‹ De La Blennorrhagie et de Son TraitementChapitre 20 sur 49 · DIRECTION DU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

DIRECTION DU TRAITEMENT

I ne suflit pas de savoir faire un lavage pour mener à bonne fin le traitement d’une blennorrhagie surtout le traitement abortif.

Ici, comme en beaucoup d’autres affections d’ailleurs, ce serait un tort de ne s’occuper que de lagent infectant ; que du microbe, et il faut songer un peu au malade et même beaucoup. Certes, c’est le gonocoque qui produit la maladie, et sans lui pas de chaudepisse possible, mais linfection une fois produite, le malade réagit à sa manière par une inflam— mation plus ou moins violente, et par des complications qui lui sont propres, pour ainsi dire, car un malade, nous apprennent les auteurs, qui se voit à sa première chaudepisse affecté d’une complication quelconque a toutes les chances du monde, de la voir se reproduire s’il reprend de nouveau la blennorrhagie, C’est donc là une manière à lui qu’il a de réagir contre l'infection,

Et s'il en est ainsi pour la maladie, il en est de

même aussi pour le traitement, et tels lavages qui chez certains produisent un effet modéré et une réaction idem, verront d’autres malades réagir contre eux avec une violence extrême, et c’est ainsi qu'on voit des hémorrhagies succéder, quelquefois, mais rarement, à des lavages en général bien supportés. Ily a donc sous ce rapport quelques précautions à prendre dès le début du traitement, et une conduite à garder pendant toute sa durée. Cette conduite nous est indiquée par le degré même de la réaction produite par le lavage, et c’est elle qui nous indique comment . graduer les doses et atteindre à l'effet voulu sans le

dépasser.

Il importe donc de connaître les effets physiologiques des lavages et j’en emprunte ici la description à M. le D' Janet: « Dans les premières heures-qui suivent un lavage, il existe un peu de sécrétion blanchâtre bientôt remplacée par un écoulement séreux clair, (ur peu rosé si les doses ont été trop, fortes) puis survient une période de sécheresse presqu’absolue du canal; plus tard encore et pour ainsi dire subitement, l’écoulement purulent réapparaît et avec lui les gonocoques qui avaient presque totalement

disparu dans les périodes précédentes. C’est ce

retour de la sécrétion purulente qui indique la fin de Paction du lavage. »

Or, ce qui frappe immédiatement dans cette description, c’est d’abord la disparition des gonocoques pendant la période d’écoulement séreux et de sécheresse du canal, puis leur brusque réapparition. Or, c’est sur cette disparition des gonocoques pendant la réaction séreuse qu'est basé tout le traitement. Le permanganate produit un état séreux, une espèce d’œdème particulier de toute la paroi du canal, et une sécrétion séreuse qui constituent un milieu tout à fait défavorable à la culture du gonocoque. Or, si l’on parvient à maintenir cet état séreux pendant un temps plus ou moins long, suivant que les gonocoques sont encore près de la surface ou ont pénétré plus protondément, on arrivera à voir l’élimination complète,grâce à ce flux véreux detousles gonocoques existant dans le canal ou ses parois, car il leur est impossible de se reproduire. Une fois le dernier gonocoque expulsé, la guérison est obtenue.

Produire cet état séreux pendant un temps suffsamment long, et que l'expérience nous a appris être de huit à douze jours, tel estle but des lavages, mais telle en est aussi la grande difffculté.

En effet, il faut faire les lavages assez rapprochés

GGÉES les uns des autres pour ne pas courir lé risque de voirunlavagearriverenpleine période purulente parce que l’action du lavage précédent est finie depuis longtemps. Lorsque cette faute est commise, tout est pour. ainsi dire à recommencer, et même il arrive qu’un malade ayant manqué un jour de se venir faire faire son lavage, l'écoulement est si fort, et les gonocoques si abondants qu’il nous faut le laisser au repos pendant quelques jours, alin de lutter ensuite avec plus d'énergie contre des ennemis si vigoureux. L'expérience nous à appris également que s’il ne faut pas trop espacer les lavages, il ne faut pas non plus les faire à des intervalles trop courts, car alors encore on voit apparaître les gonocoques, qui depuis deux jours peut-être étaient disparus. Ceci se produit aussi par le fait de lavages avec des solutions trop fortes de permanganate, et alors, si la blennorrhagie était aiguë au moment du lavage, il peut se produire des hémorrhagies du canal, au lieu d’une secrétion séreuse ou à peine rosée. Et dans ce dernier cas, on peut ainsi s'expliquer la réapparition des gonocoques par le fait que la réaction trop intense amène une desquammation épithéliale forte, et que le milieu uréthral voit sa constitution assez changée

pour redevenir favorable à la culture des gonocoques.

Mer et UE

De combien donc doit-on espacer les lavages, et quelle doit être la force de la solution employée ?

Voila les deux questions qui s’imposent.

Tout d’abord l'expérience nous à montré que pour un lavage fait avec une solution d’une force donnée, la réaction était d’autant plus intense que linflammation uréthrale était plus vive ; mais qu’en revanche elle durait d'autant plus longtemps, une fois produite, que la muqueuse du canal se rappro-

chait plus de l’état normal.

Cela nous conduit donc à cette conclusion qu’il laut employer des solutions d’autant plus faibles que la maladie est plus aiguë, et qu’on peut éloigner les

lavages d’autant plus que l’urèthre est moins malade.

Quant à la quantité de solution à employer pour un lavage, l'expérience nous à également appris qu’un lavage rapide fait avec un demi litre d’une solution de permanganate à un deux millième, par exemple, ne produisait pas une réaction plus forte qu’un lavage long, difficile, fait en plusieurs reprises, avec une solution d’un litre à un quatre millième.

A priori même il est clair qu'ilestimpossible de fixer des heures régulières auxquelles on doit faire les la-

vages, car il est des sujets chez lesquels la réaction

à) (or

est très fugace, tandis que chez d’autres elle dure très longtemps.

Cependant depuis quatre ans que M. Janet a établi cette méthode à Necker, après avoir modifié bien des fois depuis le début, les intervalles entre les lavages et la force des solutions à employer; 1l a fini par s’en tenir à des heures que je cite plus loin,et qui dans l’immense majorité des cas pourront être suflisantes ou qui peuvent servir de base au traitement, ainsi que les doses employées.

Je dirai d’abord que lorsqu'il s’agit de faire un lavage de l’urèêthre antérieur seul; un demi litre de solution suffit. Quand on veut laver les deux urèthres,il faut employer un litre de la solution, mais alors on se sert de doses un peu moins fortes,et pour ne pas irriter inutilement la muqueuse vésicale, et aussi parce qu’un lavage de l’urèthre postérieur est toujours plus long que celui de l’urèthre antérieur seul ; et que la réaction en est d'autant plus forte. Pour un traitement abortif par exemple, M. Janet faisait autrefois des lavages toutes les cinq heures, aujourd’hui nous ne faisons plus que deux lavages par jour pour un traitement abortif, en ayant soin de faire celui du soir avec une solution faible.

Quant au traitement de la période aiguë ou sub-

RTE

aiguë, un seul lavage par jour suffit grandement, à moins pourtant que l’acuité soit considérable et alors il faudrait faire deux lavages, mais user de solutions faibles. La réussite de traitements en période très aiguë est fort difficile ,et le mieux est encore d’attendre quelques jours et d’user des émollients.

Lorsque l’on est sûr, au début d’une uréthrite, que l’urèthre antérieur seul est malade, ce qui est loin d’être toujours le cas, on peut se borner à faire des lavages antérieurs seulement. Mais quelquefois l’infection a gagné sourdement l’urèthre postérieur, sans qu’il soit possible de s’en rendre compte, et on court alors le risque de faire un traitement qu’il faudra recommencer. Bien plus, au cours d’un traitement par lavages antérieurs seuls, l'infection peut gagner l’urèthre postérieur primitivement sain,et tout est à recommencer. |

Je préfère donc, en général, faire dès le début le lavage des deux urèthres, ce qui, en somme, ne présente aucun danger, et a le seul inconvénient d’être un peu plus ennuyeux pour le malade.

Cependant si le malade est venu consulter dès le début, sien le faisant uriner dans deux verres, le dernier est absolument clair sans filaments, on peut se

borner à des lavages de l’urèthre antérieur, en pre-

nant tous les jours grand soin d'examiner la légère soutte qui doit se montrer le matin au méat. Si alors, après deux ou trois jours d'absence complète de gonocoques, il s’en montrait quelques-uns, il faudrait sans autres signes laver l'urèthre postérieur. À plus forte raison ; si au cours du traitement il se montrait des filaments dans le deuxième verre de l’urine, qu’on aura soin aussi d’examiner tous les jours.

Il ne faut pas en eflet, pour affirmer qu’il n’y a pas de gonocoques, se contenter de les rechercher dans l'écoulement lui-même ; mais alors qu’il est si diminué qu’on ne peut presque plus en recueillir, il faut recommander au malade de venir le matin sans uriner et faire alors l'examen des filaments de l'urine s’il y ena.Souventalorsquelques gonocoques viennentnous avertir qu'il ne fallait pas se réjouir trop vite d’une guérison encore incomplète.

Voici en tableaux, la formule des lavages «ans les différentes périodes de la chaudepisse.

Je commencera par les plus simples. C'est-àdire celui de la période chronique de la chaudepisse, c'est-à-dire encore, quand l'écoulement est peu abondante ainsi que les gonocoques.

N°1. — Traitement de la blennorrhagie chro-

nique. Il suflit ici d’un lavage par jour. On débutera

par des doses d’autant plus élevées que l’urèthre est moins malade. 1| n’y a souvent pas d’objection à commencer par des lavages à un deux-millième, si ce n’est cependant la douleur causée au malade, et il vaut mieux en général commencer par un lavage à

un trois millième, donc:

Premier jour un lavage 1/3 000 d'un litre Deuxième jour — 1/2 000 — Troisième jour — 1/2 000 —— Quatrième jour — 1/1 000 Cinquième jour — 1/1 000 — Sixième jour . 1/1 000 = Septième jour — ur, ant, 1/5 00 1/2 litre

ur, post. 1/1 000 1/2litre,

Il est très facile de faire ces deux lavages différents.On remplit le récipient d’un litre avec une solution à un cinq centième, et on en emploie la moitié, puis on remplit avec de l’eau, et on en emploie encore une égale quantité.

Ces lavages, dans ces conditions, sont ceux qui réussissent le mieux et qui donnent le moins d’embarras. Il faut rarement plus de six ou sept favages ; et on pourrait obtenir des guérisons en moins de temps.

Vient maintenant le traitement de la période

Me aUe

aiguë. Car celui de la période subaiguë de la maladie, est en tout le même que celui de la période chronique, si ce n’est cependant qu'il faut débuter avec des doses un peu plus faibles, un quatre millième par exemple, et faire une dizaine de lavages au lieu de sept.

La période aiguë peut se diviser en deux catégories. Celle d’augment et celle de déclin.

Or, il existe entre les deux une grande différence au point de vue du traitement. Tandis que celle du déclin est relativement facile à guérir; celle d’augment au contraire présente de très grandes diffcultés, et il faut bien se garder dans ce cas de promettre la guérison, si tant est qu’on entreprenne le traitement. Ainsi un malade en est au quatrième jour de sa blennorrhagie, le meat est déjà gonfté, écoulement abondant et les douleurs vives en urinant. Voilà un traitement qui demande pour être guéri non seulement des soins très attentifs, mais encore une grande habilité de la part de l’opérateur, et une grande sûreté de main ajoutée à l’expérience des lavages.

Le mieux est donc de ne pas entreprendre la guérison d’un tel cas par les lavages immédiats. |

Au contraire, voilà un malade qui en est à la troi-

sième semaine de son uréthrite ; l'écoulement peut être plus abondant que chez le malade précédent, et la douleur peut être notable au moment de la miction, mais le malade souffre beaucoup moins qu'il y a quelques jours, enfin la maladie a l’air de s’améliorer. On peut commencer immédiatement les lavages, ou si le malade est venu consulter l’aprèsmidi, le renvoyer au soir, entre huit ou neuf heures pour son premier lavage, si toutefois le malade ne prend pas de santal ou autres balsamiques, et n’en a pas pris depuis au moins quatre jours. Nous sommes ici dans une période qui réclame deux lavages par jour, au moins pendant trois ou quatre jours,quelquefois plus longtemps, si la maladie a Pair de céder

difficilement. Voici :

Matin 8 h. Après-midi 2 h. Soir 8 h.

PEER OU A RME A het A1 A/4600 Deuxième jour. 1/4000 ........ Hishoechi ne + 174000 OUT OC NE a ee RP CRS © MR ; FOSIRMETJOUrE 1/30007 Mere cece UT EE 1/4000 Oteemeu bon HN IE Au. 1/4000 Cinquième jour. :...…... Et BOOTS. AN La} séries SiXIéMe JOUR. UT/2000 4.42 PA CAT ARE + 0017/4000 Septième jour.. ...... ....1/1000.,..,..,,..... (IN 2E HE 100 nb orne

Huitième jour. .......

Page 1