ER AL
végètent, dans les meilleures conditions possibles, les bactéries venant de l’urètre malade.
Les lésions dès lors augmentent rapidement ; les cavités glandulaires sont remplies par lépithélium qui prolifère et auquel se joignent de nombreux leucocytes, qui envahissent aussi le tissu interstitiel.
La prostate étant, en effet, composée d’un tissu glandulaire et d’un tissu connectif, il est clair que ces deux éléments peuvent être touchés par l'inflammation ; mais lorsque l’un des’ deux éléments est malade, l’autre ne reste pas longtemps sain et la prostatite est toujours mixte, avec prédominance de linflammation sur l’un où l’autre élément. |
Par la pratique du massage, on constate d’ailleurs, comme le fait remarquer Keersmæcker (1) que les différents aspects sous lesquels se présente l'organe, se réduisent à deux types:
1° Glande très volumineuse, mollasse, de consistance uniforme, avec douleur à [a pression peu marquée ; le massage dans ce cas exprime un liquide assez abondant ;
2° Augmentation de volume moindre; consistance inégale avec noyaux indurés très douloureux à la pression ; le liquide secrété est rare, parfois même on n’en exprime pas directement ; par contre on trouve de nombreux filaments dans les urines.
Dans le premier cas, l'inflammation du tissu glandulaire l'emporte sur celle de l’élément interstitiel ; le contraire a lieu pour le second cas,
(1) D'pE KEERSMÆCKER (Anvers), — Annales de la Societe belge de
chirurgie, 15 avril 1895.
de D ET er a PQ LS ET LAPS ER LS CNE SR SC ASS ON ENTRE AO SA EE FETES É RTS \ DRE 4 D Q à
ie (er
Les autopsies très peu nombreuses ne permettent pas de décrire d’une façon parfaite les lésions macroscopiques et microscopiques qui constituent la blennorragie chronique de la prostate; voici cependant à ce sujet, ce que disent les classiques. (1)
A la coupe de la prostate, on voit que le tissu normal est remplacé par un tissu aréolaire lacunaire, formé par des trabécules anastomosées dans tous les sens et circonscrivant des aréoles d’un volume variable; dans les tractus fibreux, fréquemment on rencontre de petits kystes, tout ce tissu étant imprégné d’un liquide visqueux, et certaines aréoles devenues des cavernules, remplies de muco-pus. |
Au point de vuë microscopique, on note des lésions glandulaires et des lésions interglandulaires. Comme lésions glandulaires. c'est d'abord la prolifération de l'épithélium des culs-de-sac, qui remplit la cavité glandulaire, et auquel se joignent de nombreux leucocytes, puis c'est la destruction suppurative et la disparition de cet épithélium. Comme lésions interglandulaires, c’est d’abord une infiltration leucocytaire du tissu interstitiel puis c’est l'apparition d’une sclérose, péri-acineuse d’abord, s'étendant ensuite en bandes fibreuses qui parcourent la prostate en tous sens et délimitent les aréoles dont nous avons parlé plus haut; lésions en somme toutes simples et d'ordre banal.
Quant aux agents pathogènes, causes de tous ces désordres. ils sont nombreux, la part du gonocoque n'étant pas, comme on pourrait le croire tout d’abord, toujours prépondérante.
(1) VorLemiERr et Le DENTU, 1881.
Cette recherche microbiologique doit être faite avec certaines précautions ; il est en effet indispensable que l’on sache d’une façon exacte si le pus examiné vient bien de la prostate, et pour cela, il faut de toute nécessité débarrasser l’urètre des sécrétions qu'il pourrait contenir, |
On commence donc par faire uriner lemalade, ce qui assure déjà un premier nettoyage du conduit urétral; puis on fait un grand lavage urétro-vésical avec une solution faite de permanganate de potasse, par exemple: le malade rejette ce lavage, et si le liquide ne ressort pas absolument clair, on recommence un second lavage. À ce moment on exprime la prostate par massage rectal, accumulant de cette façon dans l’urètre prostatique les sécrstions qui pouvaient se trouver dans les culs-de-sac glandulaires.
Une son 1: à boul: olivaire de Guyon est alors poussée doucement dans l’urètre, jusque dans le cul-de-sac prostatique ; le pus ramené par cette sonde viendra évidemment de la prostate et sera examiné microscopiquement.
On trouve assez rarement le gonocoque dans le pus ainsi obtenu, comme d'ailleurs dans le pus urétral des vieilles blennorragies, ce qui ne veut pas dire toutefois que le gonocoqu: ne soit pas la cause de l'affection, ou au moins ne fasse pas partie de la flore urétrale et prostatique ; il arrive en effet souvent que l’on fait chez un même malade plusieurs examens négatifs, et qu’une dernière recherche donne des résultats positifs. C’est ce qui explique probablement les résultats si différents donnés par les auteurs. C’est ainsi que:
AV
. ed
Cohn (1) étudie 30 cas d'urétrite postérieure et de prostatique chronique et trouve:
1 fois le gonocoque.
11 — des staphylocoques.
3 — le Streptocoque.
1 — le coli-bacille.
2 — des diplocoques.
1 — des bactéries indéterminées.
Krogius (2) dans 12 cas de prostatite chronique n’a trouvé que des staphylocoques.
Finger (3) dit que le gonocoque est quelquefois le microbe pathogène de l'infection glandulaire, mais que dans la plupart des cas, il s’agit d’une infection secondaire post-gonococcique.
Une statistique toute différente est celle établie par Franck de Berlin; elle porte sur 210 cas, et donne les résultats suivants:
HONDEOMER TRE A r eNe 179 Autres, staphylocoques, streptocoques 20 Peucoeytes Sans microbes 7... .. 1]
En somme, quels que soient les agents pathogènes, et quelles que soient les causes qui donnent des résultats si différents, la prostate est envahie de la même façon; cédant quand elle se trouve en état de moindre résistance (4), elle offre les mêmes lésions se. manifestant par les mêmes symptômes.
(1) Conx. — Centralblatt für Harn und sex. org., 1898, p. 2209.
(2) Krocius. — Article de Gassmann. Annales genito-urinatres- Février 1900.
(3) Fincer. — Centrablatt für Harn und sex. org., 1893, p. 117. (4) GuÉPIN, — Tribune médicale, 24 janvier 1900.
ee APE