LÉGISLATION
les règles de la bienfaisance publique s’y sont identifiées plus étroitement que nulle part , avec l’exercice des directions ecclésiastiques. Les décrets des souverains pontifes, en cette matière, ont eu à-la-fois le caractère d une loi civile et d’une prescription religieuse.
Une célèbre constitution de Pie y avait prohibé , à Rome , la mendicité , dès la fin du xvie siècle. Pie vu et Léon xii ont récemment renouvelé cette interdiction ; ils y ont joint les mesures qui doivent nécessairement l’accompagner. Us ont organisé les secours à domicile, les ateliers publics pour les indigens valides. Le mendiant, reçu d’abord pendant trois jours à la maison d’industrie, est condamné, en cas de récidive, aux travaux forcés dans la maison de correction. Les pèlerins eux-mêmes ne peuvent, sous prétexte de piété, quêter dans les rues; ils doivent se rendre aux asiles qui leur sont spécialement destinés [1].
Le royaume Lombard-Vénitien, après s’être placé pendant quelques années sous une législation analogue à celle de la France, avait vu proscrire la mendicité par un décret du 10 août 1808. Cette prohibition a été maintenue par le code pénal nouveau introduit par le gouvernement autrichien. Empruntées à la législation des états allemands de la maison d’Autriche, ces dispositions rangent la mendicité parmi les contraventions de police [2]. Condamnés à un mois de prison pour la première fois, à trois mois en cas de récidive , les mendians peuvent en outre être soumis à des travaux pénibles, au jeune, et même frappés de peines corporelles. A l’expiration de leur peine , ils peuvent être recueillis dans les maisons d’industrie. Ces établisscmens existent dans chaque chef-lieu de province, et dans plusieurs autres villes; le vaste refuge d’Abiatte-Grasso recueille du reste les pauvres invalides. Ces établisscmens sont entretenus aux frais de l’état, et par les sub-
[1] Voyez monsignor Morichini : Degl’ Jstituti, etc., in Roma, page 189.
[2] Art. 261 et 262 du code, au titre : Belle gravi trasgressionni cli polizia.
[3] Voyez le tableau et la substance de ces ordonnances dans le précieux ouvrage de M. le comte Petiti de Roreto : Saggio sal buon Governo délia mendicité, etc., tome 1er, page 105 et suiv.