‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 426 sur 450 · RÈGLES POUR L’ASSISTANCE INDIRECTE · texte numérisé non relu

RÈGLES POUR L’ASSISTANCE INDIRECTE

victimes? des êtres déchus qu’on s’efforce de

Disons plus : disons-le dans ce temps où la mollesse des mœurs, le scepticisme des esprits, la fausse direction des idées, repoussent toutes les maximes austères. La sévérité est quelquefois, vis-à-vis de l’indigent, un régime salutaire. Un grand nombre de misérables ont besoin de discipline, plus encore que de secours. Us ne savent ni régler leurs actions, ni ménager leur temps, ni observer aucune tenue; ils ne savent rien conserver, rien prévoir; ils ne peuvent triompher de leurs habitudes ; l’expérience est pour eux sans lumière, leur propre intérêt même sans aiguillon. Il faut les contraindre à se sauver. En certains cas, réprimer, c’est affranchir ; corriger, c’est compatir. Quelles sont après tout ces rigueurs dont vous vous effrayez? Exiger le travail ? c’est-à-dire précisément ce que lui demandent ses plus impérieux besoins. Lui retirer une partie des secours matériels dont il abuse? c’est lui refuser les moyens de se nuire à lui-même. Quelles sont ces prétendues

réhabiliter; quelquefois des êtres dépravés qu’on préserve en les réformant, d’encourir les rigueurs de la loi ; peut-être des imposteurs que l’on démasque.

Cette tâche, nous la remplirons avec fermeté et franchise; elle est un devoir pénible, mais impérieux, dicté par la charité elle-même. Nous le savons aussi , les fautes des malheureux doivent souvent n’èlre jugées qu’avec indulgence. Soyons sévères pour la débauche , la bassesse, l’hypocrisie, la violence; sachons excuser les torts d’être faible , abattu par la disgrâce, dominé par l’ignorance. Il est une certaine incapacité qui est un malheur de plus ; n’en faisons pas un crime. Attendons beaucoup du temps, des exemples, des conseils, des soulagemens eux -mêmes. L’ami du pauvre saura apprécier les circonstances, établir los distinctions; mais qui pourrait discerner toutes ces choses, si ce n’est l’ami du pauvre?

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