‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 69 sur 450 · LIVRE III. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAP. I

chant empreint de personnalité, pour faire en quelque sorte respirer avec la vie elle-même, l’esprit qui doit animer son institution. L’adulte, élevé dans nos sociétés présentes, rie peut se soumettre aux lois de la société coopérative, sans abdiquer son indépendance individuelle. Mais l’enfant, né au sein de la société coopérative, ne concevra jamais l’ambition de s’appartenir à lui-même [2].

Une morale pure, austère même, doit présider à la société coopérative, telle que l’a conçue sir Owen. La discipline en sera rigoureuse, aucun désordre n’y sera toléré. Toutefois, la morale naturelle formera seule le lieu de l’association. Le fondateur , loin d’invoquer le concours des doctrines religieuses, les exclut de son enseignement, comme il exclut tout culte extérieur du régime de son institution.

Plans de systèmes sociétaires, récemment proposés

en France.

Quoique les systèmes conçus en France par Saint-Simon, par Fourier et par leurs disciples, dérivent essentiellement de la même pensée, tendent à-peu-près au même but , les deux auteurs français n’ont rien emprunté au philanthrope écossais ; ils ne se sont rien emprunté 1 un à l’autre; les combinaisons qu’ils proposent diffèrent dans des détails importans, soit entre elles, soit de celle qui sert de base à la société coopérative. Il serait difficile aussi d’assigner un rang de priorité à l’un ou à l’autre de ces trois systèmes. Car Saint-Simon avait commencé à exposer de vive voix ses idées, et Fourier a rédigé des traités , avant que les systèmes de l’un et de l’autre se soient produits sous une forme doctrinale; ces systèmes ont reçu d’ailleurs plusieurs développemens et modifications , par les travaux des écoles qui ont recueilli leurs traditions.

Philanthrope méditatif, Fourier, au sein de la solitude, a combiné à priori sa nouvelle orga-

gramme présenté par M. Owen au congrès d’Aix-la- Chapelle, on peut consulter son écrit intitulé : New view of the society; mais surtout un ouvrage composé par son ami le docteur Macnab, qui a été traduit en français, par M. Lafon de Ladebat, sous le titre de : Examen impartial des vues de M. Owen . etc. Paris, 1821.

Page 1