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L'assistance publique doit-elle être nationale ou communale? doit-elle être concentrée dans un groupement intermédiaire, le département ou le canton ? '< Les assemblées de la » Révolution, afin d*effacer les inégalités de situation qui résul- » tent de la richesse si variable des différentes régions, se sont » efforcées de réunir entre les mains de l'Etat toutes les res- » sources dont la charité pourrait disposer » ('). L'assistance communale, disent les partisans de l'assistance par TEtat, sera trop inégale suivant les ressources si différentes des communes riches et des communes pauvres, et si dans ces dernières lassistance est suffisante, les charges sont insupportables. Aussi a-t-on proposé lassistance cantonale, chaque chef-lieu de canton ayant un bureau d'assistance qui distribuerait les secours, centraliserait tous les organes publics d'assistance, recevrait les dons et legs, le produit des souscriptions et quêtes, etc., ou l'assistance départementale, dans les mêmes conditions.
Si, comme le Congrès internationnal d'assistance de 1889, le Conseil supérieur de l'Assistance publique a affirmé que « l'assistance publique est d'essence communale » (*), c'est que le ressort administratif de l'Etat et celui du département sont trop vastes pour permettre les enquêtes personnelles, les investigations individuelles que demande une bonne distribution des secours publics et qui seuls permettent de distinguer les « vrais et les faux pauvres ». On peut en dire de même du canton : c'est le système de l'assistance cantonale qu'avait adopté la Convention ; c'est un souvenir qui n'est pas encourageant. En prenant le département ou le canton pour ressort d'assistance, on rendrait plus coûteuse la distribution des secours, on éloignerait l'un de l'autre, au grand
(l) Fleury-Havarin, De l'assistance communale, p. 16. («) Séance du 19 mars 1898.
-Sade la bonne distribution des secours, l'indigent et [oit le secourir. « C'est par la commune que doi-
désignés les bénéficiaires de Tassistance, parce que 3 est en situation de les connaître » (*). « L'organisa- 'assistance doit toujours être telle que la commune icièrement intéressée à la limitation de nombre des ; ». Ce principe du Conseil supérieur de l'Assistance st très juste. Si la commune n'était que distribujecours centralisés dans la caisse du département ;at, l'autorité municipale aurait une tendance fàaire profiter le plus possible ses administrés des le l'assistance et à exagérer leurs infortunes pour
leur part aux secours.
rinégaliJc entre les communes, le législateur y i accordant aux communes pauvres l'assistance du lit et aux départements pauvres l'assistance de assistance publique est une œuvre de solidarité ! (*). Elle doit s'exercer non seulement de la société du, mais de groupe à groupe, les communes riches 1 secours des communes pauvres, les départements îuant au secours des départements pauvres. La >nalité et non la fixité, doit en conséquence être
des subventions soit des départements, soit de •
ssistance est elle, comme Taffirme Herbert Spen-
pliilanthrophie irréfiéchie qui prend aux bons
une partie de leur subsistance afin de relever d'au-
! des mauvais?.... Cet état de choses déterminera
'ioration de la moyenne Et poursuivie avec per-
cette politique doit aboutir au communisme et à
ince du Conseil supérieur de l'Assistance publique. [ 19 mars 1890.
» ranarchisme » (*). L assistance ne fait-elle que « léguera la » postérité une population croissante de criminels etd'incapa- » blés »? Déjà en 1766 Franklin avait constaté « dans diffé- » rents pays que plus il y a des secours publics disposés er » faveur des pauvres, moins ils cherchent à se secourir eux » mêmes et plus ils tombent de mal en pis » (*). Malthus examinant les effets des lois sur les pauvres en Angleterre, estime qu'elles ont contribué à élever le prix des substances et à abaisser le prix réel du travail. « Elles ont donc contri- » bué à appauvrir la classe du peuple qui ne vit que de son » travail. Les lois sur les pauvres ont été incontestablement » établies dans des vues pleines de bienveillance, mais il est » évident qu elles n'ont point atteint leur but. On doit con- » venir qu'en quelques cas elles diminuent la souffrance ; mais » en général le sort des pauvres assistés par les paroisses est » fort déplorable » ('). Quelle que soit la part de vérité qu'il y ait dans ces critiques, le bien individuel et le bien social réalisés par l'assistance publique et privée sont immenses. Sans l'assistance qui leur donne, trop imparfaitement souvent, le nécessaire, quelles ne seraient pas les révoltes sociales de ceux dont les souffrances seraient exaspérées par la misère ? L'assistance serait un devoir de préservatiop sociale, si elle n'était une vertu plus haute, bienfaisante pour le cœur qui donne et pour la main qui reçoit. « Puis-je me reposer quand je sais qu'il y a des hommes qui souffrent », écrivait le chancelier d'Aguesseau. Cette obsession des souffrances de la misère a provoqué bien des dévoûments, bien des pensées
(') Herbert Spencer, Le rôle moral de la bien f aisance ^ chap. 1, p. 16. — Traduction Castelot et Martin Saint-Léon.
(*) Franklin, Sur le prix du blé et V administration des pauvres. Bibl. nat., 0, 271, XIV.
(*) Malthus, Essai sur le principe de la population. Londres, 1798, Bibl. nat., 0, 271, VIL
în des progrès sociaux. Ces haines sociales et les qu'on atUse si imprudemment, dans quelle istance dont le rayonnement bienfaisant ne conrontières, ne contribuc-t-elle pas à les apaiser, t des temps meilleurs ?