Max Vernois. De la main des artisans
séreuses rétro-olécrâniennes (comme aussi des bourses séreuses préroluliennes).
Mais il n’est pas nécessaire d'être un profond penseur, ni un philosophe, ni une religieuse, pour acquérir cette bursile chronique (1).
M. Vassilière nous donne un exemple de ce genre de lésion chez un sapeur de son régiment, militaire d’humeur contemplative aussi à ses heures (2).
V. — Chauffeurs et mécaniciens de chemin de fer. — Les mécaniciens et chauffeurs de chemin de fer sont fréquemment porteurs de bursite rétro-olécränienne. Ces agents obligés de se tenir debout, pendant la marche des trains, s’appuyent fréquemment sur le coude pour se délasser, et le frottement répété finit par amener l’inflammation de la bourse séreuse rétro-olécrânienne (3).
Les mécaniciens et chauffeurs à bord des navires seraient peut-être sujets également, et pour le même molif, à des lésions analogues (4).
VI. — Corroyeurs. — Ces ouvriers ont loujours une bourse séreuse rétro-olécrâänienne fort développée, soit à droite, soil à gauche, selon le bras dont ils se servent en travaillant (5).
1. Chez les religieuses la bursite serait double ; chez les autres « contemplateurs », elle siégerait particulièrement à gauche.
2. Vassilière. Aecucil mémoires méd. chir. milit., 1891, p. 130.
3. Fleury. Loire Médicale, 1891, pages 16! et suivantes, n. 91326. — Geoghegan. Dublin médical press., 1846, XV, p. 298.
1. Une observation de Gouzer (Th. Paris 1884) nous montre un hygroma chez un mécanicien à bord de la Dévastation.
9. Max Vernois. De la main des ouvriers et des artisans. In his. Mémoires, 1840-1842, { vol., p. 23.
Celle bourse séreuse rélro-olécrânienne devient souvent le siège d'une bursite chronique (Obs. n. VUL Péan) (1).
La cause de cette maladie est le frottement que subit le coude sur le cuir, lorsque le corroyeur manœuvre la « roulette », instrument servant à assouplir les cuirs, à leur donner le poli et le luisant ; ou bien encore lorsqu’il fait mouvoir un lourd morceau de bois en forme de rabot, appelé « marguerite » (2).
Les corroyeurs dits « à façon » échapperaient à ces accidents (Max Vernois).
VIT: — Ouvriers des mines. — Max Vernois constate que les « houilleurs » ont une bourse séreuse fort développée « au devant de l’olécrâne », qu'ils ont, « ouvriers à la veine et chargeurs à la taille » des abcès sous-culanés du coude, causés par la pression des coudes sur les parois des galeries, à la suite de travail sur le côté, le dos ou le ventre.
Ces lésions de la bourse séreuse rétro-olécrânienne ont été remarquées lout d’abord en Angleterre, pays de mines par excellence, par les médecins des districts miniers, qui donnèrent à cette affection le nom de « coude des mineurs » (miner’s elbow.) (4).
Voici une nouvelle preuve de l'existence de cette bur-
site professionnelle :
« Ala page 191 du premier rapport des commissaires
. Péan. Zeg. clin. chir., 1890, p. 490.
Patissier, Trailé des maladies des artisans, p. 144, 145.
Max Vernois. Loco citato, p. 29.
. E. Gurney. Lancet. London, 1841-1842, p. 272.
FR" iReS
enquêteurs pour le travail dans les mines, présenté en A84l à la Chambre des Communes, on remarque le passage suivant: (Ed. L.).
« 790. — La sous-commission de Forest of Dean donne la description suivante d'une douloureuse affection des jointures commune dans ce district
Les hommes employés à extirper le charbon, au ‘fond de la mine, sont sujets à l’inflammation des bourses muqueuses des genoux et des cou les, à cause de la pression constante et du frottement de ces jointures dans les positions qu'ils prennent pour travailler.
En ce district les veines de charbon n’ont que quelques pieds de haut; les mine1rs commencent par s’agenouiller pour découper la portion extérieure de la base d’un bloc. Ils continuent, en le minant par dessous, jusqu’à ce qu'ils soient obligés de se coucher sur le côté, de manière à pouvoir travailler sous la masse, aussi loin que le bras peut porter le pic, dans le but de détacher un bon bloc de houille,
Dans cette dernière posture le coude forme pivot, s'appuyant au sol, sur lequel le bras de l’ouvrier oscille à chaque fois qu'il manœuvre son pic pointu. Il est facile de comprendre comment cette manœuvre, combinée avec la pression, peut affecter la délicate membrane celluleuse de la bourse séreuse, et produire la maladie dont nous parlons.
Les petites veines de charbon sont nécessairement, du commencement à la fin, extirpées dans celte position
horizontale » (1).
{. E. Wanning. Report $ 63.
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Le rapporteur pour le district de Halifax constata également que les ouvriers devaient travailler couchés étendus de tout leur long sur le sol raboteux (1).
Le D' Geoghegan (2) ayant à parler de l’origine d’un épanchement dans une bourse séreuse rétro-olécrânienne chez un malade la désigne sous le nom de « coude des mineurs et lui assigne une cause analogue.
Cette dénomination de « miner’s elbow » est bientôt adoptée par tous les chirurgiens anglais pour désigner la bursile rétro-olécrânienne (3).
Cetle curieuse affection des mineurs attire l'attention des autres pays (Belgique, France) (4).
H. Boëns-Boisseau a observé des fails de ce genre et en donne R description. (5) « Les positions insolites dans lesquelles ils travaillent (l'ouvrier à la veive et le chargeur à la laille) ne peuvent manquer d’occasionner fréquemment la naissance de diverses affections... des tissus cellulo-adipeux ». « Des abcès sous-culanés et sousaponévroliques du coude... sont des maladies communes chez ces artisans ». [l donne aussi comme causes la pressiou plus où moins continue du corps sur les coudes, les
frottements et les chocs que ces parties supportent. De là
De
. J. L. Kennedy. Report, $ 122.
. Geoghezan. Dublin medical presse, 1846, XV, p. 228.