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CHAPITRE III

ITÉ DES PREMIERS GEORGES ET l'oRGANISATION DES PARTIS

it la première moitié du xviii* siècle, la prépondéla chambre des communes s'affirme de plus en u temps de Walpoole, le parlement est considéré nt comme le siège effectif du pouvoir ; la chambre fiunes s'engage, sinon à faire et à défaire les midu moins à forcer la main aux ministres et à les le dispose indirectement des places et des honneurs, inalité, acquise en 1716, la rend moins dépendante on et capable d'une politique plus constante et plus ]e démarches plus suivies, d'une action plus prostns un même sens. La chambre tend à devenir une gouvernement » (*).

ette assemblée, dont le pouvoir et l'autorité vont idissant, n'était point guidée ; ses décisions étaient ses, irréfléchies, sans suite. La vérité, dit Macauque la révolution, en modifiant la chambre des cornvait rendu un autre changement nécessaire et que îment n'avait pas encore eu lieu ; il y avait un goutt représentatif, mais il n'y avait pas de ministère.

f, op. Cî7.,p. 230.

Nous avons vu pourtant Guillaume III agir avec le concours de ministres, et même celte innovation rencontra une vive opposition. Lord Somers appelait le cabinet « une nouvelle invention de mauvais ministres » et une loi, votée sous le règne du même roi, alla même jusqu'à déclarer illégale Texistence continuelle du cabinet. Mais s'il y avait des ministres, il n'y avait pas de ministère, car les principales fonctions publiques étaient réparties entre les wighs et les tories, de sorte que les ministres intriguaient les uns contre les autres, proposaient des votes de censure, quelquefois même des mises en accusation contre leurs collègues : c'était une véritable anarchie.

Il appartenait « à un homme que les wighs haïssaient comme le plus vil des esclaves qui avaient servi Jacques II et les tories, comme le plus vil des traîtres qui l'avaient renversé », à Sunderland, dont le cynisme n'avait d'égal que l'habileté, de conseiller au roi la formation d'un ministère homogène, c'est-à-dire pris dans un seul parti et, en 1695, les tories se trouvèrent complètement éliminés.

Cette idée de l'homogénéité du ministère fit école, bien que son application pratique ait été de très courte durée (1695-1699), et eut pour conséquence d'activer et de perfectionner l'organisation des partis dont l'existence même l'avait inspirée à Sunderland. Désormais, wighs et tories s'emploieront à conquérir ou à conserver une majorité qui leur garantira l'exercice des fonctions ministérielles et qui leur donnera le pouvoir, puisque, en somme, le bill des droits, en mettant le roi dans l'obligation de s'appuyer sur le parlement pour gouverner, a organisé du même coup le gouvernement de la majorité. On conçoit combien cette organisation des partis, encouragée par le jeu de bascule que Guillaume III avait établi entre wighs et tories, devait accroître Tautorité du

parlement auquel ils appartenaient tous les deux et combien il était nécessaire, pour contrebalancer cette toute-puissance du parlement et conserver intactes les prérogatives de la royauté, que les successeurs du prince d*Orange fussent pénétrés de Tétendue de leurs attributions et jaloux d'en défendre Tintégrité. Ce fut précisément le contraire qui arriva.

Georges P' était en tous points un prince allemand du xviii" siècle, c'est-à-dire infatué de son importance princière et sans la moindre intelligence de Tesprit du peuple sur lequel on l'appelait à régner bien qu'il ne sût pas dire un mot d'anglais. Vu la forte opposition des jacobites et l'im^ puissance du parti dit des tories hanovriens, il dut laisser faire les wighs, ce qui décida de la translation complète de la prérogative au cabinet et au parlement.

Georges II, petit de taille, n'avait rien de royal dans sa figure, ni peut-être, dans son caractère, une seule des qualités qui font un roi. A la manière des princes allemands de l'époque, il aimait par-dessus tout & jouer aux soldats... II ne pouvait être question d'un gouvernement personnel du roi sous Georges II, trop heureux quand il trouvait des ministres avec lesquels il pût s'entendre. « Il a été fort heureux pour nous, dit Thackeray, que nos premiers Georges ne fussent pas des hommes éminents, et particulièrement heureux qu'ils aimassent le Hanovre au point de laisser l'Angleterre suivre son propre chemin. Nos tribulations recommencèrent quand nous eûmes un roi fier d'être Anglais de nationalité et de naissance, se proposant de gouverner le pays sans avoir pour cela plus de talent que son aïeul ou son bisaïeul qui n'avaient osé mordre à cette tâche ni l'un ni l'autre » (*).

(») E. Pischel, op, cil., II, p, 367.

Aq lieu que les ministres de Guillaume III blaient hors de sa présence que lorsqu*il était gleterre, ce qui lui assurait la haute main dans des affaires, Georges P" n'assistait pas aux séance par suite de l'impossibilité où se trouvait le s comprendre et de parler la langue anglaise, ti plupart des ministres, y compris Walpole, ne c pas le français. Georges II conserva Tusage de s< seur et cette manière de faire ne contribua pas j Téclosion de la politique de parli. Georges III pe rhabitude de présider le conseil et Ton en vint comme une coutume et même comme un princ tionnel que le cabinet doit délibérer en dehors d< du souverain.

C'est ainsi que l'incapacité notoire des dei Georges, plus occupés de leurs maltresses que d( TEtat, accéléra la substitution au gouvernement ] roi de l'administration d'un ministère, c'est-&-dii sentants de la majorité du parlement. C'est à p règne que commence le déclin de l'influence ro; est vrai de dire, avec M. Disraeli, « que les min virtuellement nommés par le parlement, au lieu le souverain et que le roi fut exclu de son prop

Les anciens serviteurs de la couronne vont fai ministres,, chefs de partis, défendant l'opinion d( du parlement. Et que fut cette majorité, sous 1 deux premiers Georges ? Ce fut une majorité de à-dire une majorité disposée à admettre toutes le possibles de la prérogative royale. « La majorit cratie depuis la Révolution jusqu'à la mort d< était du parti wigh » (*). Veut-on une preuve de 1

(*) Hallam, Histoire constilutionnelle, III, p. 269.

monarchique chez les grands soigneurs du parti m* siècle ? Qu'on relise les mémoires d'Horace î même qui fut minisire de 1720 & 1742 et on Ty nt lui-même i*apoIogie du calme républicain qui le parfaitement de voir le fantôme d'une monarchie 3iu spectre de Banquo, occuper le trône vide, pour ieux, le tyran n'y aspirent, approuvant l'usage du royauté, mais en excluant la chose (*}. Dans la s wighs, le léopard britannique se rapproche donc iu cochon à l'engrais que Sieyès avait décoré du iux de Grand Electeur, car on ne lui laisse que le ège de nommer ministres les élus du parlement lisir pour manger en paix lui-même, représentants de cette majorité que les deux preges abandonnèrent la direction des affaires, se mt tout à fait de leur mission de souverain, et ,ablir,par le fait de cette abdication, un précédent u gouvernement de cabinet, me à cette époque, la dissolution ne cesse pas prérogative royale. Seul le roi a le droit de la Pourquoi ?

stres, s'ils commencent à être les délégués de la a parlement, demeurent néanmoins encore les its de la couronne. Ils sont nommés par le roi, qui mdre où il veut, même en dehors de la majorité, ddèrent comme responsables seulement envers le lolution ne deviendra fonction ministérielle, que le parlement sera véritablement maître de faire et es ministères. Le roi jouera alors ce rôle d'arbitre ue la constitution anglaise actuelle lui reconnaît;

, op. ciL, II, p. 434 et 435.

— ailes ministres seront devenus les véritables chefs du p( cutif, responsables devant le parlement, et cette r lité même les investira du droit de demander la < qui en est le contrepoids naturel, le complément pour le fonctionnement normal du régime parlemc Il nous reste donc à faire Thistoire de la resf politique ministérielle en Angleterre.

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