‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 379 sur 450 · SOUS LA RÉPUBLIQUE · texte numérisé non relu

SOUS LA RÉPUBLIQUE

nent et général; qui, par la loi de C. Gracchus, prirent même une extension onéreuse pour l’état. Cette libéralité, qui consistait dans cinq modius par tête [2], était réservée exclusivement aux citoyens romains, soit qu’ils tinssent leur titre de la naissance ou de l’afi’ranchissement. Un réforme, due au tribun Octavius, exigea de ceux qui y participeraient une justification de leur pauvreté; du temps de Cicéron, elle comprenait plus du huitième de la population libre [3] ; peu-à-peu , et par le conseil de Caton, le nombre des bénéficiaires tripla. César, dans des vues d’ordre et d’économie, réduisit à moitié le nombre des pensions alimentaires, fixa ce nombre d’une manière irrévocable; le prêteur devait, chaque année, remplacer les pensionnaires morts , par un tirage au sort entre les pauvres non inscrits [4]. Le droit aux pains était appelé le pain civil [5].

La lutte incessante des patriciens contre les plébéiens, suite naturelle de la constitution de la république, s’entretenait par l’inégalité des conditions, et la rendait plus sensible. Les rapports entre le riche et le pauvre en devenaient plus difficiles; la bienveillance y trouvait peu de place; une hostilité naturelle opposait ces deux classes l’une à l’autre. D’un côté, le sénat, même dans les concessions qu’il accorde, calcule son intérêt, cherche à prévenir le péril, cède quelquefois à la nécessité, jamais n’obéit au généreux désir d’améliorer la condition des pauvres. D’un autre côté, les tribuns, en plaidant la cause de la classe indigente servent surtout les intérêts de leur popularité personnelle. Les bienfaits sont distribués par la crainte, ou arrachés par la révolte [6].

A mesure que la multitude de ceux qui ne possédaient pas, et que l’opulence d’un petit

* César, on donne , on flatte , on achète la faveur par « des largesses, mais on n’assure, par aucune fondation « modérée et stable , le bonheur ou le soulagement de « la classe indigente. Il n’y a véritablement pasd'admi- « nistration de secours publics ; ce n’est qu'à dater du « règne des empereurs qu’elle commence.

« Les Romains, sous le rapport des institutions de « bienfaisance, étaient très-inférieurs aux Grecs. Ils « étudiaient leurs écrits, et ne profitaient pas de leurs « leçons ni de leurs exemples.»

(Voyez les judicieuses observations de M. ISaudet, dans son Mémoire sur les secours publics chez les Domains,- Becueil des mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, tome 13<-, page 1^.)

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