CHAPITRE II
LE RÈGNE DE GUILLAUME lU
« La révolution qui porta Guillaume III sur h pas les caractères profonds d'un mouvement socia laire, ni même d'un mouvement largement natic Tœuvre, non pas même de l'aristocratie rurale a corps, mais d'une coalition de grands seigneurs als leur vie ou jouant le jeu de leurs intérêts » (*). Ce chie de conspirateurs, toute puissante à la chambre est maltresse de la chambre des communes dans système électoral des bourgs pourris assure la i aux grands propriétaires fonciers. « Lord John Rus que certain lord avait coutume d'aller à la chasse, après lui six ou sept membres du parlement. Un voit de faire nommer dans un de ses bourgs, un d de son club. Les lords achetaient les biens-fonds 1 réduire le nombre des électeurs de façon qu'ils t\ faciles à manier et la raréfaction des votants fi la hauteur d'un système : Au début du xv!!!"" sii rence, dans un manuel à l'usage des intendants, re à l'intendant modèle d'avoir l'œil sur les terre
(*) Boutmy, op, cit., p. 227.
celles de son maître et d'user de tous les moyens pour décider les petits propriétaires à vendre. Si un possesseur de bien-fonds ou un tenancier du bourg se refusait à vendre, il n*était pas rare de voir employer la poudre pour faire sauter la maison afin de priver de ses droits électoraux un adversaire politique. Le candidat nommé devait d'ailleurs suivre exactement les instructions du patron qui Tavait fait élire. C'est ainsi que le duc de Newcastle ayant fait nommer à Newark sir W. Clinton, le força ensuite à se retirer pour avoir volé contrairement aux opinions de Sa Grâce ».
En somme, un petit nombre de patrons nomment la majorité des députés et, en agissant de concert, ils peuvent dicter leurs conditions au gouvernement. Ces « entrepreneurs parlementaires », ainsi nommés en raison de leur influence et d'une tactique qui leur est habituelle, sont donc les maîtres du parlement.
Pour un souverain nommé par le parlement, étranger au pays même dont il était le roi, lutter contre les chambres eût été une folie. Guillaume III le comprit, et « malgré qu'on ait dit qu'il fut vraiment roi de sa république des provinces unies, tandis qu'il n'était que stathouder dans son royaume d'Angleterre », il sut, avec un talent supérieur, se ménager dans le gouvernement une action prépondérante.
Il s'efforça d'abord de se créer une majorité, en meublant la chambre des communes de députés dociles, « par des moyens dont la légalité la plus stricte permettait au roi de se servir et par ceux aussi que son absence de scrupules le laisse libre d'employer. Légalement, le roi disposait des nominations, des promotions à la paierie, des rubans et des récompenses..., du droit de nomination à tous les emplois civils dont le nombre allait sans cesse grandissant, et qui étaient de puissants appâts. L'armée, la marine, les colonies, l'église,
étaient une nouvelle source de faveurs et, pour les h les places de juges, les titres de conseils de la coi avaient un irrésistible attrait. L'argent fut enfin ci pour acheter parfois les députés, souvent les électe grâce à ce système, les rois purent non seulement i mais encore gouverner.... » (').
11 choisit, pour l'assister dans Texpédition des affa TEtat, des ministres soumis, dont on pouvait justeme qu*ils étaient les humbles serviteurs de la couronne. « reconnaître que ces ministres soumis furent faciles à ti tant que le principe de l'existence du cabinet et de son généité ne fut pas établi ».
Enfin et surtout, Guillaume III, qui ne pouvait goi sans le parlement, sut se dérober habilement à cette gênante, en neutralisant l'un par l'autre, les deux wigh et torie, qui se le divisaient. « Sa situation éti de lui permettre à l'intérieur de gouverner & la faç Stuarts. Les jacobites étaient ses adversaires déclar vnghs, ses principaux appuis, qui l'avaient porté ai inclinaient à la limitation du pouvoir royal. Il ne maintenir qu'à la faveur d'un jeu de bascule entre h partis, les tories modérés et les vv^ighs » (').
C'est ainsi que Guillaume III put non seulement 6 propre ministre des aflaires étrangères, comme il d'abord déclaré, mais encore s'occuper des autres qu< les régler en souverain et conserver à la dissolution le tère de prérogative royale. Mais ce gouvernement pei était un état d'équilibre particulièrement instable j maintien duquel il fallait déployer un sens politique blement supérieur et une énergie toute virile.
(*) De Pranqueville, op. ci7., I, p. 297. («) GlassoD, op, cit.y V, p. 361.
ent précisément les qualités qui firent défaut aux irs de Guillaume III, ignorant même la langue du le trône duquel ils furent appelés à monter. Aussi, e Guillaume III était lui-même le chef de son cabiiropre président du conseil, nous verrons les princes aslie de Hanovre abdiquer pour ainsi dire entre les leurs ministres et se laisser guider par eux.