‹ De la Bourse Sérieuse: Rétro-Olécranienne Sous-Cutanée et de ses MaladiesChapitre 81 sur 97 · Le gonflement et la douleur ont disparu · texte numérisé non relu

Le gonflement et la douleur ont disparu

Température normale.

Le malade semble guéri de son oreillon.

26. — Le malade se plaint de ne pouvoir s'appuyer sans douleur sur le coude droit.

L'examen attentif de la région ne décèle aucune rougeur, aucune tuméfaction. Les mouvements de flexion et d’extension du œude sont entiers et nullement pénibles. Le malade n'a d’ailleurs subi aucun traumatisme en ce point ni avant ni depuis son entrée à l'hôpital.

27. — La région rétro-olécrânienne est toujours douloureuse spontanément, et surtout à la pression. La peau est rosee à la pointe du coude.

Une tuméfaction peu considérable, mais bien limitée, semble siéger dans la bourse séreuse rétro-olécrânienne.

L'articulation est complètement indemne.

Pas de fluctuation perceptible dans la bourse séreuse ; pas d'élévation sensible de température à ce niveau.

La pointe du cou de gauche est également un peu sensible, mais ne présente n1 teinte rosée, ni gonflement perceptible ; le malade a l'habitude de s'appuyer surtout sur le coude droit.

Rien d’anormal du côté des testicules, ni des autres articulations.

Apyrexie.

28, 29, 30. — La tuméfaction, la douleur, la teinte rosée disparaissent peu à peu.

Apyrexie. Guérison.

no

Le Dr Poulet attribua à la maladie ourlienne l'inflammation de cette bourse séreuse rétro-olécrânienne, et nous dit avoir déjà observé, à Rennes, un cas analooue de parotidite, au cours ou au déclin de laquelle un gonflement léger mais douloureux d'une des bourses préroluliennes se manifesta, sans donner lieu à suppuration, ni même à fluctualion sensible.

N'ayant que celte unique observation, il nous est impossible de décrire la bursite ourlienne rétro-olécrânienne en général.

Nous nous bornerons à faire remarquer que cette bursite peut se produire et s’est produite, et à énumérer les quelques observations que ce cas particulier nous a suggérées :

1° Le sujet ne présentait aucun antécédent héréditaire ou personnel de goutte ou de rhumatisme. Il n'avait ni syphilis ni blennorrhagie, ni actuelle, ni antérieure, ses bourses séreuses rétro-olécrâniennes n’avaient subi aucun traumatisme professionnel ni accidentel digne d’être signalé.

2° La bursite rétro-olécrânienne s’est manifesiée vers le déclin de l'affection ourlienne, alors que tous les symptômes s'étaient amendés, que l’angine et la parotidite avaient disparu.

3° Des prodromes (épistaxis, céphalalgie), courbalures ont précédé les symptômes (angine el parotidile) ; des douleurs musculaires ont existé presque dès le début.

1° Il y a eu de la fièvre, de l'élévation de lempérature, de l’albumine dans les urines.

5° Les deux bourses séreuses rétro-olécrâniennes droite

el gauche ont été atteintes simultanément ; celle qui a été la plus touchée c’est la bourse séreuse rétro-olécrânienne doite sur lequelle le malade a l’habilude de s'appuyer de préférence.

6° Le symptôme dominant a été la douleur, bien limitée à la superficie de la bourse séreuse rétro-olécrânienne ; le gonflement a élé peu considérable, la fluctuation à été nulle, la chaleur locale peu augmentée.

1° La bourse séreuse rétro-olécrânienne seule était atteinte : l'articulation sous-jacente (buméro-cubitale), les articulations voisines, les articulalions éloignées, Îles aulres bourses séreuses sont demeurées indemnes.

8 La bursite rétro-olécrânienne a duré 3 jours.

9e La marche de cette bursile n’a pas été exactement celle que l’on attribue d'ordinaire aux fluxions et métastases compliquant les oreillons : Brusquerie de l’apparition, formation très rapide, disparition tout aussi subite (1). 1

Dans notre observalion, la bursite a eu une marche ascendante, puis slalionnaire, et enfin descendante (Lériode de début, d'état et de déclin) (2).

10° La bursite a disparu sans laisser après elle ni

lésions ni traces persistantes.

1. Paul Fabre. Notes sur trois épidémies d'oreillons observées à Commentry. In gaz. méd. Paris, 19 novembre 1887, p. 558.

2. Elle n’a pas davantage procédé par poussées successives, allure que de Lapersonne considère comme fréquente dans les manifesta-

tions articulaires ourliennes (Th. agrég., 1886, p. 11 }.

F.— BURSITE PNEUMOCOCCIQUE.

Fournez (1839), Andral (1850), Duval (1854), Bouley, Bourcy {1883) ont signalé chez l’homme et le cheval la suppuration des diverses bourses séreuses dans le cours de la pneumonie (1).

Cependant, dans aucune des observations de ces auteurs, il n’est mentionné de suppuration de la bourse séreuse rélro-olécrânienne.

On sait maintenant que la pneumonie n’est pas seulement une inflammation du parenchyme pulmonaire, comme le pensait Grisolle (1), mais qu’elle est une localisation sur le poumon du pneumocoque. On n'est donc plus étonné de voir, au cours de la maladie, le pneumocoque se localiser sur des séreuses par exemple.

Le pneumocoque charrié par le sang peut donner lieu à des méningites, des endocardites, des péricardiques, des pleurésies, des otites, des arthriles ; on le rencontre en grande quanlilé dans le sang, la rate,le placenta, lembryou, le périloine, les cornes ulérines, dans les ganglions mésentériques. Pourquoi ne Île rencontrerait-on pas dans les bourses séreuses? Pourquoi ne donnerait-il pas lieu à une bursile rétro olécrânienne? Mais il est imporlant de se souvenir que le pneumonique du fait de

son exeudal pulmonaire est en imminence d'infections

4. Fournez. Gaz. méd. Paris, 1839, p. 311-312. — Andral. Gaz. méd. Paris, 1850, p. 599. — Duval, Bouley. Gaz. hôp., 1854, p. 250. Bourcy. Th. Paris, 1883, p. 108.

Page 1