LA FER
CORRE k MEL
DÜ GONOCOQUE
RÉSUMÉ HISTORIQUE. — C’est à Neisser que revient la gloire scientifique de la découverte de ce microbe, qu’il décrivit pour la première fois en 1879 et une seconde fois en 1882. Et cela, non pas certes parce que le premier il vitle gonocoque, car Hallier en 1873 décrivit dans le pus blennorrhagique, « une quantité de micrococeus que l’on voitpar deux ou par quatre, soit en liberté, soit à l’intérieur des globules de pus. » Mais Hallier ne décrivait le gonocoque qu’à titre de curiosité, pour ainsi dire, et ne déduisait pas de ses observations, une relation de cause à effetentre le gonocoque et la blennorrhagie. Neisser au contraire ayant trouvé constamment ce microbe dans le pus de 25 uréthrites blennorrhagiques, dans le pus de 7 ophtalmies purulentes des enfants et deux fois chez l’adulte ; concluait que le gonocoque était la cause de ces inflammations de même nature.
Après lui les travaux sont nombreux, ainsi que les
observations, qui confirment ces conclusions. Je ne
RU mentionnerai que le nom des auteurs qui apportèrent quelques notions nouvelles sur le sujet. Ainsi Neïsser n’avait vu le microbe qu’à la surface des globules de pus, rarement sur les cellules épithéliales ; Bokaï et Finkelstein les trouvent à l’intérieur des mêmes globules.
Eschbaum donne quelques détails. sur leur forme et les trouve : « ovales, volumineux, rarement isolés, plus souvent accouplés, avec une dépression latérale qui les fait ressembler à une semelle de soulier. » Il les décrit à l’intérieur des cellules de pus en trouvant fort peu de libres ‘qui proviennent de cellules détruites.
En 1879, le professeur Bouchard réussit des cultures. Bokaï, Bockhart, Constantin Paul, firent aussi des cultures et même des inoculations qui causèrent linflammation spécifique.
Enfin Roux en 1886. fit connaître son procédé de
diagnose.
DESCRIPTION. — Le gonocoque possède trois caractères propres qui peuvent à eux trois. le faire reconnaître, mais dont un seul ne signifie rien, pris
en particulier.
1° C’est un diplocoque ;
2° Onile trouve en amas assez considérables, dans le protoplasma des cellules;
3° Il se décolore par la méthode de Gram.
La forme du gonocoque est caractéristique, avec un grossissement assez fort, (2.000 diamètres environ), on voit très bien qu’il ressemble à deux haricots rapprochés, leur bord concave en dedans, ses dimensions varient peu et il mesure 0.6 millimètres à 0.7 millimètres de longueur par 0.5 millimètres de
‘largeur.
RECHERCHE. — En clinique, lorsqu'un malade se présente avec un écoulement uréthral on se contente en général de la coloration simple, et lorsqu'on a l’habitude de ces examens et d’un objectif toujours le même (immersion 1/12 millimètre, ocul. 3), on n’éprouve aucune hésitation dans la majorité des cas.
Avec un fil de platine aseptique, on recueille une gouttelette de pus dans l’intérieur même du méat, et on l’étale sur une lame de verre. Cette simple préparation séchée et passée légèrement à la flamme est colorée en quelques secondes par la solution hydroalcoolique de bleu de méthylène, lavée à grande eau et examinée telle quelle.
Le tout prend à peine trois ou quatre minutes et
PE peut être fait sans difficulté par tout praticien.
Lorsque l’on confie une lame de verre à un malade, on lui recommande de déposer la goutte et la laisser sécher sans la passer à la flamme. Il suffit le lendemain de l’étaler à nouveau en la diluant avec un peu d’eau.
Dans certains cas pourtant, les gonocoques sont peu nombreux, les globules de pus n’en renferment que quelques-uns — enfin on n’est pas bien sûr. Il faut alors recourir au procédé de Roux — que voici:
1° Etaler le pus sur deux porte-objets sans les frotter, la présence intra-cellulaire du microorganisme étant très importante pour le diagnostic ;
2° Sécher la lamelle et la passer à travers la flamme, puis la placer la face positive sur le bain suivant ; Solution anilinée (huile d’aniline 3, alcool à 50°7, eau 9o) et solution hydroalcoolique de bleu de méthylène.
La laisser deux ou trois minutes puis faire un premier examen ;
3° Laver à grande eau et plonger pendant deux ou trois minutes dans le mélange Gram, (iodure de potassium 2, iode i, eau 100.)
4 Enlever l’excès de liquide iodo-ioduré et laisser
décolorer complètement dans l'alcool absolu, On se
mÉTPUS rend compte si la décoloration est complète lorsque le porte-objet placé sur un fond blanc est incolore.
5° Faire agir, pendant deux ou trois minutes, une solution concentrée d’éosine ordinaire et déshydrater de nouveau.
I ne reste plus qu’à monter au baume.
Par ce procédé les gonocoques apparaissent en rose un peu foncé sur le fond de la préparation d’une tonalité plus pâle. Les autres micro-organismes au contraire apparaissent (pour la plupart du moins) en bleu très net.
Depuis la description de l’orchiocoque, le procédé de Roux ne suffit plus à donner une sûreté absolue, ce dernier microbe ayant même forme, même volume appréciable, et se décolorant par le Gram — En clinique pourtant, s’il s’agit surtoutfd’un écoulement commençant ou en période un peu aiguë; — les renseignements donnés par le microscope suffisent
grandement.
CULTURES. — Mais enfin il peut se présenter un cas où le diognoctic demandât une confirmation plus exacte, et il faudrait alors recourir à la culture. Ne considérant la culture qu’au point de vue de son utilité clinique, c'est-à-dire au point de vue de la
grande précision qu’elle peut apporter au diagnostic, je. passerai sous silence la plupart des procédés, discutés d’ailleurs, et qui n’ont qu’un intérêt de laboratoire. . |
Le meilleur milieu de culture est le serum-humain, indiqué par Bumm en 1887. On laisse coaguler pendant 24 heures le sang qu’on retire.du cordon immédiatement après sa section. La plupart des autres milieux restent stériles suivant la majorité des auteurs.
Et mème sur le serum, les cultures n’ont jamais qu’une: vitalité médiocre. Elles se font à une température de 33° à 37° centigrades ; se présentent sous forme d’ilots à bords escarpés, à surface humide, lisse et brillante et ressemblant à une couche de vernis.
Un autre milieu est le bouillon stérilisé. Il présente un excellent moyen de diagnostic entre le gonocoque et l’archiocoque.
Tandis qu’une gouttelette de pus renfermant le gonocoque, se gonfle, puis forme une masse blanchâtre qui voyage dans le liquide pour ne se désagréger qu’au bout de 30 heures ; l’archiocoque ensemencé dans le même milieu rend le bouillon entière-
ment trouble au bout de 24 heures.