‹ De La Cachexie PaludéenneChapitre 20 sur 47 · SAGE · texte numérisé non relu

SAGE

Administration de { gramme de sulfate de quinine.

Accès fort et très prolongé. M. G... ne peut se lever qu’à 5 heures du soir. Jusque-là il n’avait bu que de la citronnade. Il dine suffisamment.

10 mai: M. G... est bien. Appétit excellent,

Suivant ma, pratique ordinaire aucune espèce de médication.

Au retour sur les Hauts-Plateaux, étapes nouvelles à cheval (une de 80 à 90 km.).M. G...n’en éprouva aucune fatigue. Rentrée à Cérez avant la première rechute, qui eut lieu le 21.

Quant à la première intercurrence morbide qui frappe M. G... ce fut une fièvre grave,certainement la fièvre hémitritée relatée par Celse.

Une rechute fébrile eut lieu, puis une apyrexie de sept jours du 18 au 24 septembre. Rechute le 25.

Les poussées, au nombre de trois, furent à type quotidien et de huit à dix heures au plus. La plus forte eut lieu le 26. Le germe pyrétogène s’est éteint aussitôt, après avoir produit cette dernière bouffée de chaleur.

Le 27, le malade reçut un lavement avec ! gramme de sulfate de quinine, qui, comme les précédentes doses, n’eut à mon sens aucune action sur la défervescence. |

Cette maladie infectieuse, absolument distincte de la fièvre parfaite tierce, fut marquée par unesuractivité extraordinaire de la fonction biliaire du foie. A chaque défervescence, il y avait une véritable décharge de la vésicule biliaire dans l'intestin avec selles polycholiques infectes.

Le 9 septembre le thermomètre était descendu à 35° (vérifié). Des sueurs profuses se produisirent alors au commencement de l'apyrexie. Il n’y eut jamais de coloration jaune des téguments,

non plus que de gonflement du foie et de la rate.

UT

A plusieurs reprises les urines furent si teintées qu’on aurait dit de la bile jaune, mais Je n'avais ni le temps, ni les moyens de procéder à leur analyse. Toutefois je m’assurai qu’elles ne contenaient pas d’albumine.

Je soignai le malade d’après la méthode que j'avais indiquée dans ma communication au Congrès de Bordeaux pour les affections fébriles en général. Je fis surtout boire le malade à profusion, en variant le plus possible sestisanes et ses boissons.

La fièvre parfaite tierce a reparu le 3 octobre, après une apyrexie de soixante-huit jours à type pair. La règle, dans les fièvres parfaites à type quotidien et tierce étant, comme je l'ai indiqué (1), l’apyrexie à typeimpair,on doit attribuer celle-cià

type pair, de même que celle du 15 octobre, à une modification du milieu qui a dérangé la périodicité latente.

Il est à remarquer que les trois doses de sulfate de quinine données au cours de la fièvre hémitritée ne sont pas tombées sur des jours où la fièvre parfaite aurait pu revenir.

En octobre 1905, M. G... fit un séjour de trois semaines en France, ce qui ne l’empêcha pas, comme l'indique l'observation, d’avoir une rechute de fièvre tierce avec trois accès qu'il ne traita pas et qui s’évanouirent spontanément, comme s'étaient déjà évanouis ceux de la rechute du 24 Juillet.

Il eut deux autres intercurrences morbides, à type bilieux, l’une le 13 octobre, l’autre le 15 novembre, avec poussées fébri-

les quotidiennes.

1. Des rechutes dansla fièvre intermittente parfaite à sulfate dè quinine, ätransformation et à dégradation successive des types.

Cf. Communication au Congrès pour l’avancement des sciences. Carthage (1896.)

Eire

Une dose de quinine donnée le 14 fut sans action sur la fièvre, tandis que 0 gr. 50 tombant le 15, au début d’un véritable accès de fièvre parfaite tierce, amenèrent une apyrexie de cinq jours, suivant la loi des rechutes (1 + 5 + 1”).

Une troisième intercurrencemorbide à forme bilieuse (15, 16, 17 nov.) fut traitée par un purgatif léger et benzonaphtol ; pas de quinine (médecin traitant: Dr Collet de Bordj-bou-Arrérid}).

M. G... a continué à habiter Bel-Imour (Cérez) où il avait contracté ces deux maladies ; sa santé est excellente. De tout

temps il a été d’une extrême sobriété. Depuis plus de deux ans

il n’a absolument rien éprouvé.

O8BsErvATION VII (Personnelle)

Fièvre tierce d'emblée. Huit accès en quatre séries ; le deuxième accès de chaque série est seul traité. Rate normale. Aucun accès depuis quatre mois. Persistance du séjour à l’endrout où la fièvre a été contractée.

M. G... (Camille), 26 ans, originaire de l'Aveyron, chef de culture à Bel-Imour (Cérez) (Constantine).

Antécédents personnels. — Fièvre muqueuse et rougeole entre 7 et 16 ans. Sobriété absolue.

- A fait son service militaire en Tunisie.

Le 10 octobre 1907, M. G... est pris d’un accès de fièvre intermittente à 3 heures du soir. Expectation.

12 octobre : À 11 1/2 matin nouvel accès à type tierce, M. G..., mis au courant par son frère du traitement occasionnel de la fièvre parfaite, s’empresse de prendre au début de ce second accès 0 gr. 50 de sulfate de quinine en cachet.

Apyrexie à type impair de quinze jours,

98 octobre : Rechute à 5 1/2 soir. Expectation. (12 + 5 + 1 = 28 oct.).

30 octobre : A 3 heures soir, nouvel accès. Au début 0 gr. 50 de sulfate de quinine en cachet.

Apyrexie à type impair de neuf jours.

9 novembre : Rechute à forme undécimane à 9 heures matin. Expectation. -

11 novembre : Nouvel accès tierce à midi. Se trouvant en route, M. G... ne peut prendre qu’à 3 heures,rentrant à la ferme, un cachet de 0 gr. 50 de sulfate de quinine. Il en avale une deuxième dose de 0 gr.50 à 6 heures soir, au moment où ayant pris sa température il constate que le thermomètre marque 4002 ; dans la nuit du 11 au 12 forte transpiration.

Apyrexie à type pair de 184 jours.

14 mai : Rechute; à 2 heures soir, T. 39°, P. 100.

Je me trouvais à Bel-Imour ce jour-là. Le malade qui avait dû se coucher dans l’après-midi ne me fait part de son accès que le soir, une fois l’accès passé. D’ailleurs, il a observé l’expectation.

16 mai : Malaise. Manque d’appétit.

j Langue saburralé; M. G... voudrait prendre une bonne purge. Nous l’en dissuadons persuadé que, s’il y a un accès de fièvre et si celle-ci est coupée par la quinine, l’appétit reviendra immédiatement.

À 11 heures matin, accès de fièvre; 0 gr. 50 de sulfate de quinine au début de l’accès qui suit son cours.

Dès le lendemain reprend son service, a un appétit excellent et. ne présente plus le moindre signe d’embarras gastrique.

La rate n’a pas cessé d’être normale.

À la date du 5 octobre 1908,d’après les renseignements reçus

M. G... (Camille) était bien portant et n’avait plus eu d'accès.

Il avait passé tout l’été à Cérez, c’est-à-dire à l’endroit où la

fièvre a été contractée. IL n’a suivi aucun traitement préventif

. des rechutes.

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