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thrites sans gonocoques et à microbes différents ; divers observateurs pensèrent à examiner l’urèthre normal et tous y découvrirent une quantité plus ou moins grande de microbes s’y développant en saprophytes. Ces microbes, aujourd’hui au nombre de 15 à 20, ne présentent en clinique d’intérêt vrai que par la nécessité de les distinguer du gonocoque. Je ne saurais donc en faire une étude même résumée, car elle suffirait largement à l’édification d’une thèse — etje n’en ai ni le temps niles moyens — je me contenterai donc d’une nomenclature à laquelle j'ai apporté mes soins les plus attentifs et que j'espère complète.
Les différents auteurs qui se sont occupés de la question sont : Bumm, Giovannint, Lustgarten et Mannaberg, Rovsing et finalement MM. Petit et Wassermann. .
En 1886, Giovannini, (Centralblat, f. d. Med Wissen) décrit sommairement deux microbes de l’urè— thre sain.
Bumm décrit trois micrococcus : Mic. Lacteus faviformis, Diplococcus subflavus, Mic. Citreus conglomeratus. |
En 1887, Lustgarten et Mannabert publientuntravail
spécialsur la question ils trouvent constamment, tantôt
libres, tantôt englobés dans les cellules, dix éléments bactériologiques différents : quatre bacilles, quatre diplocoques, un streptocoque et un microcoque. Ils donnent à l’un de leurs diplocoques le nom de pseudogonocoque à cause de sa ressemblance avec le gonocoque de Neisser.
Rovsing traite des cystites microbiennes et consacre un chapitre préalable aux bactéries de l’urèthre. Mais comme :il croit que les microbes ne produisent la cystite qu'en décomposant l’urée, il ensemence des tubes d’urine stérilisée, et n’examine que ceux dont l’urée est décomposée. Il a ainsi trouvé : trois staphylocoques, trois streptocoques, trois diplocoques et deux microcoques.
MM. Petit et Wassermann, avec des précautions plus grandes, que Lustgarten et Mannaberg ont étudié de nouveau la question et ont décrit cinq microcoques, six bacilles, deux sarcines et deux levures, auxquels ilne donnent pas de noms.
Enfin, M. Eraud et Hugounenq décrivirent en 1892 une nouvelle espèce de diplocoque qu’ils ont trouvé dans le liquide de la tunique vaginale pôonctionnée, au cours d’une épididymite ; et qu'ils ont aussi trouvé constamment, mais en quantité variable
suivant les sujets, dans l’urine de jeunes gens abso-
Jument indemnes de tout accident, urine reçueillie avec une pipette stérilisée plongée dans l'urèthre,
Ils en ont ensemencé du bouillon stérilisé et dès le lendemain, il était trouble. Ils trouvèrent dans la culture un diplocoque de même forme, de mème grosseur apparente que le gonocoque et dont les caractères sont les suivants :
1° [l n’est pas pyogène, car ses cultures sur bouillon injectées sous la peau de cobayes, de lapins et de chiens n’ont jamais déterminé l'apparition de pus.
2° Il ne liquéfie pas la gélatine, caractère qui, joint au précédent, le fait différer du staphylococeus pyagnes aureus auquel il ressemble.
3° Il ne passe pas dans le sang des animaux auxquels on l’inocule.
4° Il se décolore par la méthode de Gramm.
5° Il produit l’orchite chez le chien, c’est-à-dire la maladie dans lequel on le retrouve.
Mais si la ressemblance est si grande entre les deux variétés ne pourrait-on pas admettre que le gonocoque n’est que la forme pathogène de son sosie ?
M. Erand arrive à la conclusion que ce sont deux microbes différents et cet avis me paraît devoir être
accepté.
En effet pourquoi le gonocoque s’écartant de la règle générale verrait-il ses cultures devenir moins vivaces à mesure que sa virulence augmente ?
En outre si le gonocoque n’était qu'une translormation du microbe d’Erand, cette transformation serait définitive, car l’on remarque avec quelle facilité les sujets affectés une première fois par la blennorrhagie la reprennent facilement à des intervalles assez éloignés, et par le fait d’une réunion de circonstances, faciles, en somme, à réaliser et qui ne produisent pas le même phénomène chez les gens n'ayant jamais été malades.
On pourrait objecter qu’il y a modification de la muqueuse urèthrale. Mais dans le cas où c’est la femme qui, de par une première blennorrhagie, infecte au moment de ses règles un homme absolument sain ? Alors qu’une femme, non infectée jadis, ne produit jamais ce phénomène ?
La modification serait donc définitive, et par le fait, la diflérence serait très bien tranchée entre les deux variétés. Mais je crois plutôt qu'il faut admettre cette différence de tout temps. |
Un écoulement non gonococcique pouvant renfermer. l’orchiocoque, on conçoit qu’en médecine
légale, par exemple :l devient difficile de se pro-
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noncer. Mais en clinique, n’ayant pas le temps de vérifier par des cultures les renseignements que nous donnent le microscope, on peut se contenter des moyens ordinaires d'investigation, et baser un traitement d’après leurs seules données.
De tous les microbes trouvés dans l’urine ou dans Purèthre £’est celui qui ressemble le plus äu gonocoque.
Il en diffère pourtant par un point : la facilité avec laquelle il cultive sur tous les milieux ordinaires et surtout sur l’agar et la gélatine.
De plus lorsqu'on examine une culture au microscope, après avoir décoloré par le Gram, si l’on recolore par le brun de Bismark, ou par le bleu de Loefler dilué dans quatre parties d’eau, le gonocoque reprend très vivement la coloration tandis que les autres se colorent peu.
En outre l’orchiocoque apparaît sur un fond clair tandis que le gonocoque offre un fond de granulations fixes à peine teintées ou restées incolores, lorsqu'on examine une culture.
En tous cas ce microbe ressemble assez fortement au gonocoque pour nous donner des doutes non ‘ seulement sur les observations où l’on prétend avoir
trouvé le gonocoque dans l’urèthre sain mais aussi
sur le résultat positif de la recherche du gonocoque dans certaines complications et aussi sur la facilité de certains auteurs à cultiver le microbe de Neisser sur différents milieux,tandis que d’autres, dont Neisser lui-même, Bumm, Reblaud, n'arrivent pas à ce
résultat.