Lereboullet, loc. cit., observation XVIII, p
Treille
Hide foncé. Augmentation de volume du ventre sans ascite. « M. Lancereaux trouve la rate grosse, il fit le diagnostic de cirrhose hypertrophique d’origine palustre. » Séjour ‘de cinq mois à l'Hôtel-Dieu.
En 1893, il entre dans le service de M. Hanot. Hépatalgie, ictère, oppression. Le foie mesure 22 centimètres de longueur. Le séjour dans le service ne fut que de cinq jours. Une hypertrophie considérable fut notée plus tard par MM. Jaccoud et Lancereaux, lequel persistait à voir dans ce cas une cirrhose
hypertrophique d’origine palustre.
Hanot, à l’opinion duquel nous n’hésitons pas à nous ranger, pense au contraire qu’il est difficile de voir dans ce cas « un retour d'infection palustre. » D'autant que le malade n’avait jamais eu en Sologne de fièvre intermittente, que le séjour dans ce pays n'a été que de deux ans et qu'enfin la maladie a commencé dix ans après. Et Hanot concluait dans sa clinique : « Pour moi l’impaludisme n’a aucune part dans la genèse de cette cirrhose hypertrophique (1). »
Ce qu'il admettait pour ce cas-là, en 1893, Hanot l’admettait déjà en 1875 pour l’étiologie des cirrhoses hypertrophiques avec ictère chronique en général. « On ne peut réellement pas donner, écrivait-il, à cette forme de cirrhose hypertrophique le nom de cirrhose paludéenne (2). »
1. Hanot. Bulletin médical, 27 septembre 1893, p. 867. 2. Hanot., T'hèse de Paris, 1875.
LG TES A)
Re CRE
Il est donc surprenant de voir que Piequet (1) a introduit dans sa thèse trois observations de Hanot, les rattachant toutes trois au paludisme, malgré l’opinion exprimée à leur sujet par Hanot lui-même.
A l'analyse, tout prouve que la mort n’est pas attribuable au paludisme, dans les observations qui vont suivre. L'observation XII de la thèse Hanot (Obs. IV de Picquet) concerne un malade qui « avait eu une fois des fièvres d'accès, d’ailleurs assez légères, et qui avaient rapidement cédé au sulfate de quinine. »
Dans l'observation XIII (Obs. IIT de Picquet) il s’agit d’un homme qui avait fait « d’incroyables excès de boissons. » Les accès de fièvre intermittente supportés tant aux colonies qu'en France n’avaient en rien altéré sa santé « qui était restée parfaite >. Son affection débuta seize à dix-huit ans après le retour en France ! Cet « aspect cachectique » présenté par iui de même que les accès de fièvre et les frissons des derniers temps de la maladie traduisaient nettement une infection de l'organe hépatique.
Quant à l’observation XV (Obs. V de Picquet) elle nous montre bien un individu atteint antérieurement et de temps en temps de fièvre tierce, mais ayant dans ses antécédents une angiocholite et des manifestations syphilitiques très nettes.
Dans une observation rapportée par M. Colin (2)
. Picquet. De l'hépatite interstitielle paludéenne. Thèse de nu 1880.
z. L. Colin. Gazette des Hôpitaux, n° 17, 10 fév. 1863, p. 65.
ue l'évidence d’une « cachexie palustre » n’est nullement
établie.
Voici, résumée, cette observation intitulée :
Hypertrophie remarquable du foie et de la rate, suite de cachexie palustre. Mort rapide par pneumonie double.
. R..., chasseur au 7® bataillon, 25 ans, tempérament sanguin, constitution primitivement forte. Entré le 26 décembre 1862 au Val-de-Grâce. « Il dit avoir contracté la fièvre intermittente en Algérie, d’où il a été renvoyé pour ce motif il y a dix-huit mois. Il a depuis séjourné quelque temps dans deux hôpitaux et passé une saison à Vichy sans avoir retiré de ces divers traitements d’autre bénéfice que la disparition des accès fébriles qui s'étaient manifestés successivement suivant le type tierce, puis suivant le type quarte. » « Cachexie palustre très accusée : coloration ictérique des téguments, amaigrissement général (sans boufissure), bruit de souffle aux vaisseaux du cou, mais surtout développement énorme du foie et de la rate. » Dyspnée. « Appétit bon, malgré une certaine difficulté des digestions. Urine rare Jaune safran, précipitant en vert par l’acide nitrique. » Traitement : Vin de quinquina, eau de Vichy.
8 janvier : Quelques crachats striés de sang.
14 — Épistaxis très abondante.
15 — L'hémorragie se reproduit avec une abondance qui nécessite le tamponnement.
Puis frissons intenses, douleur au côté droit de la poitrine.
16 : Aucun signe d’affection pulmonaire aiguë n’est constaté. Respiration de plus en plus courte,