DE LA GUÉRISON
Pour les hommes, de 4 sur 8 , Pour les femmes, de 3 sur 12 $
en traitement.
A une époque où le régime inoral n’était pas encore la base du traitement de l’aliénation mentale, les hospices d’Angleterre donnaient les résultats suivans :
Bethléem , de 1748 à 1794. . . .
Et en 1815
Saint-Lucke, de 1751 à 1801. . .
Et de 1824 à 1854
A la Retraite, près d’York , de 1777
A Nottingham , de 1812 à 1825. .
A Glascow, de 1816 à 1827. . .
A Wakefield, de 1818 à 1823. . .
Mais, aujourd’hui, en Angleterre et aux États- Unis, on suppose un degré de probabilité beaucoup plus élevé en faveur des guérisons. Le docteur W illis , dans l’enquête parlementaire de 1789, assura que, sur 10 aliénés confiés à scs soins, il en guérissait 9, dans les trois mois de la première attaque. M. Tuke, directeur de la maison de retraite près d’York, donne la même proportion, d’après son expérience, pour l’aliénation simple et non compliquée d’une autre maladie. M . le docteur Burrows assure avoir obtenu lui-même 91 guérisons sur 100 malades, et M. le docteur Ellis, 09 sur 100.
On lit dans le compte rendu de l’asile de Bloomingdale , près New-York, pour les deux années 1830 et 1850, que le rapport des guérisons a été de 74 sur 100 admissions; dans le dernier compte rendu de l’asile de Maclean, à Charlestown, que le même rapport y a été de 82 sur 100; dans le Connecticut lietrcet d’Hartford, en 2 ans, il a été de 33 sur 100 [i].
Dans l’hospice de Gand, sous l’excellente direction du docteur Guislain, on a vu en 1829 et 1850, 83 personnes sortir guéries, sur 108 qui y étaient entrées.
une sur
Dans la commune de Ghecl (Belgique), pendant 3 années, de 1833 à 1857, il a été soigné 193 hommes, 227 femmes; il en est sorti 34 hommes, 57 femmes.
En Allemagne, à Urancfort-sur-le-Mein , on obtient 8 guérisons sur 9 malades. Ce succès est attribué au soin qu’on a d’amener ces malades dès la première manifestation des symptômes.
Sus 335 malades reçus à l’hospice de Sachsenberg, dans le Mccklembourg, de 1850 à 1858, ilen est sorti guéris 99, c’est-à-dire, un sur 3,54. A Sonnenstein , en Saxe, on compte une guérison sur 5 malades.
A l’hospice de Siegbourg (de 1823 à 1854), on a obtenu les résultats suivans :
Malades. Entrés. Sortis guéris. Amél. Incur. Hommes. 404 105 14 56
Femmes . 226 70 5 52
Total. . 630 175 19 108
Les rechutes ont été au nombre de 38 pour les hommes et 18 pour les femmes.
Sur 603 malades traités, en 1837, dans l'hospice devienne, 116 en sont sortis guéris pendant le cours de l’année.
Sur 64 traités en 1837 , à Munich, 10 seulement sont sortis de l'établissement.
A l’hospice de Santa-Maria délia l’ielà, à
Rome, on 6 années, de 1829 à 1834, il a été traité savoir :
Hommes.
Femmes.
Il en est sorti : 257
On regrette vivement de voir que, dans un grand nombre de maisons d’aliénés, il n’est tenu aucun registre exact de la marche et de l’issue du traitement. La plupart du temps, on
[i] Il est probable, comme le pense M. le docteur Esquirol, que ces résultats favorables sont dus essentiellement à ce que les malades sont reçus et traités dès le début de la maladie. Peut-être aussi les rapports ont-ilsété calculés seulement sur les cas récens, considéréscomine seulscurables.On voit, par exemple, dans les détails donnés sur l’asile de Worcester, dans le Connecticut, quesur les cas récens, les guérisons ont été de 92 et i/-2 sur 100, tandis que sur les anciens elles ont été seulement de 20 ou 30 sur 100. Dans l’asile de Bloomingdale, les guérisons sur les cas anciens n’ont été que de 9 sur 100. Le
docteur Vietcb a déclaré dans les enquêtes du parlement d’Angleterre, que sur 152 cas anciens, il n’a guéri que 5 malades ; c'est un peu plus de 3 sur 100 ; et le docteur Ellis a déclaré également que , sur 5i8 cas anciens, il n’a vu que 2ü malades recouvrer la raison; c’està-dire environ 8 sur 100. Dans les hospices de Londres et d’Y ork, en général dans les hospices de l’Angleterre et des Etats-Unis, on ne reçoit que des aliénés offrant les conditions les plus favorables de guérison. En France, on reçoit indifféremment et ceux qui offrent des conditions moins favorables, et les incurables eux-mêmes.
se borne à indiquer le nombre des personnes qui en sont sorties, sans faire connaître si elles en sont sorties en état de guérison, ou pour d’autres causes. Userait nécessaire de tenir note de toutes les circonstances,qui peuvent influer sur l’issue du traitement; de marquer, par exemple , le temps depuis lequel le malade se trouvait atteint, lors de son entrée à l’hospice, de signaler les rechutes , les cas d’incurabilité , les phases principales survenues pendant le cours de la maladie.
De la mortalité dans les maisons d’aliénés.
Il serait à désirer aussi qu’en tenant note de ' la mortalité des aliénés, on distinguât les décès qui sont la suite directe de l’aliénation mentale , de ceux qui ont pour cause une autre maladie compliquée avec elle : les décès des aliénés en état de traitement, et ceux des incurables. Dans l’état présent des choses, ces renseignemens sont encore fort incomplets.
Raymond, en 1749, établissait la mortalité des aliénés à l’Hôtel-Dieu de Paris , dans le rapport d’un à 14; Tenon, en 1786, d’un à 11; Pinel, en faisant abstraction des démences séniles , la fixait, pour la Salpétrière, d’un sur 20 ou 23; M. le docteur Esquirol , d’après ses nombreux relevés, l’établit comme il suit :
Mortalité de la manie j [25
Mortalité de la monomanie. ... > un sur 16
Mortalité de la démence J [ 3
Suivant cet auteur, la manie aiguë est rarement funeste, et la mélancolie simple n’est mortelle que lorsqu’elle dépend d’une lésion organique [1]. On a l’exemple d’aliénés qui ont joui dans cet état, d’une longévité remarquable. On en trouve dans les hospices , qui y habitent depuis 20, 50 et 40 ans. La mortalité des aliénés est plus précoce chez les hommes, et infiniment plus forte dans l’âge avancé chez les femmes. L’idiot ne guérit pas, mais vit, ou plutôt, végète
[1] Dictionnaire des Sciences médicales, article Folie, p. 209.
[2] Mémoires historiques et statistiques sur Charenton, par M. Esquirol, page 135.
[3] Ces résultats méritent d’autant plus d’attention, qu’il n’existe nulle part encore une masse de faits aussi