DE L ORGANISATION DES SECOURS PUBLICS
Considérée dans son ensemble, cette organisation réclame l’harmonie, et l’unité de fondement de l’harmonie.
Dans scs services, elle demande deux sortes d’instrumens : des ressources économiques, c’està-dire des fonds pour les dépenses; des personnes qui lui servent de ministres, soit en titre, soit comme auxiliaires.
Pour atteindre à son but, elle aura longtemps des réformes à opérer, des progrès à faire; comment obtenir les améliorations désirables?
ARTICLE PREMIER
De V harmonie dans l’ensemble .
De l’unité nécessaire au système général des secours
publics.
L’harmonie constitue le mérite de l’administration des secours publics, comme de toute administration. Elle doit, non pas confondre, mais unir dans un sage concert, soit les différentes branches d’assistance , pour en former un système bien ordonné; soit les diverses localités qui se partagent le territoire de l’état, pour y appliquer ce système d’une manière semblable.
Un tel concert est dans la nature môme des choses, pour tous les modes, comme pour toutes les localités. La bienfaisance publique ne tendelle pas en effet au même but? ne repose-t-elle pas sur les mêmes principes? ne doit- elle pas être animée du même esprit?
Les diverses branches de la bienfaisance publique composent un même service, dépendent les unes des autres. Elles doivent se correspondre, se servir de complément réciproque; il faut évi-
ter qu’elles ne laissent des lacunes, qu’elles ne fassent doubleemploi. Les secours qui remédient sont subordonnés à ceux qui préservent; le bienfait de l’hospitalité, au mérite et à l’étendue des secours à domicile. Le bien qui s’opère, les abus qui ont lieu , réagissent tantôt par voie de conséquence, tantôt par l’imitation des exemples.
L’assistance préventive a surtout ce caractère, qu’elle résulte de dispensations générales ; elle tarit à-la-fois la source de plusieurs espèces de misères, elle sert de préservatif commun. Mais, dans l’assistance qui soulage et remédie, un grand nombre de règles reposent aussi sur les mêmes bases : ainsi, les informations, les admissions, la limite des secours, les conditions de salubrité, d’économie, le contrôle, les garanties, sont également nécessaires, et doivent être envisagés, déterminés du même point de vue.
De la localisation et de la centralisation des secours.
Toute bienfaisance publique est née sous la forme locale, parce qu’elle est née de la garantie et de l’assistance mutuelle ; elle a été généralement instituée par la tribu, la corporation, la commune ; elle a été renfermée dans leur enceinte. Elle affecte encore exclusivement celte forme, dans une grande partie de l’Europe.
Les établissemens hospitaliers ont été aussi, à l’origine, fondés avec un caractère d’individualité qui les constituait dans un état d’isolement et d’indépendance.
Les intérêts généraux de la société ne se sont dégagés qu’avec peine et lenteur, des préoccupations locales, pour obtenir une gestion supérieure qui leur fût propre. Cependant, devenus plus importans, plus nombreux, par les progrès delà civilisation, des lumières et de l’aisance, ils