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tisme dont il ait gardé le souvenir. Sa profession ne l’expose pas plus au traumatisme du coude qu'aux traumatismes d’un
autre point du corps.
Antécédents héréditaires. — Son père et sa mère sont morts âgés ; il a encore six frères bien portants et six enfants en
bonne santé.
Examen du coude. — À la face postérieure de l’olécrâne gauche, et sur la partie du cubitus où commence la crête cubitale, se trouve une grosseur du volume d’un œuf de dinde.
Cette tumeur paraît bilobée.
Le lobe supérieur le plus volumineux, mais moins saillant et le moins apparent, atteint la grosseur d’un œuf de poule ; à son niveau la peau est normale.
Par son siège (face postérieure de l'olécrâne) sa forme ovoïde, son volume, sa consistance fluctuante, ce lobe supérieur paraît constitué par un épanchement séreux dans la bourse séreuse rétro-olécrâänienne, La tumeur augmente de volume à ce niveau dans les mouvements de flexion du coude.
Ce lobe supérieur est indolore et insensible à la pression.
Le lobe inférieur est séparé du lobe supérieur par un léger sillon, peu marqué au milieu, plus profond sur les côtés ; ce lobe supérieur atteint le volume d’une noix.
Sa base ovale et aplatie, s’applique sur le plan sous-jacent, au point de jonction de l’olécrâne avec le cubitus. Il a la forme d’un cône tronqué, à base inférieure, large, à base supérieure étroite et à hauteur peu considérable. Le pourtour du lobe inférieur, de la base supérieure à la base inférieure, est d’une couleur violacée. Cette teinte violette est surtout prononcée à la base inférieure.
La base supérieure de ce tronc de cône est ulcérée et rouge. On y voit plusieurs petits points de matière d'un blanc jaunâtre,
Celte ulcération nécessite l'application d’an pansement humide.
Au palper, ce lobe inférieur offre une consistance assez dure rénittente, mobile sur l’os.
Elle est indolente. [1 n'existe pas d’adénite épitrochléenne ni d’adénite axillaire,
Les mouvements de l'articulation ne causent aucune douleur, et se font facilement ; à peine un peu de gêne dans les mouvements de flexion occasionnée par la présence du lobe supérieur de la tumeur.
Du 2 au 15. — Le malade prend chaque jour du sirop de Gibert. Il ne se produit aucune amélioration. L'ulcération augmente lentement.
Le 14. — M. Quénu diagnostique un hygroma tuberculeux. L’ablation de la tumeur est décidée.
Le 15. — Le malade est opéré.
Insensibilisation de la tumeur à l’aide d’injections d'une solution de cocaïne sur le pourtour, le centre et la profondeur de la tumeur.
Dissection lahorieuse de la bourse séreuse rétro-olécrânienne, à cause des adhérences dues à inflammation. La tumeur est étendue, étalée ; elle dépasse en tous sens la surface de l’olécrâne.
Les adhérences existent surtout au niveau du sommet de l'olécrâne, bien que ce soit surtout au niveau de la jonction de l’olécrâne avec l’humérus que la tumeur soit enflammée.
Les deux lobes disséqués et enlevés montrent qu'en fait la tumeur est constituée par deux tumeurs dissemblables.
La tumeur supérieure est due à un épanchement séreux dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne, dont les parois sont épaissies ; le liquide est citrin, avec une nuance verdâtre, transparent, filant : il y en a la valeur de deux grandes cuillerées.
La tumeur inférieure, dure à la coupe vers le centre et la périphérie, est fongueuse à son sommet, et présente de petits bourbil-
lons d'un blanc jaunâtre d'aspect caséeux. Ces deux tumeurs
étaient conliguës ; pour les séparer l’une de l’autre, la dissection est laborieuse (1). É
La cicatrisation de la plaie s'obtient en quelques jours.
Le malade sort de l'hôpital quinze jours après l'opération.
Examen des coupes portant sur la tumeur située au-dessous «de la bourse séreuse rélro-olécränienne. — Cet examen montre un tissu conjonclif chroniquement enflammé, au milieu duquel les travées fibreuses fondamentales de l’hypoderme sont dissociées, de place en place, par un tissu embryonnaire pauvre en vaisseaux ; sur les confins de la tumeur, on voit des placards caséeux au niveau desquels les cellules blanches, sont rares, amaigries, avec des noyaux fragmentés, au niveau desquels la karyokinèse fait presque totalement défaut.
Un grand nombre de ces noyaux sont même en état de destruction pulvérulente. La matière nucléaire y constitue une poussière informe.
Sur quelques points, des cellules géantes très caractérisées apparaissent, dans lesquelles on ne parvient pas à colorer le bacille de Koch. 1! s’agit simplement d’une inflammation tuberculeuse, à évolution lenle, ainsi que le montrent et le groupement des lésions dégénératives et le petit nombre des cellules géantes péri-caséeuses. Au voisinage des cellules géantes péri-caséeuses on aperçoit un grand nombre de cellules épithélioïdes polymorphes. Aucune d’elles ne contient de bacilles tuberculeux (par la méthode de coloration): Ziehl, permanganate de potasse 1,5/100,
acide sulfureux naissant, bleu de méthylène (2).
1. Un cobaye, inoculé avec un fragment de la tumeur fongueuse, est mort trois semaines après ; mais par suite de circonstances spéciales, il n’a pas été autopsié.
2. Cet examen histologique et bactériologique a été fait par M. le professeur agrégé Letulle, que nous prions de bien vouloir agréer
tous nos remerciements.