DIAGNOSTIC
Au point de vue qui nous occupe, c’est-à-dire au point de vue du traitement, le diagnostic doit répondre à trois questions.
1° — L’écoulement qu’on nous présente vient-il de
l’urèthre.
2° — Le pus contient-il des gonocoques ?
3° — Existe-il des causes d’insuccès pour le traitement.
19 — J'ai dit l'écoulement qu’on nous présente, à
cause des blennomanes (ils sont nombreux). Il faut s'assurer qu’on n’a pas affaire à une bolano pasthite, à un chancre du canal ou à des vésicules d’herpes, etchercher à reconnaître si le pus ne vient pas d’organes urinaires supérieurs ou de foyers para uréthraux, toutes choses qu’il suffit de nommer.
2° — Enfin c’est bien à une uréthrite qu’on a
affaire.
Est-elle à gonocoques ?
En clinique il suffit ordinairement d’une seule préparation d’une gouttelette de pus étalée, et séchée sur une lame de verre par la flamme, puis colorée tout simplement avec une solution hydro-alcoolique de bleu de méthylène.
Le fait que le pus vient de l’uréthre, l’habitude d’un objectif toujours le même — je me sers de l’immersion à un douzième — rend dans la plupart des cas ce diagnostic facile et ce n’est que dans des cas très rares et douteux que l’on est obligé de recourir à la méthode de Gram. Car — ici il ne s’agit pas de médecine légale—et cet examen d’après lequel nous n’oserions encore jurer dans une telle circonstance, nous donne en clinique une assez grande certitude pour que nous puissions nous en contenter.
3° — Enfin, existe-il des causes plus ou moins fortes d’insuccès ? par exemple : |
Un phimosis assez étroit pour donner à craindre que la désinfection parfaite du gland et du prépuce ne soit possible. Il faudrait ne pas commencer le traitement dans ces conditions à cause des endroits difciles à laver et qui deviendraient des nids à microbes, d’où ces derniers infecteraient le canal à nou-
veau dès la cessation du traitement. De même un
hypaspadias est toujours un mauvais signe pour un début de traitement, et il faut faire une grande attention afin de découvrir, s’il y en a, une seconde ouverture dans le meat même. Et si on en découvre une, 1° sonder avec un fil de platine, voir si elle communique avec le canal et s’il sera possible de la laver et de la désinfecter tous les jours — ce qu’il laut faire avec une canule spéciale à bout très fin — sinon il faudrait la faire sauter ainsi que le phimosis dont je parlais plus haut.
Rechercher les abcès périuréthraux et les ouvrir.
Chercher attentivement lés végétations et s’en débarrasser,car ce sont des nidsà microbes presqu’impossibles à désinfecter. Regarder s’il y en a dans le - canal et ne pas hésiter à les faire sauter, car la guérison serait presqu’impossibie à obtenir sans Ça.
Je me rappelle un de mes amis chez lequel j’eus ainsi un insuccès par ma faute et dont voici l’histoire en deux mots.
[Il me vint consulter au vingtième jour d’un écoulement en septembre dernier. Il souflrait depuis quelques jours de cystite, urinant une quinzaine de fois par jour ce qui me fit commencer de suite le traitement. Deux jours après les symptômes de cys-
tite étaient disparus. Le onzième jour je le déclarai
guéri. Trois jours après il revint me voir avec son écoulement. C’était un hypospade, avec un petit culde-sac dans la commissure supérieure du méat, je le fis sauter au bistouri, je repris une nouvelle série de lavages qui ratèrent de nouveau.
Alors seulement, examinant ce malade avec M. Janet nous découvrimes des végétations du canal, tout près du meat. Je les enlevai, et au bout de huit jours le malade était guéri. Ce qui aurait eu lieu dès la première série, si javais d’abord reconnu puis enlevé les végétations.
Il va sans dire que si au cours du traitement linfection gagne les vésicules séminales par exemple, ou toute autre partie des voies génito-urinaires supérieures, le traitement, tout local des lavages, n’aurait plus sa raison d’être que comme palliatif, et en attendant. l'épuisement des colonies microbiennes
supérieures.