‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 4 sur 450 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

vieto, Viterbe, Savone, Bologne suivirent l’exemple de Pérouse, et leurs monts-de-piété furent approuvés par des bulles apostoliques, de 1 46 1 à 1306.

Cette institution à son origine rencontra d’ardens contradicteurs. On l’accusa d’ètre complice de celte usure même qu’elle aspirait à détruire. Les vraies notions sur le prêt à intérêt, qui ont eu tant de peine à se faire jour, même encore de notre temps, étaient alors à-peu-près ignorées, et l’on peut présumer que les zélés prédicateurs confondaient quelquefois l’emploi des fonds reproductifs, avec les secours offerts aux nécessités de l’infortune. La question fut agitée avec tant de chaleur, que Léon x crut devoir la déférer au cinquième concile de Latran. La cause de la nouvelle institution triompha, et une bulle pontificale la consacra d’une manière définitive.

L’ordre des frères Mineurs propagea avec zèle ces établissemens de prêts, et, parmi ceux de ses membres qui y concoururent avec le plus d’ardeur et de succès, on signale le bienheureux Jean de la Marche. Saint Bernardin de Feltre, que plusieurs écrivains ont signalé comme créateur de cette institution, en fut du moins fardent apôtre. Il exerçait celte prédication au milieu même des places publiques. A sa voix il s’éleva une banque de charité à Manloue. Les entrepreneurs de prêts le sollicitèrent avec instance, mais sans succès, d’arrêter les rnouvemens d’un zèle qui contrariait leurs opérations, et qui même, quelquefois, parut menacer leur sûreté. L’autorité publique intervint, lui prêta son appui.

Borne cependant, où le jugemeut de ces vives contestations était déféré, vit, à son tour, une banque charitable s’ouvrir dans ses murs. Le promoteur de cette création tut précisément le commissaire de l’ordre des frères Mineurs, qui était chargé de plaider la cause de cette institution. Il la dirigea le premier, secondé par les dons et le concours de personnes bienfaisantes [i]. Saint Charles Borromée , dont le nom rappelle I une des plus hautes illustrations religieuses et charitables, prit rang parmi les fondateurs de cet établissement ; il le recueillit à Borne dans son propre palais ; il en rédigea luimême les réglemens, revus et modifiés depuis, en 1767.

[i] L’œuvre fut confirmée par une bulle de Paul ni, an 1530.

Développement de V institution des monts-dc piété, en Europe .

Italie.

Le mont-de-piété de Rome prit bientôt une très-grande extension, et se combina avec d’autres genres d’élablissemens. D’une part, des congrégations religieuses s’y associèrent, pour pratiquer des œuvres de piété et de charité ; d’un autre côté, Sixte v y réunit la caisse publique des dépôts et consignations judiciaires ; rétablissement acquit de la sorte des capitaux et un crédit qui lui permirent de faire l’office d’une banque de prêt, même pour des sommes considérables ; le gouvernement romain et les princes étrangers y recoururent plus d’une fois.

A l’origine, le mont-de-piété de Rome exigeait un léger intérêt, dans les temps de prospérité ; les prêts au-dessous de 30 écus romains étaient entièrement gratuits, et la durée du prêt était portée jusqu’à 18 mois. L’expérience fit reconnaître que l’institution manquait son but, en prêtant des sommes aussi fortes; la limite a été progressivement baissée ; aujourd’hui les prêts d’un écu romain et au-dessous sont seuls reçus et renouvelés sans aucune rétribution. Une remise de 3 p. o/o à l’année est exigée pour ceux d’une valeur supérieure. Les gages apportés à l’établissement s’élèvent quelquefois jusqu’à mille, et le montant des sommes prêtées jusqu’à 2 ou 3000 écus ; ils croissent eu octobre et pendant le carnaval, et diminuent à Noël et dans le mois d’août; le capital circulant du mont-depiété est de 250.000 écus ; son revenu de 52.000. Le nombre des gages renfermés dans les salles monte à plusieurs centaines de mille. Des commissaires particuliers, accrédités par le montde-piété, et qui lui servent d’auxiliaires, sont établis dans les divers quartiers [2].

Le mont-de-piété de Florence date de 1493. Le Monte non vcicabile de ’ Paschi , à Sienne, joint des prêts gratuits à diverses autres branches d’assistance. 11 vient au secours des orphelins dont le patrimoine se trouve obéré ; il se sub-

[-] Pcfjl istituli di pubblica carilà . etc. , in lioma par monsignor Morichini , 3« partie, chapitre

SECONDE PARTIE. LIVRE II. CHAP. I

stitue aux créanciers, et gère les biens pour les affranchir.

Le mont-de-piété de Parme meten circulation, par ses prêts, 216,000 livres italiennes.

Celui de Plaisance 50,000

Celui de Milan , sur environ 56,000 gages. 530,000

Celui de Pavie 80,000

Celui de Brescia 80,000

Celui de Crème 196,0()0[i]

Un premier mont-de-piété a été fondé à Turin, en 1619. Alors, le numéraire était fort rare; les ducs Charles -le-Bon et Emmanuel -Philibert avaient admis en Piémont les Juifs qui étaient alors les banquiers ordinaires, et leur avaient permis de prêter jusqu’au taux de 30 p. o/o. Alors quelques personnes généreuses se réunirent et formèrent un fonds pour prêter sans intérêt, mais sur gages, aux personnes nécessiteuses. Cet établissement succomba ; mais, en 1579, la confrérie de S1 -Paul lui rendit une nouvelle vie, constitua un nouveau capital. Soutenu par les libéralités des habitans, par une modique indemnité de 2 p. o/o prélevée sur les prêts pour couvrir une portion de scs frais, il rendit d’éminens services, et subsista jusqu’à la fin du siècle dernier. 1822 le vit renaître une deuxième fois. Pendant cet intervalle, en 1815, un second mont-de-piété fut ouvert dans la même capitale; il prête à un semblable intérêt ; l’adminislration de ces établissemens est confiée à la société de Saint-Paul [2],

Le mont-de-piété de Gênes est riche; il prête à un très-faible intérêt.

Chieri possède un mont-depiélé avec un capital de. .

Celui de Bielle, érigé en 1586,

a un capital de

Celui d’Alexandrie possède un

capital de

Celui d’Asti met en circulation.

Celui de Casai, avec l’intérêt de 5 p. 100 seulement. . .

Celui de Torlone

Celui de Cunéo, environ. . .

Celui de Cherasco, environ. .

Celui de Servagliano. . . .

Celui de Chiavari

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