‹ De la Blennorragie Chronique De la ProstateChapitre 8 sur 24 · ECO ARE · texte numérisé non relu

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ments jouent un rôle important dans la genèse de la blennorragie chronique de la prostate. Leur influence signalée depuis longtemps (Voillemier, Desnos, Thompson) à été bien étudiée par Albarran (1) qui montre leur fréquence et insiste sur ce fait que le retrécissement n'a pas besoin d’être très serré pour produire derrière lui de graves désordres.

L'importance de ces rétrécissements est d’autant plus grande qu'ils semblent être une des causes, à la fois de la chronicité de l’urétrite postérieure et de la congestion de la prostate — de l’urétrite, en maintenant les exsudats dans l’urètre postérieur, et en rendant plus difficile le traitement des lésions qui siègent à ce niveau souvent même au début de la blennorragie — de la congestion, comme le montre Albarran, en rendant plus difficile la miction qui devient ainsi un traumatisme répété.

Quant à la congestion de la prostate, ses causes sont nombreuses. Souvent, c’est une congestion de voisinage dont le point de départ est la vessie ; il n’est pas rare de voir une cystite calculeuse donner naissance à un degré accentué. de congestion prostatique ; que, sur ces entrefaites, le gonocoque fasse son apparition, une prostatite s'ensuivra presque fatalement. Dans le même sens, agissent par congestion de voisinage les inflammations de l'anus, du rectum, de la fosse ischio-rectale, les hémorrhoïdes (Périvier), la constipation opiniâtre.

D'autres causes agissent par congestion directe de l'organe, parmi lesquelles nous devons placer en pre-

(1) ALBARRAN. — Loco cilato,

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mière ligne les excès sexuels. les écarts d’une vie génitale mal réglée ; on a coutume de citer comme particulièrement dangereux, la reprise du coït à la fin d’une blennorragie. bien que le rôle du coîït, dans ces conditions, ne soit pas encore bien déterminé. M. Mercier, cité par Picard, rapporte en effet l'observation d’un jeune homme qui ne fut guéri qu'après avoir repris et répété assez fréquemment les rapports sexuels interrompus depuis longtemps.

Dans le même ordre d'idées, on peut ranger la masturbation que M. Deslandes (1) regarde comme une cause fréquente de désordres prostatiques.

Signalons enfin, pour être complet, l'influence de la fatigue, des marches prolongées (2) (prostatite des soldats), des exercices violents, tels que l'équitation et la bicyclette.

Toutes ces causes, susceptibles de déterminer l’urétrite postérieure, d’une part. la congestion prostatique, de l’autre, donnent une idée suffisante de la genèse des lésions de la blennorragie chronique de la prostate, lésions que nous allons examiner rapidement.

(1) DesLANDES. — De l'onanisme, 1837, p. 297. (2) BEGIN, cité par Pnizuips, 1860.

GHAPITRE Il

Anatomie Pathologique et Bactériologie

Nous ne voulons pas décrire l'anatomie et l’histologie normales de la prostate ; rappelant simplement que c'est un organe composé d’un tissu glandulaire et d’un tissu connectif, que c’est un organe contractile dont les éléments musculaires sont sous la dépendance des nerfs érecteurs (1), nous insisterons sur un point plus important dans l’histoire de ia prostatite chronique, c’est la présence de petits sphincters musculaires disposés autour de l’ouverture des glandes dans Furètre (2).

La contraction de ces sphincters sous l'influence de l’inflammation de la muqueuse urétrale s'oppose à l'évacuation des cavités glandulaires et entraine par conséquent la stagnation des sécrétions normales dans la glande, d’où formation de dilatations glandulaires, où

(1) Miscawsky et BORMANN. — Gentralblatt f. Physiologie, 1898. (2) GuÉPiN. — Tribune médicale, 1900.

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