IG
SECONDE PARTIE. LIVRE III. CIIAP. I
Que scrait-ce si nous joignions l’exemple des États-Unis, où la population double tous les -0 ou 215 ans, mais qui, placés dans des circonstances extraordinaires, voient leur population s’étendre aussi avec la surface du territoire qu’elle occupe?
L’Allemagne seule, dans le cours d’un demisiècle, malgré les désastres dont l’a accablée une guerre de plus de 20 ans, a présenté la progression suivante :
Population. En 1785. En 1835.
Autriche, Bohême et Moravie. 6,900,000 10,300,000 Prusse (provinces aile mandes). 8,400,000 10,004,000
Bavière 2,400,000 4,005,000
Royaume de Saxe 1,200,000 1,500,000
Wurtemberg 1,190,000 1,600,000
Bade 1,120,000 1,250,000
Autres états de l’Allemagne et villes libres 3,500,000 5,800,000 [î]
24,710,000 34,459,000 Augmentation : 9,749,000 ou environ 30 pour cent.
Le progrès de la population représente donc et exprime, à quelques égards, celui de la civilisation elle-même [2].
Assez d’obstacles naturels tendent à modérer, a arrêter quelquefois cet accroissement : les guerres, les disettes, les épidémies, le défaut d’industrie, les vices de la législation. On a judicieusement remarqué d’ailleurs, que les mariages deviennent généralement d’autant moins
féconds, que la population est plus considérable [3].
On a également cru remarquer que l’accroissement de la population devient moins sensible, en raison de sa plus grande densité sur une surface donnée [4], quoique cependant ce second rapport subisse de nombreuses exceptions. Il semblerait donc que, d’après les lois mêmes de la nature , les générations humaines tendent à se développer en proportion de l’espace qui leur est offert, et à s’arrêter dans leur extension précisément lorsqu’elles deviennent plus nom-
dater seulement du commencement du siècle dernier, donnent la progression suivante :
1700, d’après les dénombremens des
intendans 19,669,320 hab.
1762, d’après les dénombremens individuels et ceux des feux 21 ,769,163
1784, d’après le nombre moyen des
naissances annuelles 24,800,000
1791, d'après les recensemens opérés par l’ordre de l’Assemblée constituante 26,363,000
En l’an ix (1800) 26,349,003
En 1806 29,107,425
En 1821 ‘ 30,461,875
En 1836 33,540,910
Ainsi l’accroissement, en 136 ans, aurait été de 14,129,590 habitans, ou de 71 sur cent.
[1] Voy. Bickes, Mouvement de la population des principaux états de l’Europe, en allemand. Stuttgard, 1833, et Benedict : ist die Klage, etc., page 8.
[2] Voy. Weiland, Principles of population and production. Londres, 1816.
Grahame, An inquiry into the principle and production. Londres, 1816.
Purwer, sur le même sujet. Londres, 1818.— Everett, New ideas on population. 2e édit. Boston, (1828.
Poulet - Scrope , Principles of political economy. Londres, 1853.
Lotz, Handbuch cler Staatswirthschaftslehre.
Rau, Lehrbuch der politischen OEconomie, 2e édit. Ces écrivains, entre autres, ont, sous divers rapports, signalé les avantages qui sont la suite d’une population abondante.
[3] Cette remarque appartient spécialement à Sadler ( the law of population, Londres, 1830), et à Bickes, dans l’ouvrage déjà cité. Suivant ce dernier, les états de l’Europe peuvent être distribués en 3 classes, relativement à la fécondité des mariages.
Première classe. Plus grande fécondité sur mille
ménages.
Royaume des Deux-Siciles. 5,564
Province de Venise. 5,454
Royaume de Wurtemberg. 5,453
Royaume de Bohême. 5,296
Province de Bergame. 5,254
Royaume de Portugal. 5,187
Province de Milan. 5,007
Deuxième classe. Fécondité moyenne.
Grand-duché de Hesse. 4,813
Monarchie autrichienne. 4,725
Royaume des Pays-Bas. 4,670
Grand-duché de Mecklenbourg. 4,639
Royaume de Prusse. 4,570
Empire de Russie. 4,537
Troisième classe. Fécondité plus restreinte.
France. 4,148
Hanovre. 4,121
Suède. 4,122
Norwège. 3,955
Grand-duché de Brême et Berden. 5,884
Grand-duclié de Schlewig et Holstein. 3,739
Royaume de Danemark. 3,693
Angleterre. 3,645
Zélande. 3.495
[4] D’après les calculs de M. de Prony (dans l 'Alma-