‹ De La Cachexie PaludéenneChapitre 21 sur 47 · TR · texte numérisé non relu

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: Nous aurions pu, très facilement, fournir un nombre plus considérable d'observations. Mais, de toutes celles qui étaient à notre disposition, nous n’ayons voulu retenir que les plus notables. D'ailleurs les remarques .que nous en aurions tirées eussent élé identiques à:celles qne-nous exposerons maintenant.

‘Dans les sept cas, l’expectation fut la règle tout d’a-

bord, sauf un ou deux ; d’où, facilité de se convaincre

sapidement. que la fièvre était bien intermittente par-

faite. Et ainsi, son type pouvait être bien déterminé. Il affectait la forme quotidienne, tierce, quarte.” :

En second lieu, la'confusion ayec d’autres maladies n’était pas possible. Les. exemples choisis sont bien nets. Pas d’alcoolisme, pas de dysenterie, pas de troubles gastro-intestinaux, pas de tuberculose, pas de troubles urinaires, toutes affections que l’on trouve trop souvént aécouplées au « paludisme » dans les observations de cachexie paludéenne, comme nous le verrons plus loin (chap. I). Le EE

Faitcaractéristique, l'hypersplénie manque totalement dans cés sept'observations,et nous savons pourtant combien, dans certains cas, les’ attaques'ont été répétées et les rechutes échelonnées sur de longues périodes. Ne perdons pas de vue que la grosse rate est un signe pri-

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erEpees mordial, d’après ceux qui ont écrit sur la cachexie paludéenne (1). |

Quant à la persistance du séjour dans l'endroit où la fièvre a été contractée, elle n’a influencé en rien la santé des individus, à l'encontre de ce qui est généralement admis (voir en particulier Griesinger, Rendu et autres). Nous ajouterons qu'aucun traitement prophylactique n’a été suivi. Dans ces sept observations, et pour un très grand nombre d’accès, il n’a pas été donné en tout, dans chaque cas, plus de quelques grammes de sulfate ou chlorhydro-sulfate de quinine, répartis quelquefois : sur un an ou un an et demi. On ne peut donc pas dire que c’est grâce à de fortes doses de ce sel que la cachexie a été évitée.

Enfin à la suite de ces cas, comme pour tous ceux observés par A. Treille pendant de longues années, la cachexie ne s’est jamais montrée, malgré la répétition des accès et une expectation parfois très prolongée.

Legrain, ancien médecin militaire, qui a un important service depuis 12 ans à l’hôpital de Bougie, et qui observe les fièvres en Algérie depuis une quin-

1. Cette absence d'augmentation de volume de la rate concorde absolument avec les recherches de Duboué dont le livre De l'Impaludisme eut à son heure un certain succès. Après sept années d'observation, après des exercices très minutieux de percüssion, après des recherches « chez plusieurs centaines de malades, un millier peut-être », il a été impossible à Duboué « de constater la plus petite augmentation de volume de la rate ». Et il ne craint pas, en faisant cette loyale déclaration, « d’attirer sur lui un sourire général d’incrédulité >», Duboué. De l’Impaludisme, 1867, p. 140.

zaine d'années dit: « Jamais je n’ai vu aboutir la fièvré intermitiente à la cachexie. » (1) Son élève Saffar fait la même constatation à propos de malades qui « ont fait jusqu’à quarante accès non traités ». (2)

À ce sujet, il n’est pas sans profit de rappeler certains passages, malheureusemeni oubliés,d’auieurs du xvir' et du xvin° siècle au débat de l'emploi du quinquina alors que l’on n’en avait pas encore fait l’abus auquel conduisirent les doc'rines de Torti.

À cetie époque, la cachexie n’effrayait pas beaucoup les praticiens ; les fièvres intermiitenies non traitées ou peu traitées ne comportaient pas le pronostic fâcheux que l’on y attacha plus tard.

Sydenham, ce remarquable observateur écrivait : « J'ai toujours cru qu'il fallait les abandonner à ellesmêmes et ne rien faire du tout, puisque jamais personne que je sache n’en est mort ; et qu’au contraire, ceux qui ont voulu les faire passer surtout par des remèdes évacuants n’ont eu d’autres succès que de les rendre plus opiniâices et plus rebelles (3). » Son illustre élève Bœrhave, ‘Van Swieten (4) exprimèrent le

même avis.

1. Legrain. /niroduction à l'éxdé des fèves des pays chauds, p. 321, in Conclusions gévérales.

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