LIVRE I. CIIAP. III
sancc générale? Vous voyez, en Angleterre, depuis quatre ans, la taxe des pauvres diminuer d une manière tres-marquée, avec le nombre des individus qu’elle est destinée à entretenir, par l'effet des mesures prises pour mieux reconnaître et déterminer l’indigence réelle; vous voyez en France, au sein de la capitale, le rôle des indigens se restreindre d’année en année, quoique dressé d’après les mêmes bases, pendant que la population s’accroît dans une proportion rapide. En Allemagne, la science a été interrogée sur la question de savoir, si le fléau du paupérisme s’accroît, et la science a répondu, par des organes unanimes, qu’il décroît au contraire [i]. Calmez donc de vaines terreurs, qui grossissent à vos yeux les dangers. Ne vous persuadez pas que les lois, par cela seul qu’elles soigneront la condition des malheureux, multiplieront indéfiniment les misérables; ne tirez pas, des faits erronés, des conséquences qui condamnent d’une manière absolue toute efficacité salutaire des lois.
Examinez, d’ailleurs, si leur inefficacité, dans les cas où elle est réellement prouvée, ne serait pas la suite des erreurs qui s’y sont quelquefois introduites, et alors n’en accusez que ces erreurs elles-mêmes.
La législation sur les pauvres n’a pas eu, en effet, le privilège d’être, plus que toute autre, exempte d’erreurs, et de s’affranchir des funestes conséquences qu’entraînent ces méprises. Comment s’en serait-elle garantie, lorsque la bienfaisance privée, animée par le zèle le plus pur, s’égare si souvent elle-même?
Elle a commis de fâcheux écarts, lorsque,
moralité , comme le bien-être des classes laborieuses, éprouve en Allemagne une amélioration toujours croissante (\oyez son écrit déjà cité, spécialement : pages 10, 17, 18 à 31). Telle est encore la conviction exprimée par M. Kolb, autre concurrent (Fersuch einer Beantwortnag , ^ édition , Spire, 1837, pages 59 à 61.) Quoique le docteur Frédéric Schmidt se prononce d’une manière moins absolue, ses recherches l’ont cependant conduit à déclarer, comme un résultat certain, que l’indigence en Allemagne ne provient point d’un manque réel de travail ; qu’elle n’existe point dans les masses ; qu’elle dérive seulement d’accidens particuliers et de torts individuels; que les perspectives de l’avenir sont rassurantes, quoique sans doute elles exigent des efforts pour obtenir les biens qu’elles promettent. Ueber die Zustande der Ferarmumj in Deutschland, etc. (Zittau et Leipzig, 1837, fect. 1><? et 2i‘, et conclusion, p. 298.)