Garrod, Loco citato, p
II. — Bursile goutteuse survenant dans une atlaque de goutte chronique. — La goutte chronique succède généralement à la goutte aiguë.
Cependant la goutte peut, comme le rhumatisme articulaire, revêtir dès l’origine la forme chronique.
Pour spécifier les cas de ce genre, le professeur Monneret proposa la dénomination de goutte chronique d’emblée » (1).
Se produisant dans la goutte aiguë, il est évident que les tophus se retrouveront dans la goutte chronique qui lui succède.
Mais ces épanchements d’urate de soude se produisent également dans la goutte chronique d'emblée.
On retrouve, en effet, dans la goutte chronique des paroxysmes, dont les traits fondamentaux ressemblent à ceux de la goutte aiguë, mais « avec cette différence capitale que les accès sont plus longs, et que dans les intervalles ils ne laissent jamais les malades complètement libres » (Trousseau). Ces attaques de goutte aiguë produiront donc aussi des épanchements uralés dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne, mais les symptômes seront atténués.
La douleur spontanée au niveau de la bourse séreuse, sera sourde, vague, peu intense.
Le gonflement de sa cavité sera moindre. La douleur à la pression sur la superficie de la bourse sera presque insignifiante.
La rougeur locale fera défaut.
1. Monneret. Programme du cours de patholog.int.,2 année, 1862, p. 134.
Les mouvements articulaires pourront s'effectuer, Souvent même l'articulation sera indemne.
Mais. il restera un dépôt solide, plus souvent que dans la goutte aiguë.
Dans celle-ci, nous avons vu que les épanchements uralés sont passagers et disparaissent d'ordinaire entièrement. Il faut une succession d’attaques aiguës pour amener un dépôt d’urate de soude dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne. Dans la goutte chronique, les épanchements sont plus tenaces et persistent pendant de longs mois. Le liquide épanché se concentre, devient concret et lincrustation uratique lente commence. La bourse séreuse rétro-olécrânienne s’imprègne d’une bouillie plâtreuse, plus ou moins dense, formée de dépôts d’âges différents, parfois durs, parfois vaguement fluctuants, moulant la cavilé bursale.
LIT. — Bursite goutteuse se produisant dans l'intervalle d'attaques, soit aiguës, soit chroniques. — La bursite soutteuse ne se produit pas toujours à l’occasion d’une crise articulaire, soit aiguë, soit chronique. Il se forme aussi des épanchements, des concrélions, des incrustations, dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne dans Pintervalle des attaques, et exceptionnellement chez des sujels qui n’ont jamais eu d’altaque articulaire de goutte, ni aiguë, ni Chronique, et même chez des individus qui n'ont jamais eu aucune aulre manifestation goutteuse (Obs. n. XI).
James Moore (1811), faisait déjà observer que des
!. James Moore. Transactions médico-chirurgicales, 1811, p. 133.
épanchemenlts laiteux se produisaient dans les bourses séreuses des goutteux non-seulement pendant les attaques, mais encore dans leur intervalle.
Garrod (1) appuie cette opinion de Loute son autorité.
Trousseau (2) fait la même remarque.
H. Rendu (3) déclare que « le plus grand nombre de tophus se produisent silencieusement, sans fièvre, ni malaise local, et qu’ils sont indolents. »
Dieulafoy (4) Pour « bien que les tophus se produisent habituellement après les accès de goutte articulaire il faut ajouter que, ils peuvent apparaître chez des sujets en puissance de la diathèse, mais qui n’en ont pas encore les manifestations articulaires ».
L'observation XI nous paraît un exemple frappant de ces tophus de la bourse séreuse rétro-olécrânienne qui se produisent en dehors de toule attaque de goutte, en l’absence de toutes manifestations goutleuses antérieures ou subséquentes, aiguës ou chroniques.
Marche et terminaison. — La goutte produit d'abord dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne une inflammation, puis un épanchement de liquide uraté, qui se concentre en une bouillie plâtreuse. Celle-ci plus ou moins promptement se transforme en un tophus pierreux. Suivant que la goutte est aiguë ou chronique nous savons
que ces transformations seront plus où moins lentes.