] Nous n’avons pas de documens détaillés sur le régime de cet établissement; mais on est fondé à penser qu’il est semblable à celui des modèles que possèdent les Etats-Unis.