DE LA POLICE DES PAL VIVES
qui lui reste, dans la pitié d’autrui? en avezvous le droit? en avez-vous le pouvoir? La faim triomphera de la loi ; la confiance publique protestera contre elle ; le mendiant , à ses yeux, ne sera plus que la victime d’une persécution odieuse. Nous-mêmes, les premiers, nous violerons votre loi , pour obéir à une loi supérieure, celle de l’humanité.
C’est ainsi qu’une législation sur les pauvres, doit être complète , si elle veut être efficace. Elle doit être généreuse, avant de pouvoir devenir sévère; mais alors, sa sévérité même sera un bienfait. C’est ainsi que la législation des pauvres sera
fidèle à son principe. Malheur à une prétendue législation des pauvres qui ne serait qu’un calcul delà politique, une précaution de la crainte! Qu’elle soit une véritable loi de charité ! Car, s’il n’y a pas de charité légale , c’est-à-dire imposée parla loi, il y a unocharité qui inspire et éclaire la loi : celle qui puise dans l’amour des hommes, les moyens de prévenir et de soulager les misères humaines! Eh! pourquoi hésiterions-nous à le proclamer? est-ce que le génie de la législation est étranger à l’amour des hommes? est-ce qu’il ne s’anime pas, ne s’éclaire pas par les plus hautes inspirations de la morale?