PAR AN
Pain de ménage, à raison de 580 gram-
mes par tête, et par jour, au prix de 28 c. par kil
fr. 303
Laitage, légumes, viande, assaisonne-
mens, sel compris, à 25 c. par jour.
Boissons fermentées, à raison de 10 c.
par jour, pour tout le ménage. . .
A reporter. . .
fr. 431
Report. fr. 431 27
2° Logement.
Maison à petit jardin. . . fr. 40
Feu et lumière 10
Impôts directs 5"
Fnlretien du mobilier. . . 15
3° Vêtemens.
Habits et linge pour le
chef. . fr. 30
— pour la
femme. 20
— pour 3
enfans. 45
4* Dépenses imprévues.
Ustensiles, tabac, etc 18 75
Total. . . fr. 620 [**]
Voici les prix auxquels l’administration des hospices de Paris, par des services en grand, se procure les objets nécessaires pour les convalescens, en bonne qua-
lité :
Pain de 2 kil 30 à 35 c.
Vin de crû, le litre 80
Viande cuite, le 1/2 kil. ... 50
Bouillon, le 1/2 litre 15
iV. B. Ces deux derniers articles sont fournis par la Compagnie hollandaise.
Pantalon de molleton. . . .
fr. 3
< d’homme. . .
Chemises
' de femme. . .
Layettes pour enfans
Demi-layettes à quatre couches.
Camisole de laine
Couverture, laine et coton. . .
1 homme .
Paire de souliers pour)
( femme .
Les évaluations de M. le baron de Morogues paraissent incomplètes. On n’y voit figurer ni les frais d’éducation des enfans, ni ceux qu’entraînent les couches de la femme, les accidens ou les maladies dont peuvent être atteints les membres de la famille, ni le blanchissage qui, pour les ouvriers en ville, est une dépense assez notable.
Il est à remarquer d'ailleurs que ces évaluations se modifient d’une manière très-sensible suivant les localités.
fr. 100
[¥] De la misère des ouvriers, etc. Paris, 1832 , page 51 .
[**] Ibid., page 61.
SECONDE PARTIE. LIVRE III. CHAP. III
ou
De l’hygiène populaire.
Les vérités les plus manifestes, les plus triviales sont souvent celles dont les conséquences pratiques sont le plus négligées. Qui ne sait, qui ne dit que la santé est le plus précieux trésor pour l’homme qui vit du travail de ses mains, qu’elle double ses forces; que la maladie interrompt ses occupations, devient pour lui une cause de ruine ; que les infirmités prolongées, qu’une vieillesse anticipée, le plongent dans la misère? Et Cependant, combien de précautions propres à conserver sa santé sont laissées dans l’oubli! Disons plus : combien de causes propres à la compromettre sont favorisées comme à plaisir, par l’incurie de l’administration publique ou par la sienne propre ?
Les causes générales d’insalubrité qui affectent certaines régions, certains quartiers des villes, agissent ordinairement d’une manière plus sensible sur la classe peu aisée; elle est moins défendue contre leur influence; elle ne peut aussi facilement se soustraire aux épidémies ; elle habite de préférence les quartiers les plus malsains; elle se nourrit des alimens les plus grossiers. Les mesures de police qui tendent à procurer le renouvellement de l’air, l’écoulement des eaux stagnantes, à éloigner les foyers d’infection, à prévenir ou arrêter les épidémies par de prompts secours, à maintenir l’abondance
Le calcul de la dépense, pour une famille d’ouvriers, a été fait avec exactitude, pour quelques provinces de l’Allemagne. Ainsi, dans la ville de Brunswick, on évaluait, en 1803, comme il suit, l’entretien d’une famille, composée du père, de la mère, etde 2 enfans; l'un d’une année, l’autre de 5 à 12.
Thalers. Gros. p. fr.
Nourriture, par semaine
Feu, moyenne.
Lumière , id.
Besoins personnels de l’homme.
Id.
de la femme. . .
Id.
de l’aînédes enfans.
Id.
du plus. jeune. . .
Et par an, 72 thalers, 24 gros ou 283 fr. 80 c.
En Saxe, Plotow [**] évalua, en 1820, l’entretien an-
[*] Nachrichten , das armenwesen der stadt Braunschweig betrefTend (à Brunswick, 1803), rapporté par Schmidt, dans ses recherches sur la population, etc., page 205.
dans les marchés, à et» fermer l’accès aux alimens dont l’usage est dangereux ; toutes les mesures de police sanitaire, en un mot, sont donc mieux qu’un secours pour la classe ouvrière ; elles sont pour elle une protection nécessaire. Mais, il est des mesures de ce genre auxquelles elle est encore plus directement intéressée. Tels sont les établissernens formés par l’administration publique, pour assister avec célérité et intelligence, les individus atteints par quelque accident, noyés, asphyxiés, gelés, blessés par une chute, par un coup, par un animal. Telles sont les institutions qui ont pour but, non-seulement de former des sujets capables dans toutes les branches de l’art de guérir, mais de les disséminer de manière à ce qu’ils soient en tous lieux suffisamment à portée de ceux qui ont besoin de leur ministère, et d’écarter les charlatans, plus funestes à la santé publique, que toutes les contagions. L’art du charlatanisme exerce malheureusement encore un perfide empire dans nos campagnes et même dans nos cités ; il sait réunir tous les prestiges de la séduction ; il a les plus puissans auxiliaires, les préjugés et les erreurs de l’imagination ; il parvient ainsi à ruiner à-la-fois et la santé et la hourse de ses victimes. Ne parviendra-t-on jamais à éclairer ceux qu’il abuse? L’autorité publique n’est-elle donc pas assez forte ou assez vigilante, pour mettre un terme à ses ravages?
On a formé des conseils de salubrité dans quelques grandes villes; les services qu’ils rendent
nue] d’un palefrenier pour la nourriture seulement, à 45 thalers et 5 gros (167 fr. 10 c. ), dans laquelle somme la viande figure pour 4 thalers (14 fr. 80 c.), et les boissons fermentées pour 1 thaler, 10 gros, 5 pf. (4 fr. 95 c.).
Schmidt, estime que, dans la même contrée, la dépense annuelle d’une famille de tisserands formée de 5 personnes s’élève à :
Thalers.
Gros.
Blé
Pommes de terre
Logement
Bois et lumière
f 60 thalers et
Contributions de tout genre.
) 16 gros ou
Colle pour la toile. . . .
Entretien du métier. . ‘ . .
Vètemens
Sel, beurre , tabac. . . .
Viande pour les jours de fête
[**] Versuch einer anleitung zur abschoetzungder grundstiicke. Leipzig, 1820, page 425.