‹ De la Bourse Sérieuse: Rétro-Olécranienne Sous-Cutanée et de ses MaladiesChapitre 19 sur 97 · Bichat. Traité des membranes · texte numérisé non relu

Bichat. Traité des membranes

2. E. Gelez. Hist. des membranes séreuses, synoviales, bourses

muqueuses et lystes, p.99 et suiv., 1844.

NO

vement est plutôt, en définitive, le but final de leur existence, que sa raison mécanique efficiente.

La bourse séreuse rétro-olécrânienne dans cette théorie préexisterait el les mouvements n'auraient d'autre résultat que de la mettre en évidence.

Toute autre est la conception de Velpeau, partisan de la théorie mécanique. Déjà Bordeu (4) avait pensé que la compression des couches de tissu cellulaire et leur frottement répété étaient capables de donner naissance aux membranes des cavités séreuses ; et de plus, selon lui, ces cavités se formaient par fractions, partiellement, toutes les petites cavités se réunissant en une seule. Velpeau adopte ces vues, moins la formation de la membrane, car il n’admet que la formation de cavités closes. A. Mœckel est du même avis ; Andral déclare que toute cavité séreuse n’est qu'une graude vacuole du tissu cellulaire. Dance partage ces idées.

« La formalion de ces cavilés (bourses séreuses) n’est précédée d'aucun travail organique particulier », dit Velpeau (2).

Leur apparition ne suppose aucune création matérielle spéciale. Elles résultent toutes d’une simple modification purement physique... Les cavités sous-cutanées dépendent toujours de mouvements qui n’exislaient pas dans les premiers mois de la vie embryonnaire. Elles se rappor-

tent au frottement, à la pression, au froissement, ou au

1. Bordeu. Œuvres complètes, édilion Richeraud. 2. Velpeau. Recherches sur les cavités closes. Annales chir. franc. ei étrang.. 1843, p. 329.

mouvement du soufflet, ou à ces quatre variétés réunies. »

C'est ce qui se produit pour la formation de la bourse séreuse rélro-olécrânienne.

La parie saillante du coude est obligée, dans les mouvements actifs ou passifs du fœtus, de se porter dans tous les sens, frottant contre les parois utérines, pressant, comprimant, écartant tour à tour les diverses couches de tissu cellulaire, et glissant sur elles. Dans la flexion l’olécrâne comprime fortement les tissus ; dans l’extension la compfession cesse et l’olécrâne glisse sur le tissu cellulaire, dans certains cas ce tissu se plisse, se chiffonne ; cerlaines lamelles s’écartent, d’autres se rapprochent.

« Construite de cette façon, la bourse séreuse rétroolécrânienne, résultant d’un simple écartement des couches du tissu cellulaire, n’est plus qu’ane grande cellule, ou une réunion de grandes cellules, développées dans le tissu cellulaire. Ce n’est plus un sac membraneux, c'est une « cavilé close ».

Les premières couches de tissu cellulaire, qui limitent celte cavité, peuvent se lasser, devenir plus denses, mais ne peuvent être d.fférenciées du tissu cellulaire environnant ; la bourse séreuse n’a pas de limites externes.

Ce:te observation, que le fœtus ne porte aucun ru liment de bourse séreuse rétro-olécrânienne avant l'apparition des mouvements aclifs, alors qu'après un temps suffisant d'exercice de ces derniers, une série de lacunes rétro-olécrâniennes deviennent apparentes, appuye fortement la théorie de Velpeau.

La facon dont se produisent les bourses séreuses anormales, accidentelles, est encore une preuve nouvelle. Le

Delord 8

En

fait que la bourse séreuse rétro-olécrânienne est généralement plus développée à droite qu’à gauche, plus vaste chez les personnes qui s'appuient fréquemment sur les coudes confirme aussi celle opinion.

En résumé, les mouvements passifs et actifs du fœtus amènent au niveau de la pointe de l'olécrâne des pressions, des frottements, des heurts, des glissements, tels que dans le tissu cellulaire rétro-olécrânien il se produit des lacunes, rudiments de la bourse séreuse rétro-olécrânienne en voie de formation. :

Mais, si nous crovons, avec Velpeau, que la bourse séreuse rétro-olécrânienne se produit à la suite de frottements habituels nous ne pensons pas, comme lui, que cetle nouvelle formation « & pour but de favoriser le alissement des parties ».

Il n’est pas nécessaire d’invoquer ici la « cause finale ». Le mouvement a créé la bourse séreuse rétro-olécrânienne : le résultat est bien une facilité plus grande de glissement des surfaces rétro-olécrâniennes et cutanées, mais ce n’est pas ce résultat, cette conséquence qui est la raison efficiente.

Ici, comme ailleurs, nous pensons que « la fonction fait l'organe ».

Ce n’est pas pour faciliter le glissement que la bourse séreuse rétro-olécrânienne s’est produite, c'est parce que

les glissements existaient qu’elle s'est formée.

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