‹ De La Cachexie PaludéenneChapitre 25 sur 47 · Guyon. Loco citato; p · texte numérisé non relu

Guyon. Loco citato; p

2. Fait cité par Dangerville : Impaludisme sans fièvre. Thèse de Paris 1876.

3. Laveran. Trailé des fièvres palustres, 1884, observation XIE, p. 191.

tantine présentait de l’anasarque ; les urines renfermaient de l’albumine en quantité assez considérable et le diagnostic de cachexie palustre avec néphrite albumineuse fut porté.» Signes de bronchite. Péritonite le 20 septembre 1879. Mort le 24.

À l’autopsie on trouve une rate volumineuse. « Les reins ont, en somme, l'aspect des gros reins blancs. » L'examen histologique confirme cette assertion. Dans les poumons, lésions banales de pneumonie, aux bases.

2° Le second cas est dénommé :

Cachexie palustre (1). Fièvre typhoide contractée à l'hôpital. Albuminurie. Péritonite par perforation. Mort. Autopsie. Lésions caractéristiques de la fièvre typhoïde et du paludisme.

Cr..., 23ans, « détenu au pénitencier militaire de Bône, entre à l'hôpital militaire de Bône, le 10 août 1878 pour cachexie palustre avec anasarque ; l’examen des urines fait à plusieurs reprises ne révèle pas l’existence de l’albumine. Le malade allait bien, l’anasarque avait disparu lorsque le 11 septembre il se plaignit de tousser beaucoup, en même temps, je constatai de la diarrhée et un mouvement fébrile. »

Ici commence une fièvre typhoïde avec tous les symptômes classiques. |

Entre le 14 et le 15, perforation intestinale.

15 octobre, — Réapparition de l’anasarque. « L’examen des urines révèle cette fois une assez grande quantité d’albumine. »

16 octobre. — Vomissements. Ballonnement du ventre.

A partir de cette date jusqu’au 22 octobre, date du décès, les

1. Laveran. Loco citalo, observation LV, p. 392 et Traité du paludisme, p. 242. Paris, 1898.

phénomènes s’amendent quoique la fièvre persiste. Après une rémission l’individu meurt.

A l’autopsie : le foie est normal. La rate est triplée de volume avec « une teinte brunâtre ».

L'examen histologique révèle l'existence de nombreux éléments pigmentés. Quant aux reins « il existe évidemment une néphrite épithéliale (l'examen histologique n’a pas été fait)». ,

« Intestin grêle: on trouve au niveau de la valvule iléo-cœcale une large ulcération qui fait presque le tour de l’intestin, le fond est noirâtre, les bords sont affaissés, Au-dessus de cette ulcération, il en existe une dizaine d’autres qui siègent exactement au niveau des plaques de Peyer et qui ont toutes les apparences des ulcérations de la fièvre typhoïde à la période de réparation ; l'une de ces ulcérations située à 8 centimètres au-des-

sus de la valvule iléo-cæcale est le siège de la perforation. »

Voyons les objections très plausibles que l’on peut formuler.

Pour le premier cas : 1° Les antécédents personnels du malade n’ont pas été consignés ; 2 L'âge n'est pas indiqué; 3° La date de l'entrée à l’hôpital est inconnue ; 4 Le lieu où les fièvres ont été contractées, le type des accès ne sont pas fouenis ; 5’ Les dimensions de la rate à l'entrée et pendant le séjour à l’hôpital manquent ; 6° Même remarque en ce qui concerne le foie ; 7° Le traitement des accès de fièvre intermittente n’est pas noté ; 8° Le traitement à l'hôpital fait défaut

Rien n'autorise à porter le diagnostie de cachexie palustre. Tout, au contraire, porte à croire que le ma-

lade a succombé à une népbrite.

re

Pour le second cas nous ferons remarquer : 1° Rien n'indique pourquoi le diagnosiie de cachexie palustre a été formulé ; 2° Il n’est pas fait mention des antécédenis personnels du malade ; 3 La notion de fièvres antérieures n’est pas portée ; 4 L'observation ne dit pas si- le malade a été traité auparavant et de quelle facon ; 5° Les dimensions de la raie et du foie à l’entrée à l'hôpital font défaut ; 6° Ces mêmes dimensions ne sont pas nolées pendant le séjouc à l'hôpital, malgré la présence d’une fièvre fyphoïde dont tous les autres symptômes d'ailleurs sont consignés ; 7° Le traitement de l’anasarque n’est pas mentionné ; 8& Le traitement de la fièvre typhoïde manque : on ignore si le malade a été traité par la balnéation ou si le traitement quinique a été institué. Dans cette dernière hypothèse, il serait utile de savoir quelle dose de médicament a été prescrite ; 9° Les lésions de l’intestin grêle sont absolument les lésions classiques de la fièvre typhoïde (1) ; 10 Le volume de la rate n’a rien de surprenant. Quant aux éléments pigmentés,nous indiquerons plus loin ce qu’il faut en penser.

Le diagnostic de cachexie palustre ne repose donc pas sur des bases sérieuses. Il est beaucoup plus logique de penser que l’on se trouve en présence d’un néphritique chez qui les lésions rénales ont été aggravées subitement par la fièvre typhoïde.

1. « Les lésions du tube digestif étaient autrefois considérées comme plus fréquentes qu’aujourd’hui, parce qu’on engiobait dans la malaria et la dysenterie et la fièvre typhoïde. » Catrin. Paludisme chronique, 1892, p. 176.

AS

La lithiase biliaire avec obstruction incomplète du canal cholédoque donne quelquefois l'illusion des accès de fièvre intermittente. Paul Regnard en a observé. Il les décrit ainsi : « Les accès survenaient plus souvent le soir que le matin. Le frisson commençait avec violence. Il nous est souvent arrivé de voir le lit du malade remuer. Après trois quarts d’heure environ survenait une grande chaleur. Enfin succédaient des sueurs profuses. Les draps étaient traversés, il fallait changer plusieurs fois la chemise du malade (1).» Au passage nous noterons que ces accès, tout en étant plus fréquents le soir, survenaient pourtant tout aussi bien le matin, comme cela se produit souvent dans la fièvre parfaite à type quotidien. Les anciens avaient bien vu qu'ils se montraient aux environs du déjeuner (circa prandium.)

Dans ses belles leçons cliniques de la Salpêtrière, Charcot a magistralement étudié cette forme de fièere intermittente hépatique qui accompagne parfois soit l'oblitération calculeuse du canal cholédoque, soit la lithiase biliaire intra hépatique. lei encore le tableau symptomatique ressemble trait pour trait aux accès de fièvre intermittente légitime.Charcot fait remarquer que l'ictère n’est pas nécessaire, non plus qu'une colique

hépatique antérieure, pour établir le type clinique. Les

1. Paul Regvard. Dela dimination de l’urée excrétée pendant les accès de fièvre intermittente chez un malade atteint de lithiase biliaire. (Compte rendu des séances et mémoires de la Société de Biologie. Ann. 1873,.p. 334).

Page 1