DES CONDITIONS D’UN BON SYSTÈME DE SECOURS
Si l’amour de l’humanité doit inspirer, éclairer le génie de la législation elle-même, quel ne doit pas être son empire sur l’administration chargée d’apporter des préservatifs et des remèdes aux misères publiques! Celle-ci, qu’est-elle autre chose que l’expression de la bienfaisance privée, réunie en faisceau, pour devenir plus efficace ; que la messagère de la commune sympathie, alliée dans le même but? Et quel système de secours attendre d’un pouvoir qui serait sans entrailles pour le malheur, qui ne saurait ni lui compatir ni le respecter? Quelle belle et utile mission, au contraire, pour le pouvoir, que celle d’être ainsi l’organe d’un sentiment éminemment social, et de représenter , auprès de l’infortuné, les généreuses sollicitudes de la grande famille humaine !
Comme la bienfaisance privée, l'administration des secours publics doit avoir et l’intelligence et le sentiment des besoins auxquels elle doit subvenir; elle y joint seulement d’autres vues; elle combine ce grand intérêt avec tous les intérêts sociaux; elle envisage les choses sous un aspect plus général.
Voilà la fin qu’elle se propose, les mobiles aux-
quels elle obéit; elle a des écarts à éviter , des règles à suivre, une carrière à parcourir.
ARTICLE PREMIER
Des écarts dont la bienfaisance publique doit
se garantir .
La bienfaisance publique peut errer comme la bienfaisance privée. Elle peut se tromper sur les personnes , sur la nature des maux , sur les remèdes.
Ne pas donner à celui qui est dans la détresse, donner à qui n’a pas besoin, sont deux erreurs contraires, et qui, cependant, souvent dérivent de la même source, produisent les mêmes effets.
On s’expose à ces deux erreurs en même temps, si l’on accorde sur la simple demande : rien n’est