‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 97 sur 450 · DU CONTENTEMENT DANS · texte numérisé non relu

DU CONTENTEMENT DANS

Mais ccs lois ont entraîné les plus funestes conséquences. Tantôt le père supposé s’enfuit; tantôt, pour échapper à la poursuite, il contracte un mariage déraisonnable; souvent la mère spécule sur des déclarations mensongères ; les lillesmères se multiplient par la sécurité qu’elles obtiennent, parles avantagesqu’on leur procure : les naissances illégitimes qu’on avait voulu prévenir, sont au contraire considérablement accrues. 11 est reconnu qu’aujourd’hui le plus grand nombre des pauvres mariés offrent, en Angleterre, le triste exemple de mariages contractés par des filles-mères : les profits qu’elles ont retirés de leurs fautes leur constituent une sorte de dot. Aussi, le législateur, éclairé par cette expérience, s’est-il vu contraint d’abolir des mesures qui achevaient d’encourager la licence, en voulant remédier aux désordres [i].

Nous l’avons assez démontré ailleurs, les économistes qui s’alarment de la multiplication des mariages, devraient au contraire s’alarmer de l’extension que prennent les désordres de mœurs. Mais ce n’est point assez de maintenir, au sein de la société, la sainte institution de la famille, dans toute l’étendue qu’elle comporte ; ce qu’il y a de désirable surtout, dans l’intérêt des bonnés mœurs, c’est d’y entretenir l’esprit qui doit en être la vie : esprit d’union entre tous ses membres; esprit de protection dans les parens, de respect dans les enfans. La puissance paternelle confère, à celui qui en comprend le but et la source, une dignité naturelle et simple ; lui impose l’obligation de servir de modèle 'a ceux dont il doit être le guide. Le respect filial inspire de bonne heure et sans effort, les dispositions de l’obéissance, en fait contracter les habitudes. La notion de l’autorité, cette grande garantie de l’ordre moral dans la société humaine, et que tant de circonstances tendent à obscurcir, se montre ainsi, dans tout son éclat, fortifiée par l’amour, laconfiancc et la gratitude. Honorez donc le mariage, pour que les titres qu’il confère soient mieux appréciés, pour que les obligations qu’il impose soient mieux senties ! Resserrez les liens qui unissent la famille! Faites en sorte que chacun de ses membres considère, non comme une charge, mais comme un privilège, les sacrifices qu’il doit faire aux autres ! N’encouragez pas l’égoïsme individuel, là où il faut entretenir le dévouaient réciproque ! Ne dites pas aux parens :

[i] Voy. le rapport présenté au roi d’Angleterre , le 20 fév. 1834, par les commissaires royaux chargés de

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