CAISSES D’ÉPARGNES EN BELGIQUE ET EN ITALIE
naturellement par un prélèvement sur les salaires, et de la sorte les épargnes sont générales, régulières, continues. Les ouvriers, à leur sortie de la manufacture retirent et emportent leur petit capital, et, ce qui n’est pas moins précieux, l’habitude de l’économie et le sentiment de ses avantages. Ces caisses d’épargnes intérieures fondent , entre les chefs des grands établissemens d’industrie et les travailleurs qui y sont réunis, des relations de bienveillance d’une part, de confiance de l’autre. Il est heureux d’ajouter ce lien moral, celte espèce de relation de famille, aux stipulations de l’intérêt formées par le travail et les salaires.
Caisses d’épargnes en Belgique.
Celle de Tournay, fondée en 1826, qui,
avec un actif de • • 15,682 fr.,
paie une action de 3 p. «y».
Celle de Vervins, fondée en 1828, qui,
avec un actif de 2,222
paie une action de 5 p. °/o.
Celle de Malines, fondée en 1828 , qui,
avec un actif de ... 30,726
paie une action de 4 p. %.
Celle de Nivelles, fondée en 1830, qui, avec un actif de. .... .... 171,303
paie une action de 4 p. °j0-
219,933 fr.
Ces caisses se sont formées d’une manière spontanée; elles sont indépendantes du gouvernement. On évalue le montant des dépôts à une moyenne d’environ 3 fr. 09 cent, par habitant.
L’Union belge et étrangère avait érigé en Belgique , dès 1826, diverses caisses d’épargnes; en 1830, la banque de Bruxelles en a institué dans cette ville une nouvelle qui, avec son appui, et dans cette situation centrale, s’est rallié celles qui l’avaient précédée, et s’en est affilié encore quelques autres, comme celles de Gand, de Termonde, d’Alost , de Tirlemont, etc. Depuis sa création , la caisse d’épargnes de Bruxelles a
Reçu Remboursé
En 1832 1,166,343 fr. 248,666 fr.
6 premiers mois 1835 5,994,906 5,830,910
Les dépôts laissés dans scs mains , pendant
cet intervalle, se sont montés, savoir :
Par 8480 particuliers à. . 10,170,318 fr.
— divers établissemens
Publics 3,357,715
— des prisonniers et des
maisons de répression 79,248
Elle paie 4 pour o/o d’intérêt aux déposans, jusqu’à la somme de 2000 fr., et 3 pour o/o pour les sommes supérieures.
Les fonds sont placés en rentes foncières ou rachetables.
On cite encore, dans ce royaume, les caisses d’épargnes suivantes :
Caisses d’épargnes en Italie.
Quoique la richesse du sol , la douceur du climat, la facilité de vivre à peu de frais, l’abondance des secours publics , semblent devoir donner en Italie peu de faveur aux établissemens de prévoyance; quoique ce beau pays, si riche de ses propres et anciennes institutions de charité, semble avoir peu à emprunter sous ce rapport aux autres contrées de l’Europe , les caisses d’épargnes s’y sont déjà introduites, et quelques-unes y ont même obtenu un succès qui est presque ignoré dans le reste de l’Europe.
Ainsi, Rome, par exemple, a vu fonder dans ses murs, par des citoyens distingués et généreux , une caisse d’épargnes dont les statuts ont été approuvés par le souverain pontife régnant , le 20 juin 1836.
Dès 1837, 135,000 écus romains y avaient été déposés; 58,500 en avaient été retirés. Pendant le premier semestre 1838, les dépôts se sont élevés à 220,000 écus.
Ainsi , la caisse d’épargnes de Florence , fondée en 1829, avait déjà , dans les 5 premières années (au 31 décembre 1834), embrassé dans ses opérations , une somme de 1,400,000 florins. Les villes de Toscane ont , à l’envi , suivi l’exemple de la capitale : on cite, entre autres, les caisses d’épargnes de Prato, de Grosseto , de Figline.
L’organisation de la caisse de Florence mérite
SECONDE PARTIE. LIVRE II. CIIAP. IV
une attention particulière; on y retrouve le caractère de sagesse ingénieuse, propre à l’administration de ce beau pays. Elle a été définitivement réglée par un statut du 14 août 1855 [1].
Cette caisse embrasse , dans ses opérations, toute l’étendue du grand-duché, à l’aide des succursales qui lui sont affiliées. Ces succursales sont divisées en deux classes, suivant le degré de dépendance où elles se trouvent placées visà-vis de la caisse centrale. Il n’en est établi que dans les lieux peuplés au moins de 2400 habitons, et une seule en chaque lieu. On exige préalablement qu’une société de 50 personnes notables , pour la première classe , et de 20 pour la seconde , préside à leuiTormation; qu’un capital suffisant soit assuré pour leur dotation , et qu’il y ait des sujets capables sur les lieux pour en exécuter les opérations. La caisse centrale vient, en cas de besoin, au secours des caisses affiliées de seconde classe ; celles-ci doivent lui soumettre leurs réglemens. Ces succursales ont chacune, près de la caisse centrale, un mandataire qui y verse leurs fonds. Un fonds de réserve commun est institué, alin de pourvoir aux cas de déficit.
La caisse de Florence reçoit en dépôt , depuis 10 quatrins jusqu’à 50 paoli, et paie 5 pour 100 d’intérêt. Cet intérêt court dès le lendemain du dépôt, pour les sommes inférieures à 10 florins , et à date de quinze jours , pour les autres. Le remboursement des premières est effectué à la volonté des déposans ; celui des secondes, après quinze jours.
Les capitaux sont employés soit en effets des obligations des établissemens publics , soit en contrats ou engagemens des entrepreneurs de travaux publics.
Les caisses d’épargnes du royaume Lombard- Vénitien forment une organisation liée et systématique. 11 en existe une dans chacune des 8 provinces, et toutes ensemble sont régies par une congrégation générale qui en est la commune représentation. Elles sont donc l’œuvre du gouvernement. Au 1er juillet 1856, elles avaient ensemble un capital provenant des dépôts, d’environ 8.400,000 liv. autr., et un fonds de réserve
[1] Ces statuts comprennent une instruction pour ceux qui veulent recourir à la caisse, et trois réglemens généraux : le premier, pour la caisse centrale ; le deuxième, pour les caisses affiliées de première classe; le troisième, pour les caisses affiliées de seconde classe.
[2] Voyez le Saggio sul buon governo délia mendi-
de 445,412 liv. autr. On annonce qu’elles rendent d’immenses services.
La caisse d’épargnes de Milan, la plus ancienne en date de l’Italie, est aussi la première en rang, par son importance; elle est de 1825. Au 1er juillet 1856, les fonds dont elle était dépositaire s’élevaient à près de 5,600,000 liv. autr., et ils continuent de s’accroître.
Les caisses de Mantoue, de Pavie, de Lodi, de Crémone, ont été érigées en 1852; celles de Bergame et de Brescia, en 1824.
Celle de Vérone verse ses fonds au mont-depiété [2].
Une caisse d’épargnes a été érigée à Turin, le 4 juillet 1827. Les dépôts furent limités d’abord au maximum de 20 livres piémontaises , au minimum d’une livre. La limite fixée pour le maximum, et divers obstacles ont retardé son développement. Mais de nouvelles dispositions ont été prises en 1856; la limite du maximum a disparu; l’établissement a pris plus d’extension et espère plus de succès. Il est alloué un intérêt de 4 p. o/o aux déposans [3].
Un legs a été laissé, en 1855, à la ville d’Alexandrie, par l’avocat Parvopassu, avec la destination de concourir à instituer une caisse dans celte cité.
Une caisse d’épargnes et de prévoyance a été récemment ouverte à Chambéry, sous d’heureux auspices. Dès le premier semestre, du 5 juillet 1855 au 51 décembre, elle avait reçu pour environ 25,000 livres piémontaises de dépôts.
Des moyens de faire prospérer les caisses d’épargnes.
Au moment où nous écrivons, on évalue le nombre des caisses d’épargnes en Europe, à environ 1194, savoir :
Angleterre, Irlande, Ecosse. . . . 484
France 250
Allemagne 300
Suisse 60
cità , etc., par le comte Petiti de Roreto, déjà cité, t. ii, p. 125 et suiv.
Voyez aussi les Annales italiennes de statistique, t. xlix , p. 522 et suiv.
[s] Voyez l’ouvrage précité de M. le comte Petiti de Roreto, t. u, p. 159.